Seule enceinte sur batterie de la petite gamme connectée Cove, la JBL Cove P1 est sans doute le modèle le plus attractif du trio. Sous ses atours presque classiques, ce modèle veut briller par sa polyvalence et sa puissance sonore. Une sorte de concurrente de la récente Sonos Play en somme. De quoi placer JBL dans la course aux meilleures enceintes connectées ?

Sans être minuscule, cette enceinte adopte un parfait pour l'intérieur. Suffisamment grande pour espérer un peu de puissance, suffisamment compacte pour être placée n'importe où  © Guillaume Fourcadier pour Clubic
Sans être minuscule, cette enceinte adopte un parfait pour l'intérieur. Suffisamment grande pour espérer un peu de puissance, suffisamment compacte pour être placée n'importe où © Guillaume Fourcadier pour Clubic

JBL ne lésine pas sur les moyens. Outre son châssis assez massif mais transportable, l’enceinte affiche une architecture ambitieuse avec woofer + radiateurs passifs, trois tweeters, et un haut-parleur vertical spécialement pensé pour la prise en charge des contenus Atmos. Le reste est tout aussi attirant, avec une batterie robuste offrant 14 h d’autonomie, une élégante base de charge dédiée, une résistance IP56, et bien sûr l’intégration dans l’écosystème multiroom JBL One.

9  / 10
Les plus
  • Son équilibré et riche, bonne ampleur
  • Bonne puissance sonore, basses maitrisées
  • Connectivité avancée
  • Expérience utilisateur intuitive
  • Qualité de fabrication et IP56
Les moins
  • Légère imprécision dans les haut-médiums
  • Connectique spartiate
  • Pas de virtualisation Atmos

Pas originale, mais réussie

Difficile, surtout pour qui ne serait pas un pur technophile, de savoir que ce totem dense de 14.6 x 23.3 x 14.7 pour 3,26 kg est une création JBL et non une énième création Sonos. Quoiqu’il en soit, cette formule ne déroute pas les utilisateurs, qui trouvent ici l’habituelle formule toute scandinave, dans laquelle rien ne déborde jamais vraiment et où les couleurs ne s’expriment, au mieux, qu’en nuances grisonnantes. Cette version blanche est toutefois plus réussie selon nous, en tous cas moins triste, que la déclinaison noire (qui révèle d’autant plus les traces de doigts).

Le petit détails sur les Cove P1 et Cove X1 © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Sérieuse malgré la présence non négligeable de plastique au toucher légèrement doux, la P1 est armée d’une grille métallique ceinturant la quasi-intégralité de sa circonférence. Bien sûr, difficile de passer à côté de la certification IP56, qui offre à ce modèle connecté et Bluetooth une polyvalence que ne peuvent revendiquer sa petite sœur M1 et sa grande sœur X1. En théorie, la Cove P1 peut s’utiliser en extérieur ou dans une salle de bain. Évitez évidemment la plage et l’eau de mer, la corrosion faisant fi d’un simple indice IP56.

De polyvalence, il en est évidemment question pour ce côté transportable, assuré par une poignée sculptée directement dans le châssis. Rien de particulier à dire, si ce n’est que cet élément totalement fixe, et surtout l’absence d’emplacement pour une lanière ou une dragonne, prouvent que la Cove P1 est un modèle transportable d’intérieur avant d’être un produit nomade.

Le signe de la transportabilité ? Une poignée directement intégrée dans la structure © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Pour accompagner ce côté transportable, la P1 est livrée, dieu merci, avec une base de charge. Pas d’induction ici, mais un simple contact entre deux connecteurs.

La connectique est morte, vive la connectivité

Il faut s’y faire. Une enceinte de ce type, et toutes les petites enceintes connectées en général, n’ont pas pour vocation d’être des centres audio traversés de fils. La JBL Cove P1 fait plus que prendre cette logique au pied de la lettre, et… n’intègre aucune connectique exploitable. Oui il y a bien un port USB-C camouflé derrière une trappe étanche, mais celui-ci n’assure que la fonction de recharge (si la base n’est pas disponible). Sur la version américaine de l’enceinte, ce port peut lire les contenus audio sur clés, mais notre mouture européenne fait l’impasse dessus.

