C’est presque devenu une tradition : chaque fin d’été, Google rafraîchit sa famille de smartphones Pixel. Celle-ci tient une place un peu spéciale dans le monde de la téléphonie, puisqu’elle fait office de « plateforme de référence pour Android ».
Chaque nouvelle génération de Pixel propose une version « pure » de l’OS de Google, sans bloatware ni surcouche. Le Pixel 11 Pro Fold a la lourde tâche d’être une sorte d’étalon en matière de smartphones pliants, une référence de ce que Google propose de mieux.

Cette année, les changements sont loin d’être anecdotiques : le nouveau processeur Tensor G6 abandonne un cœur en route et recule sur les benchmarks. La batterie rétrécit. La chambre à vapeur disparaît. Le capteur photo du module principal grandit notablement. Mis bout à bout, ces choix dessinent un appareil très différent de son prédécesseur sous une apparence rigoureusement identique.
Très bien, mais est-ce que le Pixel 11 Pro Fold vaut les 1 999€ demandés en version 256 Go ? Un possesseur de Pixel 10 Pro Fold a-t-il la moindre raison de repasser à la caisse (spoiler : non) ? On a vécu pendant deux semaines avec le nouveau venu afin de l’analyser. Et l’expérience fut intéressante…
- Ecrans réussis
- Pliure quasi imperceptible
- Qualité photo (module principal)
- Sept ans de mises à jour
- Charge sans fil Qi 2.2 à 25W
- Fort bridage thermique
- IA amputée en France
- L’ultra grand-angle et le téléobjectif stagnent
- La charge filaire plafonnée à 30W
- Prix très élevé (et en hausse)
Design : on prend (presque) le même et on recommence
Posez le Pixel 11 Pro Fold à côté de son prédécesseur et essayez de trouver des différences : vous risquez d’y passer un sacré bout de temps… Google n’a pas touché à la silhouette de son pliant : 155,2 mm de hauteur et 150,4 mm de largeur une fois déplié, les deux appareils sont rigoureusement identiques au dixième de millimètre près
La caméra dorsale prend toujours la forme d’une barre, un peu moins longue toutefois, et le flash a changé de place. Si vous attendiez du nouveau à la façon du Z Fold8 de Samsung, vous resterez sur votre faim.
Pour percevoir le changement, il faut prendre le 11 Pro Fold en main : il pèse désormais 239 grammes contre 258g pour son prédécesseur, soit 19g de moins. Remarquons au passage un excès d’enthousiasme du fabricant qui annonce un allègement de près de 10% : il est en fait de 7,4%.
Avec une épaisseur une fois replié de 10,1 mm, il s’affine de 0,7 mm tandis qu’il mesure 5 mm tout rond lorsqu’il est déployé. Sur un objet que l’on manipule à deux mains et que l’on garde longtemps ouvert, ces deux détails ne sont pas anodins. Il reste néanmoins un poids lourd face à un smartphone classique et ne se laisse pas facilement oublier au fond d’une poche ou d’un sac à main.
Le dos abandonne le verre Gorilla Glass Victus 2 mat du Pixel 10 Pro Fold au profit d’un composite mat à finition satinée, tandis que le verre de protection de l’écran externe passe à une vitrocéramique maison. Le cadre est en aluminium de qualité aérospatiale, la charnière en acier multi-alliage à ultra-haute résistance.
L’un dans l’autre, Google revendique un appareil trois fois plus résistant que la génération précédente. La certification IP68 est toujours de la partie. Reste que le composite ne procure pas tout à fait la sensation de fraîcheur et de densité du verre sous les doigts. Certains y verront un recul, mais nous ne faisons pas partie de ces gens qui le regrettent, car nous recourons systématiquement à une coque de protection.
La seule nouveauté visible tient dans la barre photo, légèrement redessinée, et dans l’ajout de HiLight. Derrière ce nom se cache un système de LED colorées disposé autour du flash qui s’anime dans certaines conditions lorsque l’appareil est posé face contre table. Pour l’instant, Google n’a prévu que deux usages.
Lorsqu’un des contacts favoris appelle par téléphone ou WhatsApp, HiLight déclenche une pulsation reprenant une couleur pré-attribuée par l’utilisateur. L’autre usage concerne Gemini, qui clignote discrètement selon son état (écoute, réflexion ou réponse). C’est malin et bien exécuté, mais cela reste au niveau de l’anecdote pour la majorité des utilisateurs.
