Alain Lefebvre, 6nergies.net : "Les gens vont découvrir et s'approprier la Gestion du Capital Relati

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le 21 mars 2005
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Fondateur de 6nergies.net, Alain Lefebvre analyse le développement des réseaux sociaux virtuels professionnels et l'avènement d'un web "internaute centric"

l Fondateur de 6nergies.net, Alain LEFEBVRE analyse le développement des réseaux sociaux virtuels professionnels et l'avènement d'un web "internaute centric"

JB - Alain Lefebvre bonjour. En quelques mots, pourriez vous présenter votre parcours ?

AL - Je suis un généraliste de l'informatique depuis 1980. En 25 ans de carrière, j'ai travaillé dans l'informatique industrielle, dans l'informatique de gestion, la micro-informatique et enfin l'Internet. En 1990, j'ai co-fondé le groupe . Nous étions 4 au départ et nous étions les pionniers de l'architecture client-serveur en France. Ce positionnement agressif et innovant nous a beaucoup aidé, et, nous étions reconnus comme les spécialistes d'un domaine en vogue (à l'époque).

En 1995, changement de cap et prise en compte du Web que je vois alors comme étant la nouvelle plate-forme informatique standard. Nous devenons donc une Web Agency mais pas pour développer des sites mais bien des applications. Nous avons été les premiers en France à développer et à installer chez les clients de véritables applications de gestion transactionnelles reposant intégralement sur la plate-forme Web. Nous avons introduit SQLI en bourse au nouveau marché de Paris en juillet 2000 (soit 3 mois après le premier crack qui signalait la fin de la bulle Internet). J'ai quitté SQLI en avril 2001 et je me suis accordé quelques vacances (je suis parti vivre en Floride avec ma petite famille). J'ai cherché un an avant de trouver un projet qui me motivait à replonger mais j'ai reçu un vrai flash quand j'ai enfin découvert les réseaux sociaux en mai 2004.

JB - Vous avez lancé 6nergies.net. Quelle est l'audience de ce nouveau réseau social ?

AL - Limitée pour le moment car on vient de se lancer mais ça progresse vite. On vise les 60 000 inscrits à la fin de l'année (ce qui reste encore peu face aux 300 000 d'OpenBC ou les 2 millions de Linkedin !). Nous visons uniquement les professionnels. ce que je nomme les "individus professionnels" : les gens qui travaillent pour eux ou dans tous les types d'organisations. Notre vocation, c'est d'être un lieu de rencontre et d'échange entre professionnels de tous les secteurs.

Et c'est justement ici qu'on note un élément intéressant : les gens qui s'inscrivent aujourd'hui ne viennent pas seulement du milieu de l'informatique et/ou de l'Internet (comme c'était le cas avec notre groupe noyau de bêta-testeurs) mais bien de tous les horizons, c'est très encourageant.

JB - Quel est le modèle économique de ce type de site ? La publicité ? Les offres d'emploi ? l'accès premium ?

AL - Nous allons proposer la version 2 de 6nergies avec un abonnement mensuel de 6 euros (6nergies, 6 euros !). Nous adhérons donc résolument au modèle de l'accès premium tout comme OpenBC et Ecademy d'ailleurs. Nous n'irons pas vers les offres d'emplois comme vient de le faire Linkedin qui semble vouloir devenir un "Monster++". Nous allons également organiser des réunions physiques régulières (en différents endroits du monde francophone), à la façon de Ryze (et il y aura une participation à payer quand on ne sera pas déjà abonné à la version payante). Il y a déjà une première soirée de prévue le 31 Mars à Paris.

JB - Que pensez vous de la concurrence de services "grand public" comme Friendster, FriendSet ou de services pro comme Ryze, LinkedIn ou le français Viaduc ?

AL - Notre seule concurrence, c'est celle des services qui sont positionnés uniquement sur le volet "professionnel" de ce marché. Donc, l'affrontement entre Friendster, Orkut et ! 360 ne nous concerne pas. Nos vrais concurrents, sur le marché français c'est évidemment Viaduc mais aussi OpenBC qui est bien utilisé. Je crois qu'il y a toujours à apprendre de la concurrence, y compris quand il y en a un qui se comporte mal...

