Cybercrime : Europol centralisera les données

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La plate-forme européenne de signalement des cybercrimes ne verra pas le jour sous la forme d'un guichet unique pour tous les citoyens de l'Union. C'est la conclusion de l'atelier « Plate-forme de signalement de contenus illicites : vers une plate-forme européenne », dans le cadre du 4ème Forum international sur la cybercriminalité, organisé hier et avant-hier à Lille. Le processus d'intégration, lancé sous la présidence française de l'Union européenne en juin 2008, est cependant toujours d'actualité.

Si le commissaire de la Federal Computer Crime Unit (FCCU) belge, Laurent Bounameau, voit « un guichet unique virtuel », pour l'officier de police rattaché à la Commission européenne Radomir Jansky, « la plate-forme ne peut pas uniquement exister au niveau d'Europol ». Le service européen d'enquêtes criminelles doit plutôt « utiliser les outils existants pour les incorporer à sa plate-forme, et c'est ce qu'il a su faire. » La problématique est complexe : sur les 27 Etats de l'Union, 16 ont déjà une plate-forme de signalement étatique, 4 ont adopté une structure mixte public-privé, et 7 n'ont pas du tout de solution. Radomir Jansky estime que ces pays, « l'Espagne, l'Estonie, la Hongrie, la Pologne, les Pays-Bas, le Portugal et la Slovaquie », devraient être bientôt pourvus grâce à une aide d'Europol. Pour autant, la diversité des situations empêche toute intégration européenne du signalement des cybercrimes.

Pas de signalement unique, donc, mais une centralisation des bases de données. L'intérêt de conserver les points d'accès pour les citoyens au niveau des Etats-membres est aussi financier : la plate-forme d'Europol « n'a coûté que 300 000 euros », précise Radomir Jansky, sur un budget total du programme « Prévenir et combattre la criminalité » (ISEC) de 85 millions d'euros en 2010. A noter que ce programme ne gère pas que la criminalité en ligne, qui n'est qu'une petite partie du budget.

Pour Nicola Dileone, officier de police à Europol, le constat est le même : « Il est impossible de gérer 27 réalités sur le signalement. Il faut une gestion du système par chaque état-membre, et une centralisation des données au niveau européen. » La superplate-forme Icros (Internet crime reporting online system), qui devrait être lancée au sein d'Europol avant la fin de l'année, sera donc chargée de regrouper ces bases de données, pour une analyse complète par l'Analytical work file cyborg. Nicola Dileone explique l'importance de cette centralisation par la possibilité d'avoir les alertes très tôt : « Nous avons besoin de données. Nous avons besoin d'informations. » Et de coordination, pour que les données ne soient pas inutilisables. « Souvent, on reçoit des signalements, et on lance une enquête, alors qu'elle est déjà traitée par les polices nationales. »

En France, c'est la plate-forme Pharos qui gère l'interface avec les citoyens. Une fois signalée, l'information part au niveau européen. Une situation particulière pour la gendarmerie et la police : le lieutenant-colonel de gendarmerie, Alain Permingeat, explique que « les enquêteurs ont l'habitude de faire de la recherche, de la veille. Là, on reçoit directement les signalements. » Toute la question est donc de réussir à trier dans les nombreux témoignages reçus. Si les 8 à 9 pages de formulaire à remplir en ligne découragent « les plaisantins », il y a tout de même eu 12 419 signalements en 2008, alors que la plate-forme n'était pas officielle. Après le lancement en 2009, ce chiffre est monté à 52 353. Sur ces signalements, 6 000 ont été traités, et 313 ont fait l'objet d'enquête au niveau national, tandis que 1 800 ont été transmis à Europol.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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