Serge SUBIRON, Netsize : "La bourse est à l'ordre du jour"

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Le 27 novembre 2003
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Nouveau directeur général de Netsize France, Serge Subiron revient sur la récente levée de fonds de son groupe et le décollage de l'internet mobile

JB - Serge SUBIRON, bonjour. En quelques mots, pourriez vous présenter votre parcours ?

SS - Bonjour. J'ai une quarantaine d'années et je suis issu du monde des équipementiers télécom et en  particulier de 42 Systems, où je me suis successivement occupé du marché des câblo-opérateurs européens puis des opérateurs alternatifs français .

JB - Netsize n'est pas vraiment un équipementier. Quelle est votre mission à la tête de netsize France ?

SS - Après avoir quitté Cisco j'ai commencé à travailler sur le développements des applications Java sur mobile. Dans ce cadre j'ai rencontré Stanislas qui m'a parlé des futurs développements de Netsize et qui m'a convaincu de rejoindre la société.

Mes principales missions sont de positionner Netsize et en faire l'un des leaders sur l'ensemble du multimédia mobile, tant dans le domaine du divertissement que des activités professionnelles mais également de mettre en place les process et l'organisation nécessaire afin de gérer la croissance et industrialiser l'offre sur ces différents segments.

JB - Comment se portent le groupe et en particulier sa filiale française ? Quels sont les grands chiffres ?

SS - Après une très forte croissance de 500% en 2002, Netsize poursuit sur sa lancée et devrait à nouveau afficher une forte croissance en 2003 avec un CA prévisionnel de 65 à 70 M€. Le groupe est profitable depuis le troisième trimestre 2002 et l'essentiel de sa croissance est auto financée.

Ces performances répondent aux attentes de nos actionnaires et démontrent que notre modèle économique BtoB peut être dupliqué de manière réaliste et industrielle à travers l'Europe.

Marché historique du groupe, Netsize France se porte très bien également et pèse toujours entre 40 et 50% de l'activité totale. Nous accompagnons en outre des clients français comme 77, 123 multimedia, in-fusio ou Gameloft, en dehors de nos frontières.

Nous sommes traditionnellement présents sur le marché du SMS standard, du MMS ou du SMS premium mais nous avons également élargi nos compétences en dehors du messaging en nous adaptant au browsing (Kiosque i-mode et surtout Gallery) et également à celui du téléchargement essentiellement Java.

JB - Netsize a annoncé une levée de fonds de 7 M€. Pourquoi ne pas avoir envisagé la bourse ?

SS - Nous sommes effectivement très heureux d'accueillir Partech International, qui apporte 5 M€ et Rothschild, qui apporte 2 M€ à notre capital. Notre croissance européenne étant auto-financée, ces fonds serviront essentiellement à notre développement international. Nous ciblerons l'Amérique du Sud avec le Chili, l'Argentine et le Brésil, l'Amérique du Nord avec en particulier les États-unis et de manière plus sélective avec une prochaine présence en Australie.

Nous n'excluons pas une présence sur le marché chinois mais uniquement en collaboration avec nos partenaires actuels ou avec des sociétés locales. Nous devons rester réalistes et réaliser des investissements tout en préservant un cash FlOw@jvfr et un ebitda positifs.

Pour répondre à votre question sur l'entrée en bourse, nous estimons que les conditions de marché ne sont pas encore réunies pour que Netsize envisage une telle opération. Mais cette question est à l'ordre du jour et nous l'étudierons quand ces conditions de marché seront enfin réunies.

JB - SMS+, Gallery, i-mode, etc... Est-ce que l'environnement est enfin favorable pour les éditeurs B2C ? Est-ce que Netsize pourrait se lancer sur ce marché ?

SS - Effectivement, je considère qu'un kiosque ouvert et surtaxé comme Gallery, repris par Orange, SFR ou Bouygues Telecom, est un concept gagnant. Il repose sur des bases technologiques saines (GPRS, WAP, écran couleur, etc... ) et sur un modèle économique favorable aux éditeurs avec des reversements substantiels.

