Jean GOTTSCHALK : Comparatel.com, guide d'achat télécom

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Le 08 septembre 2000
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Crée par des étudiants de l'INT, Comparatel s'apprête à franchir le cap du million de pages vues mensuelles et annonce une levée de fonds de plus de 13 millions de francs. Evoluant dans un univers concurrentiel complexe, Jean GOTTSCHALK, son directeur, a

Crée par des étudiants de l'INT, Comparatel s'apprête à franchir le cap du million de pages vues mensuelles et annonce une levée de fonds de plus de 13 millions de francs. Evoluant dans un univers concurrentiel complexe, Jean GOTTSCHALK, son directeur, a

JB - Monsieur GOTTSCHALK, bonjour. En quelques mots pourriez vous présenter votre Parcours ?

JG - Nous avons créé ComparaTEL avec Hervé Andrieu à la fin de notre première année d'études à INT Management. En théorie, nous sommes donc toujours étudiant, et nous entrons en septembre en troisième année.

JB - Comment peut-on présenter Comparatel ? Est-ce un portail Télécom ?

JG - ComparaTEL est plus qu'un portail télécom. L'idée, dès le départ, était d'accompagner les utilisateurs dans leurs choix en matière de télécommunications. Cela veut dire que notre mission est tout d'abord d'informer les consommateurs, puis de les aider à comparer les offres ou les produits, de plus en plus compliqués, qui correspondent à leurs besoin, puis tout naturelement, de les accompagner dans leur acte d'achat.Bien plus qu'un portail, ComparaTEL est donc un véritable guide d'achat. Nous expliquons le marché et le rendons accessible à tous les consommateurs, même ceux qui n'y connaissent rien.

JB - Que représente votre site en terme d'audience et de résultats financiers ?

JG - Notre audience est en croissance permanente, ce qui prouve l'intérêt des internautes français pour un service comme le notre.Au mois d'aout, qui est pourtant un mois de faible fréquentation sur l'Internet francais, nous avons enregistré plus de 900 000 pages vues. Nous franchirons la barre du million de pages vues en septembre. En terme de revennus, nous avons réalisé plus d'un million de marge brute depuis le début de l'année, ce qui prouve que même un site Internet peut être rentable si le concept est bon.

JB - En cette rentrée 2000, vous annoncez une levée de fonds de plus de 13 MF auprès d'ABN Amro. Quelles sont vos intentions ? Un développement européen ?

JG - Oui tout a fait. Une partie de cet argent va nous servir à renforcer nos équipes en France (nous souhaitons passer de 20 personnes actuellement à 30 personnes d'ici la fin 2000). Le reste servira à une implantation dans 3 à 4 pays frontalier. Nous avons déjà quelques équipes en place, et on verra les premiers résultats avant la fin de l'année.

JB - Votre levée de fonds a été tumultueuse. On parle d'un incident avec Europ@web. que s'est-il passé ?

JG - Nous avons en effet eu à subir en partie les effets du crach du mois d'Avril. Je ne peux pas en dire plus...

JB - Votre concurrent BudgeTelecom est désormais une filiale de ThePhoneHouse, un distributeur de téléphones mobiles. Etes vous à la recherche de ce type de synergies ou souhaitez vous éviter de mélanger l'activité média avec un marchand...

JG - Nous avons toujours su depuis le début faire clairement la différence entre les activités média (contenu), qui fonctionne exactement comme un journal, et les activités de commerces, dont le fonctionnement est similaire à celui de la grande distribution. Il n'y a donc pas de risque de mélanger ces deux activités.Un partenariat avec des spécialistes de la vente ne peut qu'être bénéfique, puisqu'il s'agit d'une activité très complexe surtout au niveau logistique. Mais nous ne recherchons nullement un raprochement capitalistique, car nous souhaitons rester indépendants. Comment peut-on garantir au client de lui proposer les prix les moins chers du marché en ayant un accord de distribution exclusif avec un commerçant.

JB - Votre principale originalité vient de votre moteur de comparaison tarifaire. Ne craignez vous pas que les guides d'achat finissent par entrer sur ce marché. Se limiteront-ils longtemps à des espaces co-brandés ?

JG - Le métier des "guides d'achats" que vous évoquez est différent du notre. Il s'agit de sites généralistes qui utilisent des technologie automatisées pour maintenir à jour les tarifs de centaines de produits, sur des dizaines de sites marchands affiliés. De notre côté, le référencement se fait entièrement à la main, car il n'est pas possible d'automatiser la mise à jour de données aussi complexes que des grilles tarifaires. Les opérateurs ne donnent même pas toujours le même nom aux mêmes pays! C'est pourquoi les "guides d'achat" ont besoin d'un spécialiste comme nous, et utilisent en grande partie notre technologie pour fournir des informations justes et précises à leurs visiteurs. Ils peuvent ensuite mettre en place leur business modell classique. En effet, le business modell de ces sites est souvent liés à l'affiliation. Ils utilisent donc notre contenu pour vendre les produits des marchands qu'ils ont réussi à affilier. Cela n'a rien avoir avec notre référencement exhaustif et le suivi manuel et quotidien que réalisent nos équipes.

JB - Que pensez vous des portails "mobiles" indépendants. Présent-ils une menace pour votre activité ou pensez vous être plus pertinent en couvrant l'ensemble du champs télécom ?

JG - Les portails mobiles nous semblent en effet être des concepts intéressants, puisque nous pouvons leur fournir du contenu, aussi bien rédactionnel que technologique (moteurs). D'autre part ils participent également à éduquer le marché. Il est vrai que nous sommes concurrents sur certains segments (suivant l'orientation stratégique de ces portails), mais comme vous le dites, notre contenu est plus pertinent car nous traitons l'ensemble du secteur des télécommunications avec une approche tournée vers le consommateur.

JB - Etudiez vous de nouveaux moteurs tarifaires basés sur le débit en prévision de l'arrivée du GPRS sur les mobiles ?

JG - Nous n'avions pas pensé à une cotation par débit. Merci pour l'idée! :-) Plus sérieusement, nous développons nos moteurs au moment où lesconsommateurs expriment un besoin, auquel nous tâchons ensuite de répondre de la manière la plus simple possible.

JB - Votre formation à l'INT vous permet-elle de disposer d'un regard critique sur la nouvelle économie ?

JG - Oui, tout à fait. La formation à l'INT porte aussi bien sur des aspects business que techniques, ce qui nous permet d'avoir une vision globale sur l'ensemble de notre activité. Nous travaillons d'ailleurs en collaboration avec l'INT à la mise en place d'un cursus d'entrepreneuriat et d'enseignements plus tournés vers Internet.

JB - Monsieur GOTTSCHALK, je vous remercie.
Entretien réalisé en septembre 2000 par Jérôme BOUTEILLER
Modifié le 18/09/2018 à 14h07

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