Exclu : Vivendi Universal rattrapé par l'affaire iFrance

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Le 17 novembre 2005
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Malgré la cession d'iFrance à ACC, Vivendi Universal a été condamné par les prud'hommes à indemniser ses anciens salariés

Malgré la cession d'iFrance à ACC, Vivendi Universal a été condamné par les prud'hommes à indemniser ses anciens salariés

Internet aura décidemment couté cher au groupe de Jean-René Fourtou. Malgré la cession du portail iFrance au sulfureux groupe ACC Longue distance en 2003, Vivendi Universal a été condamné par le conseil des prud'hommes de Boulogne Billancourt à indemniser un groupe d'une dizaine de salariés à environ 600.000 euros d'indemnités.

Malgré le rachat pour 200 millions d'euros d'iFrance en 2000, le groupe Vivendi Universal, alors au bord du gouffre, avait décidé de liquider tous ses actifs dans l'internet en cédant pour un euro symbolique son portail puis son site d'hébergement iFrance au groupe ACC longue distance, dont la mauvaise réputation du gérant William Illouz avait poussé les salariés d'iFrance à se rebeller en multipliant les grèves et les actions médiatiques.

Tout en proposant un plan de sauvegarde de l'emploi pour une vingtaine de salariés et en s'engageant à prendre en charge tout licenciement pour motif économique, VU a également forcé le repreneur à reprendre une autre vingtaine de salariés pour au moins douze mois, en échange d'un chèque de 500.000 euros.

Une fois la vente effectuée, les craintes des salariés d'iFrance et Flipside se sont concrétisées puisque William Illouz a réalisé plus d'une dizaine de licenciements pour faute grave puis, une fois passée la période des douze mois, mis iFrance en cessation de paiement avant de vendre les actifs à un autre groupe : iEurope.

Après deux années de procédure, le conseil des prud'hommes a donc décidé de condamner non pas ACC mais Vivendi Universal. "Tous les licenciements pour faute grave ont été requalifiés en licenciement pour motif économique, il est donc normal que Vivendi assume ses engagements même si ils vont surement vouloir interjetter appel" explique Me Benoist, avocat des salariés. "Malgré des conditions de rachat, de gestion et de liquidation très contestables, le groupe ACC a par contre été épargné par les prud'hommes mais je reste à la disposition des salariés au cas où ces derniers envisageraient une action au pénal" complète l'avocat.

Occupés par la publication de leurs résultats trimestriels, les représentants du groupe Vivendi Universal n'ont pas été en mesure de commenter cette décision de justice, qui semble en tout cas avoir clairement condamner une externalisation de plan social mais qui ne devrait pas peser sur ses comptes. Sur les neuf premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires du groupe a augmenté de 8% à 13,9 milliards d'euros, alors que le bénéfice opérationnel croît de 26% sur la période à 3 milliards d'euros.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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