Benoît SILLARD : "TV-Radio.com veut être le TDF de l'internet"

09 avril 2002 à 00h00
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JB - Benoit SILLARD, bonjour. En quelques mots, pourriez vous me présenter votre parcours ?

BS - Bonjour. Après avoir fait des études assez classiques de droit et de sciences politiques et un bref passage dans la banque, j'ai passé ces 15 dernières années dans l'univers de la Communication. Après un passage en cabinet ministériel, j'ai été nommé numéro 2 de Radio France International, j'ai ensuite rejoins le groupe Hersant, puis la CLT où j'ai occupé la direction de Fun Radio et celle de toutes les radios francophones du groupe.

J'ai aussi eu une certaine activité au sein d'organismes représentatifs avec le lancement en 1991 de l'association 'Vive la radio', pour le 10e anniversaire de la bande FM ou avec la présidence du syndicat des réseaux nationaux ou encore de l'association européenne des radios, qui rassemble plus de 4.500 stations en Europe.
Après avoir travaillé aussi bien dans le secteur publique que dans le secteur privé, j'ai souhaité me lancer à mon propre compte. C'est l'origine de TV-Radio, société créé en 1999, dans laquelle TDF est entré au capital quelques mois plus tard.

JB - Comment peut-on qualifier l'activité de TV-Radio ? Un hébergeur spécialisé dans l'audivisuel et le streaming qui dispose d'outils pour développer l'audience de ses clients ?

BS - L'activité de TV-Radio est avant tout une activité de prestataire de services. La bonne analogie c'est avec ce que fait TDF dans le domaine hertzien. Nous diffusons sur internet des médias : c'est notre métier de base. A cela s'est ajouté le fait que nous diffusons autre chose que des médias comme du Corporate et pourquoi pas demain du e-learning. La différence avec TDF c'est que nous ne sommes pas uniquement l'émetteur mais aussi le récepteur, c'est à dire l'équivalent du poste de TV ou de l'autoradio, puisque nous proposons à nos clients les interfaces necessaires à la bonne reception par l'internaute.

JB - Pouvez vous dresser un portrait de l'internaute à haut-débit ? Avez vous identifié de nouveaux besoins ?

BS - La presse a souvent tendance à associer le nombre d'internautes 'haut-débit' au nombre d'abonnés au câble ou à l'ADSL. Or de très nombreux internautes disposent de connexions rapides dans leur entreprise ou leur université. Nous constatons ainsi que lorsqu'ils ont le choix entre du bas ou du haut débit plus de la moitié des 300 000 utilisateurs quotidiens de TV-Radio opte pour les encodages à haut-débit (150kbps) ce qui est loin des 5% officiels d'abonnés au haut-débit.

JB - Et comment se repartit l'activité entre les webcams, les radios, etc...?

BS - L'activité se repartit plus en fonction de l'offre qu'en fonction de la demande. Ce qui marche ce sont les radios, les webcams (héritage de comFM) et, dans une moindre mesure, la vidéo car les éditeurs traditionnels ont rarement les droits pour une diffusion vidéo sur le Net.

JB - Comment se repartit votre portefeuille de clients ?

BS - Notre portefeuille d'activité est assez liée à notre développement historique et nous avons essentiellement des radios parmi nos clients. Lors de notre lancement, en 1999, nous étions capables d'assurer une bonne qualité audio mais la vidéo restait encore un peu saccadée. En outre, nous savions ce que devaient payer nos clients radios en matière de droits de rediffusion alors que la situation était et reste beaucoup plus complexe pour les droits TV.
Pour ces questions à la fois techniques et juridiques, les deux tiers de notre chiffre d'affaires provient des radios mais nous développons de nouvelles activités avec les télévision "corporate", l'évènementiel (con c erts, séminaires) ou la retransmission en direct sur le web pour de grosses chaînes de télévision. Mais le gros du marché, ce sera la vidéo à la demande. Nous travaillons par exemple depuis septembre 2001 avec RFO pour la diffusion de leurs JT

JB - Sur le plan stratégique, ne serait-il pas pertinent de développer votre propre codec de compression, à l'instar des technologies développées par RealNetworks ou Microsoft avec WindowsMedia ?

