Laurent Cavalié : CPR-E*TRADE, Courtage en ligne

Jérôme Bouteiller
22 mars 2000 à 00h00
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Spécialisé dans la négociation des ordres de bourse et les opérations d'investissements, CPR-E*TRADE fait partie des sites de courtage en ligne pour les particuliers.

Spécialisé dans la négociation des ordres de bourse et les opérations d'investissements, CPR-E*TRADE fait partie des sites de courtage en ligne pour les particuliers.

JB - Monsieur Cavalié bonjour, en quelques mots, pourriez vous présenter la banque CPR et E-Trade ?

LC - CPR-E*TRADE est le fruit de l'alliance entre la banque française CPR (spécialiste de services d'investissement et de gestion) et l' un des pionniers et leaders américains en matière de service d'investissement pour les particuliers sur Internet : E*TRADE group, Inc. Par conséquent, le site http://www.cpr-etrade.com de CPR-E*TRADE bénéficie des apports des deux entités : innovations technologiques, ergonomie sophistiquée et simple d'utilisation, richesse du contenu.

JB - Quelle est la nature de votre partenariat? Pourquoi n'êtes vous pas resté indépendant?

LC - Si aujourd'hui, les brockers on line européens copient les américains, nous, nous avons préféré faire force avec eux afin d'offrir à notre clientèle de particuliers les mêmes services que les professionnels en matière de gestion de portefeuille, avec plusieurs années d'avance en matière d'innovations technologiques. Nous avons par cette alliance unis nos forces afin de proposer à nos clients les meilleurs services de bourse on line qui existent aujourd'hui sur le marché mondial. Nous bénéficions des apports technologiques en terme de contenu plus riche, d'une ergonomie plus facile et à la fois plus sophistiquée

JB - Le trading online est en pleine effervescence. Lancé sur le modèle économique d'une commission proportionnelle aux ordres passés, on voit désormais apparaitre des acteurs rémunérés à l'aide d'une commission forfaitaire. Craignez vous ces concurrents, pensez vous qu'un jour le 100% gratuit soit envisageable?

LC - Non, le 100% gratuit n'est a priori pas viable : peut-être que quelques uns s'y risqueront mais rien ne peut garantir aujourd'hui la solidité de l'entreprise. Cependant, il est très motivant pour nous d'avoir aujourd'hui de nouveaux concurrents qui osent et qui tentent de modifier le profil du marché de la bourse on line.

JB - Comment comptez vous concilier votre activité de trading et votre métier traditionnel de banquier? Allez vous offrir une solution 100% internet pour vos clients?

LC - La solution 100% internet n'est pas à l'ordre du jour pour le moment, même s'il est aujourd'hui le média préféré de notre clientèle. En effet, il offre le confort du moindre coût, la rapidité, et l'autonomie. Toutefois, un internaute, client de CPR-E*TRADE, n'utilise pas exclusivement Internet pour ses opérations de trading. Il faut noté que le trader on line est bien souvent trader autodidacte et donc n'a pas toujours une vision à long terme. Il est donc d'abord à l'écoute de la tendance immédiate qui se profile sur le marché boursier, d'où sa demande accrue d'informations en temps réel et de recommandations fiables.

Toujours à l'écoute de notre clientèle, nous souhaitons permettre aux particuliers une meilleure appréhension et une meilleure compréhension du monde boursier dans le respect de l'autonomie du trader on line. Aussi, portefeuille virtuel, cours en temps réel, alertes gratuites, palmarès de valeurs, sont quelques un des atouts que nous mettons à leur disposition sur notre site : http://www.cpr-etrade.com.

De la même façon, nous avons développé au fil des évolutions technologiques, et en réponse aux attentes de nos clients, plusieurs autres accès à notre activité boursière tel le minitel (36 16 CPRBOURSE), le Kiosque Micro ou encore le téléphone. Du reste, nous avons chez CPR-E*TRADE une équipe de 20 négociateurs boursiers entièrement dédiée aux passages d'ordre par téléphone.

JB - Pensez vous qu'il existe un risque de banqueroutes à pousser des petits porteurs vers des activités de trading que certains considèrent un peu comme un Casino virtuel. Avez vous une charte déontologique par exemple?

LC - D'une façon générale, la Bourse est souvent comparé à un casino. Pourtant, on sait bien que pratiquer la bourse comporte des risques. Alors, de bourse à "bourse en ligne", les appréhensions concernant des éventuelles banqueroutes restent les mêmes. Seul le média change: il s'agit toujours de passer des ordres de bourse afin de faire fructifier son portefeuille.

JB - Quelle est le volume d'opération généré par des particuliers? A terme, quelle part devrait il prendre?

LC - Le nombre de négociations réalisées à fin avril est de 129 945. Le montant du volume de transaction augmente par mois d'environ 15%. 70% nous paraît être un objectif probable. A terme, il devrait prendre une part très intéressante mais il est assez difficile de le quantifier par avance. Il est encore trop tôt, car l'Internet boursier en France, s'il explose avec la venue des discounters et le phénomène de l'Internet gratuit, n'en est qu'à ses prémisses.

JB - Il est probable que la bonne tenue de l'économie américaine provienne de l'exceptionnel dynamisme de ses marchés financiers. Selon vous, le trading en ligne a t'il joué un rôle moteur dans cette croissance? N'y a t'il pas un risque de bulle spéculative?

LC - Selon les derniers chiffres reçus, il y aurait 40 millions d'internautes dans le monde. Sur ces 40 millions, il y a 7,8 millions de trader on line répartis sur l'ensemble des brokers mondiaux. E*TRADE dépasse depuis le 26 avril le millionième compte, ce qui confirme sa position de deuxième mondial et prouve le formidable essor du phénomène de day trader. On peut en conclure que le phénomène du trading on line a pu jouer et joue encore un rôle dans cette croissance.

JB - En permettant l'achat d'action en quelques clics, vous souhaitez en faire un produit de grande consommation?

LC - Pas particulièrement. Ce que nous souhaitons est : répondre aux attentes de nos clients tout en leur offrant les mêmes services qu'aux professionnels.

JB - Pour une entreprise (particulièrement sur le Net), pensez vous que l'achat d'action est la forme la plus aboutie de marketing direct? Achètera t'on des actions plutôt que leurs produits?

LC - Pour reprendre votre exemple, Yahoo est une société de services qui propose via Internet moteur de recherche, annuaire, infos etc...Sa finalité est de vendre des produits, en l'occurrence des espaces publicitaires sur son site. Sa cible marketing est composée d'annonceurs et de régies publicitaires. Pour conquérir sa clientèle et la fidéliser, Yahoo a développé sa notoriétéauprès des visiteurs internautes par le biais de services gratuits à valeurs ajoutées de manière à devenir un des acteurs incontournables dans ce domaine.

La conséquence indirecte d'achat d'actions Yahoo témoigne de la confiance que les gens ( qui ne sont pas forcément ses clients) portent à la marque. Ce n'est pas une finalité. Pour E*TRADE comme CPR-E*TRADE, les services proposés (dont une partie est gratuite) sont le trading on line, les cours en temps réel, les graphiques, les analyses etc... (+ des produits (Fonds et SICAV)).

JB - Monsieur Cavalié, je vous remercie.

Entretien réalisé en Juillet 1999 par Jérôme Bouteiller
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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