Mention spéciale, enfin, aux bordures d’écran, les plus fines jamais vues sur un pliant Google. L’écran externe gagne au passage un dixième de pouce, à 6,5 pouces (16,5 cm de diagonale), ce qui le rend un peu plus confortable à l’usage d’une main, même si son ratio très allongé continue de le réserver aux consultations rapides.
On le voit, il n’y a rien de révolutionnaire dans le design de ce nouveau Fold. Ce n’est certainement pas lui qui convaincra un possesseur de Pixel 10 Pro Fold de repasser à la caisse. Pour les autres, l’appareil est mieux fini, mieux protégé et plus agréable à tenir ouvert : ces trois arguments ne se voient pas sur la fiche technique, et ils sont pourtant réels.
Écrans : un pli discret pour deux belles dalles
A priori, pas de révolution côté écran. Comme vu précédemment, la dalle OLED externe passe de 6,4 à 6,5 pouces et affiche 1 080 points par 2 342. Elle adopte un format 19,5:9 légèrement moins étiré que les 20:9 de l’an dernier et sa protection est assurée par une feuille de vitrocéramique qui remplace le Gorilla Glass Victus 2 du 10 Pro Fold
Sa fréquence de rafraîchissement varie entre 1 et 120 Hz (celle du Pixel 10 Fold ne descendait pas en dessous de 60 Hz). Cela devrait avoir un impact bénéfique sur sa consommation énergétique.
L’écran pliant conserve ses 8 pouces et affiche 2 076 x 2 152 points (20,3 cm). Le verre ultrafin qui le recouvre a été épaissi afin d’atténuer la marque du pliage.
Sur nos deux semaines de test, le résultat est convaincant : reste à voir si la pliure ne s’accentuera pas après quelques mois d’utilisation quotidienne. Quoi qu’il en soit, elle se fait totalement oublier en utilisation. On ne la perçoit que lorsque l’écran est éteint ou si on le regarde « en biais ». Elle reste encore perceptible au doigt si l’on y prête attention. En utilisation courante, on l’oublie sans autre forme de procès.
Google annonce une luminosité maximale de 3 600 nits en pic sur les deux écrans, soit 20% de mieux que la génération précédente. Cette valeur a un délicieux petit goût de marketing puisqu’elle n’est atteignable que sur 5% maxi de la surface d’affichage.
Si l’on cherche dans les petits caractères de la fiche technique, on voit que le pic maxi HDR sur la totalité de la dalle peut atteindre 2 400 nits. La lisibilité en extérieur est excellente sur les deux écrans, y compris en plein soleil, ce qui reste une performance sur un format pliant.
Pour le reste, les deux dalles gèrent 16 millions de couleurs sur 24 bits. Le contraste annoncé dépasse les 2 000 000:1 sur l’écran externe, contre 1 500 000:1 sur l’écran interne. La différence est logique, la couche pliante imposant des contraintes optiques plus fortes. La colorimétrie par défaut accuse un léger boost des couleurs afin de rendre l’image plus flatteuse à l’œil. Cela peut être corrigé en choisissant le mode « Naturel » dans les réglages.
Deux dalles sans reproche, donc, et un pli qui se fait oublier. Sur ce terrain-là, Google n’a plus rien à prouver. On n’attend plus que la disparition des poinçons hébergeant les caméras pour parler de perfection.
Performances : moins de cœurs, mais plus d’IA
Le Pixel 11 Pro Fold est construit autour du Tensor G6, le dernier SoC en date de Google. Notre exemplaire de test est épaulé par 12 Go de mémoire vive et dispose de 256 Go de stockage interne, non extensible. Il est décliné en versions 512 Go et 1 To, cette fois accompagné de 16 Go de RAM. Le Tensor G6 fait table rase de l’architecture à huit cœurs des modèles précédents pour n’en conserver que sept. Ce choix étonnant a une justification ainsi qu’un impact direct sur les performances
Moins de puissance en apparence
Le Pixel 11 Pro Fold obtient ainsi 1 193 492 points au benchmark AnTuTu, qui évalue la puissance globale de l’appareil. C’est environ 20% de moins que le Pixel 10 Pro Fold de l’an dernier, qui disposait il est vrai de 16 Go de RAM là où le nôtre n’en a que 12.
