Stocks options / BSA : Le combustible des jeunes entreprises.

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Le 26 avril 2000
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Les bons de souscription d'actions, plus communément appelés "Stock options", sont le moteur de la nouvelle économie. En effet, ces parts virtuelles au capital d'une start-up permettent à leurs bénéficiaires, salariés ou partenaires, d'être liés à la ré

Les bons de souscription d'actions, plus communément appelés "Stock options", sont le moteur de la nouvelle économie. En effet, ces parts virtuelles au capital d'une start-up permettent à leurs bénéficiaires, salariés ou partenaires, d'être liés à la ré

Les BSA : Des outils de fidélisation du personnel des jeunes entreprises

Avant de parler des BSA, les "bons de souscription d'actions", il faut revenir aux bases, à savoir qu'une jeune entreprise, par définition, manque d'argent et de compétences. Afin de fidéliser ses bons élements et accessoirement d'en attirer de nouveaux, les jeunes entreprises américaines ont instauré dans les années 80 une pratique visant à donner à leur salariés un droit préférentiel pour acheter des actions futures de leur société. Ces droits sont versé en complément du salaire et son calculés sur la base de la valorisation de la société au jour de la distribution des BSA. Si l'entreprise entre en bourse et que sa valeur est multipliée par 10 entre temps, cela permet au salarié de transformer ses BSA en actions, réalisant au passage une plus value de 1000%... Bien évidemment, si l'entreprise n'entre pas en bourse ou que sa valeur retombe, les plus values disparaissent, d'autant qu'il faut bien souvent attendre plusieurs années pour avoir le droit d'en bénéficier. Ces BSA ne sont pas des primes mais bien des outils de fidélisation ou de compensation pour des salaires parfois inférieurs à la norme.

Un outil de gestion très utile

Pour les entreprises de la NetEconomie, les BSA permettent de réaliser de sérieuses économies de charges de personnelles ce qui se traduisent positivement sur la trésorerie. Mais le principal intérêt est probablement d'ordre managérial. En effet, les salariés deviennent pratiquement actionnaires de leur entreprise et changent souvent totalement d'état d'esprit, expliquant très souvent les cadences infernales observées dans les start-up et le débauchage de cadres, quittant parfois de très bonnes situations au profit de ces jeunes entreprises. En France, le système fiscal cherche à privilégier le long terme. Pour avoir le droit de bénéficier de ses BSA, il faut désormais attendre 4 ans auxquels s'ajoutent deux années supplémentaires soit 6 ans, afin de bénéficier du taux d'imposition le plus intéressant. Respectivement 40% et 26% pour les plus values inférieures à 1 million de franc et 50% et 40% pour celles au delà de ce seuil. Si l'introduction en bourse est réussie, tout le monde est gagnant : l'entreprise, ses salariés et bien évidemment le FISC. Reste que ces dispositions sont critiquées par des dirgeants d'entreprises pour ne pas être compétitives vis à vis de mesures d'autres pays européens ou des Etats-Unis. En effet, le régime fiscal français conserve un taux d'imposition élevé et oblige les salariés à rester parfois plus de 6 ans dans leur entreprise pour bénéficier d'une plus value intéressante, délai parfois suffisant pour observer la naissance mais aussi la mort de l'une de ces entreprises.

Un pari sur l'avenir

Les BSA sont ainsi de formidables outils de gestion pour les entreprises de la nouvelle économie mais sont comparés par certains salariés à des "menottes en Or". En effet, les BSA sont avant tout des outils de fidélisation et aucunement des "primes". Si un salarié quitte l'entreprise avant la période prévue ou que l'entreprise ne parvient pas à être introduite en bourse, il n'y a pas forcément de plus value à la clé. Les 4 à 6 ans de labeur et de sacrifice sont complètement perdus.

Dès lors, il convient, pour les employés des start-up de rester prudents, particulièrement quand la bourse devient plus sélective. La réussite ne sera pas forcément au rendez vous et l'écrasante majorité des start-up ne sera pas introduite en bourse. Se salarier, c'est avant tout adhérer à un projet d'entreprise et s'inscrire dans une vision à long terme. Rien à voir avec une loterie.
Jérôme BOUTEILLER Avril 2000
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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