L'appareil peut se recharger via sa base dédiée, ou via son port USB-C protégé derrière une trappe étanche © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Au moins la connectivité n’est-elle pas oubliée, au contraire. En amuse-gueule, une puce Bluetooth 5.3 compatible LE Audio/Auracast, mais également Multipoint en Bluetooth Classic. La marque mise ainsi sur une certaine universalité, bien que le LE Audio en soit encore à ses balbutiements vis-à-vis du grand-public.

Avec sa puce Wifi 6, l’appareil entre de plain-pied dans la connectivité avancée. Sans même parler de l’application JBL One, la JBL Cove P1 est compatible avec les protocoles AirPlay, Google Cast, Spotify Connect, Tidal Connect, Qobuz Connect, Roon Ready, et DLNA/UPnP. Ses microphones intégrés permettent également de prendre en charge l’assistant vocal Alexa+ (configuration à faire dans l’application Amazon Alexa).

Expérience utilisateur : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple

Les commandes intégrées, symbolisées par des touches tactiles placées sur la face supérieure incurvée de l’enceinte, assurent l’essentiel : navigation, volume, passage au Bluetooth, et déclenchement du Moment, sorte de pré-selection déclenchant une playlist ou la lecture de sons d’ambiance. L’absence de retour haptique, de véritables sensations, nous fait toujours pencher vers des solutions plus physiques à la Marshall, mais l’idée est ici de rester discret.

De son côté, JBL One est plus qu’un complément, puisque permet de configurer l’enceinte sur le réseau local, et d’effectuer la gestion de groupes et de multiroom made in JBL. En l’état, cette application a le mérite de briller par sa simplicité et son aspect très agréable. L’appairage de chaque enceinte est simplissime, d’autant que JBL ne redemande pas le code Wifi pour les nouveaux appareils.

L'application JBL One n'est sans doute pas aussi riche que son équivalent de chez Sonos, mais selon nous plus intuitive

En l’état, les réglages sonores et ergonomiques ne sont pas aussi nombreux que chez le concurrent Sonos, et la gestion des groupes et appairages spéciaux est un peu différente, mais sans doute plus clés en main. Notons qu’il est possible de créer deux types d’appairages avancés : stéréo, en associant en l’occurrence une deuxième enceinte Cove P1 (une pour le canal gauche, une pour le droit), et Surround (enceintes arrière), pour épauler l’une des barres de son de la gamme JBL Bar MK II. Nous n’avons, malheureusement, pas pu expérimenter cela dans le cadre de notre test.

Enfin, et cela n’est pas un détail sur le papier, la Cove P1, ainsi que la plus imposante Cove X1, disposent d’un haut-parleur up-firing (pointé vers le haut) utilisé pour la reproduction de pistes Atmos. Si la présence de ce haut-parleur est plutôt une bonne idée, nous pouvons regretter que la marque n’active pas une véritable virtualisation à partir de simples sources stéréo. En effet, cet élément reste inactif tant que nous ne lui servons pas une piste audio Atmos (que l’on trouve sur Tidal, Amazon, ou Apple Music), ou que nous l’association à une barre de son récente de la marque.

Avantage en usage sédentaire, la base de recharge © Guillaume Fourcadier pour Clubic

S’il y a peu de chances de tomber en panne de batterie chez soi, la Cove P1 est pourtant un produit assez robuste dans ce domaine. Malgré sa puissance sonore l’enceinte tient facilement 10 h en utilisation normale, les 14 h annoncés étant sans doute valables à des niveaux un peu plus modérés.

Puissante mais maitrisée

Plutôt originale, l’architecture de la JBL Cove P1 peut se définir comme 3.0.1. Les basses sont assurées par un woofer de 105 mm placé en position frontale, woofer associé à deux radiateurs passifs (d’environ 105 mm eux-aussi) intégrés sur les flancs. En façade, un tweeter de 20 mm, fonctionnant comme une sorte de voie centrale. Les deux côtés latéraux abritent chacun un plus large tweeter de 30 mm, tweeters couvrant à priori une plus large gamme de fréquences que le modèle de 20 mm. Enfin, le haut-parleur vertical est lui-aussi un modèle à dôme de 30 mm. Le tout est propulsé par une amplification annoncée à 120 W RMS (mesure à un taux de distorsion de 1%), pour une réponse en fréquences de 50 Hz – 20 kHz (-6 dB).

A l’écoute, et nous ne sommes pas surpris, force est de constater que JBL démontre une fois de plus sa maitrise du sujet du traitement sonore, acoustique comme électronique. La Cove P1 n’est pas une merveille de qualité Hifi à la manière de Kef LS50, mais elle distille un savant mélange d’équilibre et de technicité, le tout enrobé d’une puissance très confortable.