Ceci dit, pour le moment, personne n'a encore trouvé la "killer app" de ce marché : la valeur d'usage est faible, la récurrence d'usage est très faible, etc. Nous voulons absolument identifier clairement notre valeur d'usage pour nos inscrits, la maximiser et favoriser la récurrence d'usage, seule garantie de pérennité à moyen terme, bien plus que le volume de vos inscrits qui peut s'évanouir très vite (cf. les problèmes actuels de Friendster).

JB - MSN, Yahoo ou Six Apart multiplient les passerelles entre réseaux sociaux, blogs et messagerie. Vous anticipez également un tel mouvement ?

AL - Le mouvement concerne surtout les services "grand public" où les grands acteurs essayent surtout d'imposer une approche offre groupée afin de s'attacher par ce moyen la fidélité de leurs utilisateurs. Le segment professionnel est, pour le moment, moins concerné. Toutefois, il est évident qu'à terme, les utilisateurs vont être de plus en plus demandeur d'une forte intégration entre leurs différents outils. Nous nous préparons à cela.

Par exemple, Skype devient de plus en plus populaire, y compris chez les pros. Donc, naturellement, Skype devient un des vecteurs standards pour communiquer entre personnes sur le Net. Il nous semble nécessaire d'intégrer Skype en profondeur dans 6nergies afin de proposer à nos inscrits d'utiliser les moyens qui leur sont déjà habituels pour communiquer entres eux (une fois les mises en relations établies) plutôt que de devoir passer par des outils spécifiques avec les problèmes d'apprentissages et d'ergonomies qui surgissent forcément.

JB - Peut-on dire que le web devient "internaute centric" ?

AL - C'est la tendance lourde de "l'Internet II" ! Internet I a changé (au moins en partie) notre accès aux choses (documents, informations, actualités, biens marchands, produits de consommation, etc.), Internet II est en train d'avoir le même type d'effet sur les rapports entre les gens. Et vous allez voir que c'est dans le domaine professionnel que l'impact va être le plus profond car, pour ce qui est du domaine grand public, la population jeune est déjà habituée à la communication via des machines (cf. le succès -surprise- du SMS ou la popularité de service comme le chat de MSN).

Dans le domaine professionnel, la notion de réseau de relations est à peine traitée, presque tabou. Ce domaine ankylosé va se réveiller et véritablement exploser avec la montée de service comme 6nergies ! Les gens vont découvrir et s'approprier la Gestion du Capital Relationnel tout comme ils ont pris en main la formation professionnelle permanente il y a dix ans...

JB - Avec des initiatives comme FOAF, pourra t'on obtenir une interopérabilité des réseaux sociaux ?

AL - Il le faudra bien ! Car c'est là aussi une demande pressante et légitime des utilisateurs. Car la situation actuelle fait que l'identité numérique des internautes est de plus en plus éparpillée... c'est intenable à terme. Donc FOAF est une initiative intéressante mais limitée : il faudra bien plus qu'un simple format XML pour organiser l'interopérabilité entre les services. Des initiatives dans ce sens sont en préparation : un consortium européen pour expérimenter des technologies partagées, une association pour représenter les intérêts des utilisateurs de ces services et ainsi de suite. On sent que ça commence à bouger dans le bon sens mais, soyons franc : le chemin est encore long !

JB - Des jeunes pousses françaises comme Mobiluck travaillent sur des logiciels pour relier les mobinautes, via bluetooth. Que regard portez vous sur ces initiatives ?

AL - Un regard intéressé ! 6nergies ne veut pas être "tout pour tous" et nous voulons multiplier les partenariats avec ceux qui apportent un plus dans des domaines qui nous sont "périphériques". Donc, oui, je suis très intéressés par les MoSoSos (Mobile Social Softwares) car la notion de géolocalisation est naturellement complémentaire de nos services, c'est une dimension inévitable de la rencontre entre professionnels.

JB - Alain Lefebvre, je vous remercie.
Modifié le 18/09/2018 à 14h16
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