Alors qu'elle s'engage à augmenter drastiquement sa puissance de calcul, Meta n'hésite pas à dépenser des millions pour promouvoir le bien-fondé de ses gigantesques data centers en construction.

Meta dépense des fortunes pour promouvoir ses centres de données. ©Ascannio / Shutterstock
Meta dépense des fortunes pour promouvoir ses centres de données. ©Ascannio / Shutterstock

La course à l'intelligence artificielle (IA) ne s'essouffle toujours pas. Et pour ne pas se faire devancer, les géants de la tech investissent toujours plus dans l'infrastructure. Meta, par exemple, va injecter des centaines de milliards de dollars dans des centres de données dans les années à venir.

La demande explose

Problème, l'IA requiert une énergie totalement démentielle, en plus de nécessiter des quantités d'eau colossales pour refroidir les serveurs. Si la chaleur engendrée par les data centers peut effectivement chauffer des foyers, il ne s'agit que d'un bénéfice moindre par rapport à l'impact réel de ces monstres.

Et la problématique est d'autant plus préoccupante aux États-Unis, où les efforts pour accroître les capacités de calcul sont nombreux. À tel point que la pression sur le réseau électrique est maximale : en 2023, les data centers consommaient environ 4 % de l'électricité du pays, une part qui devrait tripler pour atteindre 12 % en 2028. La situation est d'autant plus mise en lumière en ce moment, alors qu'une vague de froid majeure frappe le territoire.

Dans ce contexte, de plus en plus d'habitants et de dirigeants locaux s'opposent à l'arrivée ou l'agrandissement de nouvelles installations. Ils craignent non seulement une hausse des coûts de l'énergie, mais aussi un amoindrissement des réserves d'eau locales.

L'intérieur d'un data center. ©Sashkin / Shutterstock
L'intérieur d'un data center. ©Sashkin / Shutterstock

De la pub pour faire passer la pilule

Les acteurs du secteur s'en remettent donc à une technique imparable : ils sortent le chéquier. Ainsi, Meta a dépensé 6,4 millions de dollars durant les derniers mois de 2025 dans une campagne publicitaire diffusée dans plusieurs villes du pays, de Sacramento à Washington.

L'idée est de convaincre les téléspectateurs de la nécessité de construire de nouveaux centres de données. Le dispositif s'appuie ainsi sur de courtes vidéos populaires mettant en avant les infrastructures de l'entreprise situées à Altoona, dans l'Iowa, et à Los Lunas, au Nouveau-Mexique. D'après les annonces, ceux-ci permettent de totalement redynamiser des communautés rurales à l'abandon tout en créant de nombreux emplois.

Et ce n'est pas anodin : ces publicités visent clairement à influencer les décisions politiques. D'ailleurs, d'autres géants de la tech cherchent à faire pencher l'opinion publique en leur faveur sur ce sujet explosif : plusieurs opérateurs de data centers, notamment Digital Reality, QTS et NTT Data, prévoient de déployer une vaste campagne de lobbying.

À noter que cette situation ne devrait pas s'arranger, alors que les projets de nouveaux centres de données sont légion. Une tendance favorisée par la Maison-Blanche, qui met l'accent sur l'accélération massive de ces infrastructure pour l'IA et la sécurité nationale.