Google / vie privée : la menace vient d'ailleurs

10 août 2006 à 18h52
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Lundi, un chercheur travaillant chez AOL mettait accidentellement en ligne un fichier de 400 Mo contenant quelque 20 millions de requêtes effectuées par 650 000 abonnés, accompagnées d'informations permettant d'en identifier certains (voir AOL : bourde et antivirus Kaspersky gratuit). Outre Atlantique, le tollé est immédiat. Eric Schmidt, PDG de Google, a profité hier de la conférence Search Engine Strategies qui se tient à San Jose pour affirmer qu'une telle erreur ne pouvait absolument pas être commise au sein de Google, bien que la société archive également les requêtes envoyées sur son moteur de recherche. Selon lui, le principal risque menaçant la vie privée des utilisateurs de Google ne relèverait pas d'une erreur technique ou des employés de la firme, mais de pressions émanant de gouvernements désireux de mettre la main sur ces précieuses informations.

Google, numéro un mondial des moteurs de recherche, fonctionne selon un modèle économique presque exclusivement centré autour de la publicité en ligne. Afin de cibler au mieux ses fameux liens sponsorisés, il a besoin d'archiver et de faire analyser par des machines les millions de requêtes enregistrées chaque jour par les internautes. Cette analyse est nécessaire, et ne met absolument pas en danger la vie privée de ses utilisateurs, rassure le moteur de recherche. Pourtant, certains commencent à se méfier de Google et de la colossale somme d'informations emmagasinée par ce dernier depuis des années.

Un analyste a alors demandé à Google pourquoi la société n'effectuait-elle pas régulièrement un nettoyage de ses bases de données afin qu'en cas de vol, ou d'obtention forcée d'informations, les serveurs de la société ne puissent pas révéler un historique trop important des habitudes de surf des utilisateurs du moteur de recherche. La question a déjà été débattue en interne, a répondu Eric Schmidt, avant d'expliquer une nouvelle fois que toutes les précautions nécessaires avaient été prises depuis longtemps. La confiance que les utilisateurs placent en Google est la principale préoccupation de la société, a-t-il encore affirmé.

Afin de rassurer les analystes présents, Eric Schmidt a rappelé que Google se conformait aux exigences de la loi Sarbanes-Oxley qui prévoit (entre autres choses) que toute société garantisse la sécurité des informations qu'elle détient et puisse faire la démonstration de cette sécurité à tout moment. Google continuera donc à stocker les requêtes des internautes, en dépit de la mésaventure arrivée à AOL.

L'an dernier, Google avait tenu tête au département de la Justice américain, qui lui réclamait la liste de millions de requêtes enregistrées sur son moteur, sous prétexte de lutter contre la pornographie enfantine. La société avait fini par obtenir gain de cause, suscitant un important élan de sympathie aux Etats-Unis, depuis égratigné par les affaires relatives à la censure en Chine. L'affaire AOL aura au moins le mérite de faire prendre conscience aux gens de l'importance des informations qu'une société est susceptible de détenir à leur propos, a encore déclaré Eric Schmidt. Il n'est pas sûr que cette prise de conscience les conduise tout droit vers les services, toujours plus nombreux, de la firme au grand G...
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