GeekBench 6 le crédite de 5 757 points en fonctionnement multi-cœur et 2 617 points en mono-cœur. Le premier chiffre recule de 6% par rapport à la génération précédente, mais le second, lui, progresse de 14%. C’est ce dernier qui importe le plus au quotidien puisqu’il mesure la réactivité, l’ouverture des applications et la fluidité de la navigation.
Enfin, Wild Life Extreme de 3DMark Mobile le crédite de 3 398 points, soit quasiment le même score que son prédécesseur (progression marginale de 4%). Avec une fréquence d’affichage moyenne de 20 images/s, il reste loin des performances des flagships du moment (5 881 points et 35 im/s pour le Galaxy Z Fold8).
Si ces résultats peuvent sembler étonnants (il est rare que les performances brutes d’un SoC de nouvelle génération régressent), ils résultent de choix délibérés du constructeur. Comme le G5, le Tensor G6 est gravé en 3 nm. La densité des transistors étant égale entre les deux modèles, qu’a fait Google de la place libérée par le retrait d’un cœur ?
Il l’a affectée au TPU (Tensor Processing Unit, soit l’équivalent du processeur neuronal chez Qualcomm) afin de le rendre beaucoup plus puissant. D’après Google, celui-ci dispose d’une puissance de traitement supérieure de 50% à celle du TPU du G5.
Dans les faits, c’est plutôt bien vu. Le multitâche à trois fenêtres sur le grand écran, la navigation ou les allers-retours entre applications s’enchaînent avec une irréprochable fluidité. Bref, le recul de performances mesuré par AnTuTu ne se ressent pas, mais les fonctions d’IA exécutées localement gagnent franchement en rapidité.
Le paradoxe n’en est un qu’en apparence : ni AnTuTu, ni GeekBench, ni 3DMark ne savent évaluer les processeurs neuronaux. Le composant dans lequel Google a précisément investi son budget transistors est le seul que nos outils ne voient pas.
Le TPU fait la différence
On a donc enrichi notre arsenal de tests avec AI benchmark, développé par la très sérieuse École polytechnique fédérale de Zurich. Il évalue directement le processeur neuronal et en tire un indice synthétique unique, dans la même logique qu’AnTuTu pour la puissance générale. Nous l’avons passé sur les deux générations de pliants, configuré pour attaquer le TPU et lui seul, dans des réglages rigoureusement identiques d’un appareil à l’autre
Le Pixel 10 Pro Fold y récolte 864 points. Le Pixel 11 Pro Fold en aligne 1 622, soit 88% de mieux. Là où le processeur reculait, le TPU fait donc presque le double et l’on notera au passage que Google, qui annonçait 50% de gain, sous-vend nettement son produit. Pour une fois qu’un fabricant pèche par modestie, on ne va pas s’en plaindre.
Un thermostat très prudent
Il y a tout de même un « mais ». Et ce « mais », comme toujours sur un pliant, c’est la dissipation thermique. Vous savez comment on est : on ne résiste pas à torturer les produits que nous testons. On a donc balancé une charge lourde et continue.
Le Pixel 11 Pro Fold démarre en fanfare à près de 98 700 MIPS et tient ce régime une trentaine de secondes avant de décrocher. Puis les performances ne s’effondrent pas d’un coup… Mais oscillent ! Google les laisse remonter quatre fois, de moins en moins haut à chaque tentative. Au bout de trois minutes, elles convergent vers un plancher stable à 50% de la puissance nominale. Elles n’en bougeront plus sur toute la fin du test (la variation ne dépasse pas trois points).
Est-ce problématique ? Pas vraiment. Sur un cycle AnTuTu complet, la température augmente à peine de 4°C alors qu’un flagship traditionnel se prend facilement 10°C en plus. Le bridage imposé par Google n’est pas subi, mais préventif : Google empêche son SoC de chauffer plutôt que de jouer les pompiers a posteriori.
Il a pour cela une bonne raison : la chambre à vapeur présente sur les Pixel 11 Pro et Pro XL est ici absente. Dans un châssis de 5 mm d’épaisseur une fois déplié, il n’y a tout simplement pas la place de la caser. Sur un pliant, le dégagement de chaleur n’a pas que des conséquences sur le silicium. Le verre ultrafin et la charnière ont des caractéristiques techniques difficiles à préserver.
Google assume donc de sacrifier tôt une partie de la puissance pour protéger l’appareil et le confort de celui qui le tient à deux mains, tout en ralentissant le vieillissement dû à la surchauffe. Frustrant sur le papier, ce compromis se défend sans mal une fois l’appareil en main. En revanche, le TPU semble épargné : notre indice AI benchmark, obtenu sur un test long, ne montre aucun signe de faiblesse. Google a manifestement choisi ce qu’il fallait protéger.