Aujourd'hui, 93% des nouveaux terminaux sont WAP et 67% sont GPRS. Même si seulement 5% du parc est compatible, on peut espérer un renouvellement complet d'ici 5ans et une explosion de l'usage de l'internet mobile.

Pour répondre à votre question, notre business model est avant tout BtoB. Nous accompagnons les médias ou les éditeurs de jeux java en leur proposant une vision industrielle. Je suis persuadé que ce modèle BtoB a une forte croissance devant lui.

JB - Vous éditez pourtant vos propres services...

SS - Nous sommes un éditeur virtuel. Ces sites ne sont que des laboratoires nous permettant de valider nos technologies et ensuite de partager nos connaissances  avec nos clients.

JB - C'est donc pour enrichir votre expertise BtoB que vous annoncez également un partenariat avec Beep Science en matière de mDRM ?

SS - Effectivement. Aujourd'hui, la valeur de Netsize tient non seulement à la couche infrastructure avec des connexions avec plus de 75 opérateurs à travers l'Europe, mais également à la couche applicative, à la couche des contenus et désormais à la couche de protection de ces contenus avec cette technologie de mDRM, de "mobile Digital Right Management".

Tout en défendant la valeur ajoutée de nos clients éditeurs, nous tenons également à mettre en avant notre propre valeur ajoutée auprès des opérateurs, afin de nous imposer dans la chaîne de valeur de l'internet mobile.

JB - Netsize est présent dans toute l'Europe. Quelles observations avez vous pu réaliser suite au lancement de l'UMTS en Grande-Bretagne, en Italie ou en Autriche ?

SS - Sur le marché britannique, Hutchinson est arrivé en faisant la promotion de l'internet mobile rapide avec un service phare comme la vidéoconférence. Mais son succès très relatif l'a paradoxalement poussé à changer de stratégie et à désormais communiquer essentiellement sur le prix de la voix, 4 à 7 fois moins chère que chez ses concurrents.

Ce que nous observons c'est que l'essentiel des services 3G peuvent déjà être déclinés sur des réseaux 2.5G comme le GPRS. Le débat sur la "killer application" est dépassé et l'essentiel du marché se fera sur des marchés déjà identifiés comme la personnalisation. Je crois également à l'interaction entre les différents canaux, en croisant les technologies.

JB - Face à l'UMTS, on oppose souvent la technologie WiFi. Est-ce que ce marché intéresse Netsize ?

SS - C'est un marché intéressant pour Netsize et nous avons voulu répondre à la problématique des opérateurs, qui sont à la recherche de roaming et de solutions de facturation simples. Nous proposons ainsi le SMS premium comme outil d'identification et de paiement des utilisateurs. c'est plus simple que les cartes à gratter et cela permet de faire facilement le pont entre les différents îlots de connectivité WiFi.

JB - Le SMS pourrait-il facturer autre chose que de l'accès et concurrencer un porte monnaie comme Moneo ?

SS - Le micro paiement existe depuis juillet 2002 avec l'ouverture du kiosque SMS+, dès lors qu'il ne dépasse pas la limite de 3€ et qu'il concerne des biens dématérialisés.

JB - Vous n'avez pas la volonté de sortir de ce cadre et d'adresser des biens physiques ?

SS - En Scandinavie, il est effectivement possible de payer un ticket de bus, une place de cinéma ou encore un soda avec un téléphone. Nous y croyons mais la question de la concurrence avec la carte de crédit est un faux débat dès lors que les coûts de livraison d'un tel service représentent un tiers du paiement total.

Je pense qu'il n'y a pas de conflit d'intérêt entre le monde des télécoms et le monde bancaire et que ces deux acteurs ont intérêt à développer progressivement le micro paiement sur les biens physiques.

JB - Serge SUBIRON, je vous remercie.
Modifié le 20/09/2018 à 15h39

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