Architecture de la JBL Cove P1 (ici dans une version acrylique). Nous pouvons distinguer le woofer de 105 mm (à gauche), un des deux radiateurs passifs, le petit tweeter frontal de 20 mm, et l'un des tweeters de 30 mm © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Les basses, notamment, ne présentent pas d’exagération ni de bosses, ce qui ferait paraitre la Cove P1 plus énergique qu’elle ne l’est déjà. Le montage acoustique donne un résultat plus que satisfaisant, avec une extension très prononcée, mais surtout une excellente vivacité dans ce registre. En d’autres termes, elle délivre des basses amples mais assez percutantes.

L’équilibre est également assez net dans les médiums, registre qui peut perturber en raison de cette topologie 3.0.1. Mais, selon nous, le tweeter central permet justement de mieux projeter l’écoute, de ne pas la disperser dans une représentation qui serait un peu flou. La transition médiums-aigus est toutefois le seul léger point noir, point noir sans doute imputable à cette architecture. Ici, les sons tranchants ont tendance à manquer d’un peu de technicité, notamment sur les pistes déjà chargées.

Arme secrète du produit, un haut-parleur Atmos © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Légèrement en retrait en départ, puis légèrement scintillants, les aigus restent l’un des aspects les mieux gérés de la JBL Cove P1, qui parvient selon nous à faire mieux que Sonos sur ce domaine. On retrouve en effet une meilleure linéarité que, par exemple, sur les Era 300, ces dernières ayant un peu plus de tenue dans les haut-médiums. La Cove P1 est un produit qui n’est pas parfait, mais qui distille un son agréable en pratiquement toutes circonstances, polyvalent et riche, avec une dynamique impressionnante. En effet, pas la peine de pousser le volume dans ces retranchements pour entendre les petits détails d’un morceau, ni isoler les instruments les uns des autres.

A l’inverse, la représentation stéréo reste très relative. La largeur très réduite du produit ne permet pas de donner une véritable ampleur, une séparation très marquée entre la droite et la gauche.

Le haut-parleur vertical se fond très bien dans l'interface de contrôle tactile © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Notre test de la dimension Atmos s’est malheureusement révélé assez superficielle, l’obligation de passer par des pistes vraiment dédiées restant un frein. En l’état, l’idée est assez intéressante, puisque la marque conserve là-aussi une certaine cohérence. L’effet de verticalité n’est pas immense, mais il participe à l’ampleur générale, il parvient assez bien à profiter de l’aération offerte par ce type de mixage. Pour les adeptes de l’écoute spatiale, en particulier avec un appairage stéréo, nul doute que l’achat d’une telle configuration soit justifié.

À qui s'adresse vraiment la JBL Cove P1

Cette enceinte moderne s'adresse à :

  • Les amoureux de son détaillé et équilibré
  • Ceux qui désirent la meilleure enceinte connectée transportable
  • Les allergiques au principe d'écosystème fermé

À l'inverse, les utilisateurs déjà bien dotés en matériel Sonos ne trouveront pas ici un produit suffisamment révolutionnaire, ni un écosystème encore assez riche, pour passer chez la concurrence.

JBL Cove P1 : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
9 / 10

La JBL Cove P1 n’est pas une enceinte irréprochable, mais qui fait exactement ce que nous attendons d’un produit moderne de cette catégorie de prix. La marque, tout en prenant bien en main l’utilisateur, est particulièrement exigeante en matière de son.

La Cove P1 est à ce titre un produit équilibré et puissant, technique et efficace. Si les propositions sont un peu différentes, et l’écosystème matériel JBL encore à ses balbutiements, nous tenons là un véritable concurrent pour les produits Sonos. Dommage pour JBL d’imiter son concurrent sur le terrain de la connectique, inexistante, et de ne pas proposer la fonction qui lui donnerait un avantage incontestable.  

Les plus
  • Son équilibré et riche, bonne ampleur
  • Bonne puissance sonore, basses maitrisées
  • Connectivité avancée
  • Expérience utilisateur intuitive
  • Qualité de fabrication et IP56
Les moins
  • Légère imprécision dans les haut-médiums
  • Connectique spartiate
  • Pas de virtualisation Atmos
Sous-notes
Construction
8
Connectivité/connectique
8
Ergonomie/fonction
8
Qualité sonore
9