On retiendra que le Pixel 11 Pro Fold est brillant sur les efforts courts, plus prudent sur la longueur et redoutable dès qu’il s’agit d’IA locale. Ce n’est certes pas la bête de course qu’on pourrait espérer à ce prix, mais personne n’investit 1 999€ dans un pliant de 5 mm d’épaisseur pour enchaîner des heures de gaming.
Logiciel : Android 17 tout nu et une IA à géométrie variable
Google oblige, le Pixel 11 Pro Fold tourne sous Android 17 sans la moindre surcouche et bénéficie de sept ans de mises à jour de l’OS, de correctifs de sécurité et de Pixel Drops. En clair, l’appareil sera encore à jour en 2033
L’interface, elle, n’a rien de spectaculaire. On y retrouve des lacunes que Google s’entête à ne pas corriger (le tiroir d’applications obligatoire, la désinstallation d’applis fastidieuse, etc.). Tout l’effort de Google porte cette année sur l’IA, rebaptisée pour l’occasion « Gemini Intelligence ». Très bien, mais c’est en fait un peu plus complexe que cela.
Ce qui fonctionne chez nous…
Commençons par ce qui est effectivement disponible en France et que nous avons pu tester sur notre exemplaire. Circle to Search s’invite désormais dans l’application appareil photo : on pointe l’objectif vers un objet, on maintient la barre de navigation, et l’on interroge le Web sur ce que l’on a sous les yeux
La traduction instantanée double les vidéos et podcasts à la volée en français. Rambler, la nouvelle dictée vocale du clavier Google (Gboard), ne transcrit plus mot à mot. Elle reformule vos hésitations en texte propre, ponctuation et listes comprises. Jusqu’ici, tout va bien.
… Et ce qui reste bloqué
Les choses se gâtent quand on cherche les fonctions IA les plus novatrices, absentes pour une raison ou une autre. Prenez, par exemple, l’Assistance proactive (une analyse contextuelle de ce qui s’affiche à l’écran pour anticiper les besoins) pour l’instant réservée aux États-Unis, au Canada, en Australie, au Japon, en Inde, à Singapour et en Malaisie. Une variante baptisée Magic Cue est proposée au Royaume-Uni et en Irlande.
Dans la même veine, les automatisations Gemini dans les conversations (réservation d’un restaurant ou commande de courses depuis une discussion) sont pour l’instant limitées aux États-Unis. Quant à la transcription instantanée en langue des signes, elle exige un clavier configuré en anglais américain ou canadien et ne reconnaît que l’ASL. La langue des signes française n’est pas au programme.
Le premier réflexe est de coller cela sur le dos de l’UE et de ses réglementations. La réalité est plus nuancée. L’Irlande est un pays de l’UE et elle dispose de Magic Cue. Le règlement sur les marchés numériques n’explique donc pas tout, loin de là.
Ce qui bloque relève plus souvent de la langue et du calendrier de déploiement : Google lance ses fonctions les plus sensibles sur les marchés anglophones, les affine, puis les étend. Pour le non-anglophone, la distinction est théorique : il paie le prix fort pour des fonctions dont il ne bénéficiera au mieux que dans quelques mois.
Le TPU à l’épreuve de la Gomme magique
Autre sujet de perplexité : à quoi sert vraiment le processeur neuronal, ce fameux TPU qui a coûté un cœur au Tensor G6 ? Une partie des fonctions IA tourne bel et bien en local, sans connexion et sans que vos données quittent l’appareil. C’est le cas de la transcription et du résumé de l’Enregistreur, du traitement photo computationnel, et d’une bonne part de Gemini Nano.
Mais nous avons voulu vérifier cela sur la Gomme magique, l’outil qui efface un passant d’un cliché, et l’expérience mérite le détour. Nous avons retouché la même photo deux fois, une fois connectés, une fois en mode avion.
Connecté, le groupe de personnes disparaît sans laisser de trace : le dallage, la rambarde et la devanture sont reconstruits de manière convaincante. En mode avion, le résultat s’effondre. Une tache grise s’étale là où se tenaient les sujets, et des silhouettes fantômes subsistent sur l’esplanade.
