Buzz mondial contre le "barrage vert" chinois

Matthieu Dailly
12 juin 2009 à 13h22
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Filtrage des contenus « malsains, pornographiques ou violents ». Le ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information chinois fait marche arrière et annonce que l'installation du « barrage vert d'escorte de la jeunesse » ne sera pas obligatoire.

Lundi 8 juin 2009, le Wall Street Journal révélait que le gouvernement allait exiger, dès le 1er juillet, que tous les nouveaux ordinateurs personnels vendus dans le pays, devaient être équipés d'un logiciel de filtrage visant à préserver les enfants de contenus pornographiques sur la Toile (édité par Jinhui Computer System Engineering).

Suite à cette annonce, nombre d'acteurs se sont prononcés tout au long de la semaine, à commencer par Microsoft, Dell, Hewlett-Packard, RSF (Reporter sans frontière) et la CCIA (Computer and Communications Industry Association). « (...) Dans ce cas, nous sommes d'accord avec d'autres sur le fait que des questions importantes concernant la liberté d'expression, le droit à la vie privée, la fiabilité et la sécurité du système se posent » a, par exemple, précisé Microsoft dans un communiqué adressé à l'AFP, tout en rappelant que « la fourniture d'outils de contrôle parental adéquats est une question de société importante pour l'industrie et les gouvernements dans le monde entier ».

Et pourtant, pour Charles Mok, président pour Hong Kong de l'Internet Society « même pré-installé, il ne devrait pas falloir être un petit génie de l'informatique pour s'en débarrasser ». D'autant que pour le fabricant Dell, un tel logiciel de filtrage ne doit, même si n'est pas obligatoire, se résumer « qu'au filtrage des contenus pornographique et doit pouvoir être désinstallé ».

Dans tous les cas, « le filtrage à la chinoise dépasse largement le contenu pornographique qu'il prétend encadrer et cette nouvelle décision n'annonce rien de bon pour la liberté d'expression. Jusqu'à maintenant, les internautes pouvaient accéder à des sites bloqués au moyen de logiciels de contournement de la censure. Green Dam est une arme destinée à l'empêcher. Nous appelons les entreprises qui vendront ces ordinateurs sur le marché chinois à ne pas suivre cette consigne, sans quoi elles se rendront complices de la censure », a pour sa part déclaré RSF.

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Reste donc au gouvernement chinois, à préciser ce qu'est un contenu « malsain ». La censure qui a touché le Web chinois durant le 20e anniversaire des évènements du 4 juin 1989, n'augure, sur ce point, rien de bon. D'ailleurs, selon un billet du 10 juin, publié dans la revue de blog Global Voices, le logiciel en question censurerait l'intégralité des contenus LGBT (lesbiens, gays, bi., trans).

MAJ : Un avocat chinois a saisi le gouvernement, demandant l'ouverture d'auditions publiques comme prévue par une directive officielle d'octobre 2008, lorsque cela concerne « les grands intérêts publics ».
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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