La Guerre du Son : Quel avenir pour une musique dématérialisée ?

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Le 21 mars 2000
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En se dématérialisant, la musique est le premier bien à bouleverser l'économie numérique. Le iCommerce, le commerce électronique des biens immatériels est en train de modifier toute la chaine de distribution d'un certain nombre de produits intangibles com

En se dématérialisant, la musique est le premier bien à bouleverser l'économie numérique. Le iCommerce, le commerce électronique des biens immatériels est en train de modifier toute la chaine de distribution d'un certain nombre de produits intangibles com

Remise en cause du rôle des Editeurs

En numérisant leurs CD et en mettant en ligne leurs morceaux, via le format MP3 par exemple, les internautes font peser une grave menace sur les éditeurs et les artistes qui ne peuvent plus percevoir leurs fameux "droits d'auteurs". Mais les industriels travaillent sur de nouveaux formats sécurisés et font la chasse aux sites pirates ou aux logiciels comme le terrible Napster qui donne accès aux Disques durs hébergant des MP3. Néanmoins, il devient évident que les Editeurs ne sont plus les seuls à pouvoir prétendre à commercialiser un fichier musical. L'explosion des réseaux et les facilités à commercialiser un morceau font que certains artistes imaginent court circuiter leurs maisons de disque, se rattrapant par exemple sur les ventes de places de concerts ou de produits dérivés.

Qui seront les nouveaux géants de la distribution musicale ?

Parmi les nouveaux acteurs du marché de la iMusique, on peut en premier lieu s'intéresser aux éditeurs de logiciels. Real Player, Winamp, Windows Media Player, etc.. autant de logiciels dédiés à la lecture des formats audio et qui souhaitent jouer un rôle croissant dans le iCommerce de ces biens. Ces derniers ouvrent des sites web de recherche, associés à leurs logiciels par exemple. Mais les acteurs traditionnels de services en ligne ne sont pas en reste. On peut citer 10, propriétaire de BroadCast.com, un portail Multimédia, qui cherche à placer son propre lecteur de fichiers audio dans ses logiciels de messagerie instantanée. Derrière cette guerre mêlant logiciels et services en ligne, deux autres acteurs attendent patiemment leur heure. D'une part, les Radios, confinées à un réseau FM obsolète, sont en train de réaliser qu'elles étaient les premiers lieux de consommation de l'octet musical et qu'elles pouvaient désormais compter sur une ouverture internationale grâce à l'Internet. Les principales radios françaises lancent donc des bouquets de radios thématiques qui travailleront, main dans la main, avec des services commerciaux de téléchargement. Il est à noter que les portails et les maisons de disque ouvrent elles aussi des radios mais qu'elles ne disposent pas forcément de la légitimité pour le faire. Enfin, le dernier type d'acteur à pouvoir prendre une part de gateau, ce sont certainement les contructeurs de matériel audio : Baladeurs MP3, Chaînes Hifi IP, Auto Radios, etc... Autant de constructeurs qui disposent d'un véritable vérou sur les consommateurs et qui décideront, au final, du format à adopter et des services à consulter. Ainsi, 84 Multimédia, fabricant du Lyra, un balladeur MP3, a aussi lancé un site de commerce électronique associé à son produit, court circuitant du même coup un certain nombre d'acteurs de l'Internet.

Accès illimités & Forfaits : Vers une explosion du chiffre d'affaire.

Le véritable enjeu derrière ces prises de position n'est pas la distribution de fichiers gratuits. Tous ces acteurs anticipent le "retour du payant". Les micro paiement, les abonnements forfaitaires pour un accès illimités, etc.. Autant de perspectives de profits proprement faramineuses. Un consommateur lambda ne dépense que quelques centaines de francs en disques par an. Si ce consommateur s'abonne à une sorte de "Canal+ de la musique" contre 100 francs par mois et qu'il peut écouter autant de morceaux qu'il le souhaite, sur un terminal dédié, le marché pourrait s'avérer particulièrement lucratif. Quel que soit l'avenir de la NetEconomie musicale, il est en tout cas évident que les positions qui seront prises dans les 3 prochaines années auront une incidence majeure pour le prochain siècle de cette industrie.

Jérôme Bouteiller
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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