L’explication tient en une phrase : la Gomme magique fonctionne par défaut avec l’IA en ligne, soit avec un modèle génératif XXXL. Hors ligne, elle se rabat sur un modèle embarqué, incomparablement plus léger. Il excelle sur de petites retouches, mais rend les armes dès que cela devient un tant soit peu complexe.
D’un point de vue technique, il n’y a rien de scandaleux. Ce qui l’est davantage, c’est l’absence du moindre indice signalant ce brutal changement de braquet. Sur un appareil vendu comme le champion du traitement local, la nuance aurait mérité d’être affichée…
La batterie rétrécit tandis que la charge patine
Le Pixel 11 Pro Fold embarque une batterie Li-ion de 4 806 mAh, contre 5 015 mAh l’an dernier, soit 4% de capacité en moins. Google annonce très sobrement une autonomie théorique de « plus de 24 heures », alors qu’elle était de « plus de 30 heures » sur le Pixel 10 Pro Fold. Rogner 4% de batterie pour gagner 0,7 mm d’épaisseur, passe encore. Mais raboter du même coup sa promesse d’autonomie de 20% fait partie des choses que l’on voit rarement.
Et pourtant, ça marche ! Nous n’avons pas constaté de baisse d’autonomie par rapport au Pixel 10 Pro Fold. En utilisation traditionnelle, c’est-à-dire consultation d’e-mails, navigation Web, réseaux sociaux, 90 minutes de streaming vidéo, quelques photos et un peu de vidéo, on passe facilement la journée. En se bornant à l’utilisation de l’écran externe et en activant les options d’économie d’énergie, on tient presque deux jours. En mode geek, qui incorpore une utilisation intensive de l’écran pliant, du jeu, du streaming vidéo et tous les plaisirs simples de la vie numérique, nous avons tenu tout de même de 8h00 à 22h30, soit une journée complète.
Ces résultats empiriques laissent penser que les 20% d’efficacité énergétique revendiqués pour le Tensor G6 ne sont pas qu’un argument marketing, puisqu’ils compensent largement les 4% de capacité perdus. Google n’a pas dégradé l’autonomie de son pliant : il a simplement cessé de la surestimer dans ses communiqués (ce qui n’est déjà pas si mal !). Reste une question presque philosophique : préfère-t-on un smartphone plus fin dont l’autonomie stagne, ou un modèle un poil plus épais qui aurait converti tout le gain d’efficacité du Tensor G6 en heures d’autonomie supplémentaires ? Nous optons sans hésiter pour la seconde option.
Quoi qu’il en soit, cette course à la finesse ne va pas durer encore bien longtemps : le port USB-C étant désormais obligatoire dans un smartphone, il impose une épaisseur minimale. Un connecteur USB-C fait très exactement 2,56 mm de haut. Ajoutez à cela la coque métallique de la prise femelle et l’on passe à 3,2 mm. Comptez trois à quatre dixièmes de millimètre de chaque côté pour caser un châssis et un écran et l’on se rapproche de 4 mm. À ce jour, le Honor Magic V6 a atteint les 4 mm fatidiques tandis que le Galaxy Z Fold8 Ultra et son châssis de 4,1 mm tutoient cette limite.
Une charge filaire à la traîne
Rien de nouveau en matière de recharge filaire, limitée à 30 watts. D’après nos mesures, le smartphone retrouve entre 50 et 56% de sa capacité en 30 minutes, à condition d’avoir le-chargeur-rapide-qui-va-bien. La charge par induction sauve l’honneur puisque le Pixel 11 Pro Fold est compatible Qi 2.2. Avec le chargeur Pixelsnap, il monte donc à 25W (contre 15W pour le Pixel 10 Pro Fold). Faute d’en avoir un à disposition, on ne pourra pas vous donner le temps de charge réel.
L’autonomie du Pixel 11 Pro Fold n’augmente pas par rapport à celle de son prédécesseur, mais elle ne baisse pas non plus. Google a préféré produire un appareil un peu plus léger et un peu plus fin plutôt que de conserver les dimensions du modèle précédent. En conservant la batterie de l’an dernier, on aurait pu bénéficier d’un peu plus d’autonomie, voire bien davantage en adoptant une batterie silicium-carbone. C’est ce que fait Honor qui loge 6 660 mAh dans un Magic V6 pourtant plus fin d’un millimètre. Comme quoi, certains choix ergonomiques se paient parfois au prix fort.
