C'est une information qui résume parfaitement la frénésie englobant la filière de l'intelligence artificielle (IA). Google n'a pas hésité à dépenser 2,7 milliards de dollars pour faire revenir un ingénieur émérite dans son équipe.

Noam Shazeer est une figure proéminente à Mountain View, où il a largement participé aux premiers efforts de l'entreprise dans l'IA. En 2017, par exemple, il a coécrit un article qui a posé les bases des grands modèles de langage (LLM) tels que nous les connaissons aujourd'hui.
Mais il a quitté Google en 2021, lorsque la firme a refusé de déployer un modèle baptisé Meena pour des raisons de sécurité. La même année, il a cofondé Character AI, qui permet aux utilisateurs d'interagir avec des chatbots incarnant des personnages imaginaires ou des personnalités célèbres. Shazeer est toutefois retourné chez le géant du Web trois ans plus tard, et on comprend maintenant pourquoi…
Un accord de licence pour faire revenir Shazeer
En 2024, Google a signé un accord de licence avec Character AI à hauteur de 2,7 milliards de dollars. Objectif affiché : accorder à l'entreprise une licence non exclusive sur la technologie de LLM de la start-up. Mais en réalité, c'est surtout le retour de Noam Shazeer qui a motivé une telle dépense en interne, révèle le Wall Street Journal dans une nouvelle enquête.
Un accord qui souligne les sommes colossales dépensées par les géant de la tech pour prendre une longueur d'avance dans la course à l'IA. À l'été 2025, Meta s'est ainsi lancée dans une vaste opération de débauchage à hauteur de plusieurs millions pour attirer les plus grands talents de la Silicon Valley.
Mais en parallèle, de nombreux analystes s'inquiètent d'une bulle spéculative hors normes, qui pourrait avoir un impact considérable sur l'économie.

Des sommes mirobolantes
Désormais, Noam Shazeer occupe le poste de responsable technique de Gemini au sein de Google DeepMind, aux côtés de Jeff Dean et Oriol Vinyals. L'investissement monstre de Google peut être comparé à des opérations similaires menées par Microsoft et Amazon, dans OpenAI et Anthropic notamment.
Reste à voir si sur le long terme, ces dépenses mirobolantes seront effectivement payantes, et rien n'est si sûr.
Sources : The Wall Street Journal, Futurism