Le géant de Cupertino dénonce publiquement la Commission européenne, l'accusant de manipulations politiques après l'arrêt annoncé de Setapp, une plateforme alternative de téléchargement d'applications. Apple affirme que Bruxelles bloque délibérément ses nouvelles propositions tarifaires tout en préparant de nouvelles sanctions financières.

La tension monte d'un cran entre Apple et les autorités européennes. MacPaw, éditeur de la marketplace Setapp, vient d'annoncer la fermeture de son service pour le mois prochain, invoquant des « conditions commerciales encore instables et trop complexes ». Cette décision intervient dans un climat déjà explosif : la Commission européenne s'apprête à pointer du doigt l'entreprise californienne comme responsable directe de cet échec, tandis qu'Apple riposte avec virulence.
Digital Markets Act : Apple conteste toujours les règles européennes
Depuis l'entrée en vigueur du Digital Markets Act il y a plus de deux ans, Apple autorise sous contrainte l'existence de boutiques d'applications alternatives à son App Store sur ses appareils vendus dans l'Union européenne. Le modèle économique actuel prévoit une redevance de 50 centimes par installation au-delà du million de téléchargements, applicable aussi bien aux marketplaces tierces qu'aux applications qu'elles distribuent. Face aux critiques, la firme avait annoncé l'an dernier vouloir basculer vers un système de commission de 5 % sur le chiffre d'affaires, présenté par le géant de Cupertino comme moins pénalisant pour les développeurs.
Seulement voilà : cette transition n'a jamais pu se concrétiser. « La Commission européenne refuse de nous laisser mettre en œuvre les changements qu'elle a elle-même réclamés », dénonce Apple dans un communiqué. L'entreprise précise avoir déposé un plan de conformité formel en octobre dernier, resté depuis sans réponse officielle. Pour le constructeur, il s'agit d'une stratégie délibérée : « La CE utilise des tactiques politiques dilatoires pour tromper le public, déplacer les lignes et cibler injustement une entreprise américaine par des enquêtes lourdes et des amendes contraignantes ».
Bruxelles maintient la pression réglementaire
La Commission européenne, de son côté, maintient sa ligne. Selon des documents consultés par Bloomberg, elle s'apprêterait à reprocher à Apple de n'avoir toujours pas réglé les problèmes fondamentaux liés à ses conditions commerciales, notamment leur complexité excessive. En avril dernier, Bruxelles avait déjà infligé une amende de 500 millions de dollars à l'entreprise pour non-respect du DMA concernant l'orientation des utilisateurs vers des systèmes de paiement alternatifs.
Un porte-parole de la Commission a rappelé à nos confrères du site Engadget que le dialogue avec Apple reste permanent, l'objectif étant de parvenir à une solution pleinement conforme au DMA. Malgré les accusations de la firme, d'autres boutiques alternatives fonctionnent actuellement sur les appareils Apple en Europe, comme l'Epic Games Store ou AltStore.