BS - Nous travaillons en toute complémentarité avec les trois éditeurs de codecs avec lesquels nous avons des contrats de partenariats et de R&D. Mais cette question a été l'objet d'une reflexion dès le départ. Ajouter un nouveau codec ne nous semblait pas pertinent, cela nous aurait couté cher sans forcément faire mieux que ces derniers. A l'inverse, nous avons préféré développer des surcouches et développer des players fonctionnant sur tous ces codecs. Nous proposons à nos clients de diffuser en fonction du codec de leur choix car notre player les supporte tous et les detecte automatiquement sur la machine des internautes.

JB - Que pensez vous de RealOne services, ex-GoldPass. en plus de la création de trafic et de la diffusion, allez vous devoir ajouter une brique "business model" à vos clients médias ?

BS - Nous travaillons en effet depuis neuf mois avec Real sur ce projet. Nous proposerons une telle brique à nos clients sur le RealONE Player mais aussi sur les players personnalisés. Néanmoins, nous n'avons pas d'exclusivité avec Real et nous continuerons de travailler avec les autres solutions du marché.

JB - TV-Radio ne cherche donc pas à devenir opérateur de services ? Il n'y aura pas de gestion de la facturation côté internaute ?

BS - Nous n'intervenons pas côté internautes. Nous intervenons côté éditeurs, sur la mise en place de la pop-up audiovisuelle à l'intérieur du RealOne player .En ce qui concerne la gestion de la facturation, nous proposons aux éditeurs des solutions dont nous assurons la mise en place et le suivi avec des partenaires spécialisés . Nous commercialiserons également la publicité à l'interieur du RealGuide en Europe.

JB - A l'occasion du 3GSM, on a vu arriver de nouvelles tehnologies visant à diffuser des contenus audiovisuels sur téléphones mobiles. Comment appréhendez vous ces nouvelles opportunités ?

BS - Sur ce secteur, nous travaillons en partenariat avec Orange puisque notre actionnaire TDF est une filiale de FranceTelecom. Nous avons des expérimentations en cours. Nous savons faire du streaming sur du portable. Nous attendons qu'il y ait une véritable demande du côté des éditeurs. Le marché n'est pas suffisement mûre pour faire autre chose que de l'experimentaiton;. Nous sommes prêts dans ce domaine. il faut que les conditions soient réunies : des contenus adaptés, des prix compétitifs, etc... mais ce n'est pas encore le cas.

JB - La convergence a souvent été pensée comme l'arrivée de medias classiques sur l'internet mais à l'inverse, pourrait-on diffuser des contenus textuels sur des canaux numériques plus classiques ? Pourriez vous proposer cette voie aux médias internet ?

BS - Nous avons une reflexion assez avancée, notamment avec la direction du développement de TDF à ce sujet et nous avons déjà une expérimen ta tion prévue sur du push satellitaire avec un groupe de télévision . C'est un secteur qui devrait se développer dans les prochaines années. Il y a aussi des reflexions dans le domaine du DAB et de la TNT pour injecter du contenu internet, associé au média audiovisuel traditionnel. c'est une reflexion et des experimentations sont en cours.

JB - FT est très endetté. Parmi les mesures de désendettement, FT envisage de vendre TDF. Qui sera votre prochain propriétaire ?

BS - Je ne sui s pas le bon interlocuteur car je ne participe pas aux discussions sur le sujet. Ce que je crois savoir c'est qu'une LBO est envisagée avec FT qui conserverait une participation significative et l'arrivée de nouveaux partenaires comme la CDC. Le partenaire idéal serait certainement un investisseur disposant d'une vision industrielle à long terme

JB - Quelles seront les nouveautés des prochains mois ?

BS - Nous aurons une nou v elle version du player qui sera présentée le 17 avril. Il sera très ergonomique, et spécialment adapté au marché français et européen.

JB - Benoit SILLARD, je vous remercie.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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