Photographie : le module principal vaut le détour
La caméra dorsale du Pixel 11 Pro Fold est composée de 3 modules :
- Principal : capteur 48 mégapixels (taille 1/1,56″) ; objectif ouvrant à f/1,7 ; champ de 85° ; stabilisation optique et électronique ;
- Ultra grand-angle : capteur 10,5 Mpx (taille 1/3,4″) ; objectif ouvrant à f/2,2 ; champ de 127° ; autofocus et mise au point macro ;
- Téléobjectif : capteur 10,8 Mpx (1/3,2″) ; objectif ouvrant à f/3,1 ; champ de 23° ; zoom optique 5x ; stabilisation optique.
L’appareil dispose de deux caméras frontales (une par écran). Elles embarquent un capteur de 10 Mpx et un objectif ouvrant à f/2,2 (champ de 87°). Elles font honnêtement le boulot pour la visioconférence et les selfies de circonstance, sans jamais impressionner. Mieux vaut déplier le smartphone et se photographier avec les modules dorsaux, l’écran externe servant de viseur. La qualité n’a alors plus rien à voir.
Google n’a pas réinventé la roue pour le Pixel 11 Pro Fold et s’inspire très largement de ce qui était proposé sur le modèle précédent. Seule différence de taille, le capteur du module principal passe de 1/2″ à 1/1,56″ (+ 65% de surface). Le fabricant annonce d’ailleurs 56% de sensibilité à la lumière supplémentaire, et le champ s’élargit au passage de 82 à 85°. La seule optique qui progresse est celle qui prend l’écrasante majorité de vos photos.
En plein jour, le résultat est à la hauteur de ce que l’on attend d’un Pixel. Les images ont un bon piqué, la colorimétrie reste fidèle avec un léger appui sur les contrastes et la gestion des scènes à fort écart de luminosité est exemplaire.
Un ciel chargé conserve sa matière sans que les zones d’ombre ne s’effondrent. L’ultra grand-angle mérite une mention particulière : les déformations restent parfaitement maîtrisées sur les bords, y compris sur les personnages placés dans les coins, ce qui n’est pas si courant.
Le zoom réserve une bonne surprise. Jusqu’à 10x, le niveau de détail est très bon, l’IA faisant un travail remarquable pour reconstituer ce que l’optique ne capte pas. Au-delà et jusqu’à 30x, valeur maximale disponible (contre 20x pour le Pixel 10 Pro Fold), la perte se fait sentir sans être dramatique en plein jour.
De nuit, les résultats sont très corrects. Le nouveau capteur du module principal signe une incontestable montée en qualité d’image. Le bruit numérique s’invite discrètement dans les zones sombres, puis prend ses aises au fur et à mesure que l’on pousse le zoom. Au-dessus de 10x, la perte de détail devient de plus en plus flagrante. À partir de 20x, il faut une grosse dose d’indulgence ou apprécier le rendu façon « aquarelle » pour s’extasier devant le résultat.
Le mode Portrait s’en tire plutôt bien, y compris là où on ne l’attend pas. Sur les natures mortes, exercice autrement plus retors qu’un visage, le détourage tient la route. Soumis à notre redoutable test de la « Porte Lescot », le Pixel 11 Pro Fold ne fait pas un sans-faute, mais produit tout de même une image regardable sans nous faire saigner les yeux. Sur ce point, il fait aussi bien, voire un peu mieux, que les flagships du moment.
Le Pixel 11 Pro Fold n’est pas révolutionnaire, mais globalement très honorable. Si le module principal donne entière satisfaction avec son nouveau capteur, on aurait apprécié une refonte de l’ultra grand-angle et du téléobjectif, notamment en faible luminosité. La faute en incombe à des capteurs de petite taille et vieillissants, inchangés depuis plusieurs générations, qui montrent leurs limites dès que la lumière baisse. Encore un effort…
Google Pixel 11 Pro Fold : l’avis de Clubic
Avec le Pixel 11 Pro Fold, Google savait exactement ce qu'il voulait. Il l'a fait et il a accepté d'en payer le prix (dans tous les sens du terme).
Ses deux écrans sont superbes, lumineux, et le pli central se fait oublier en usage courant. Son processeur neuronal fait presque le double de son prédécesseur, ce qui place l'IA embarquée à un niveau que peu de concurrents atteignent. Son nouveau module photo principal remet la partie photographique à niveau. Il est plus fin et plus léger que l'an dernier sans avoir perdu une minute d'autonomie.
Tout n’est pas rose pour autant. La recharge filaire stagne à 30 watts quand un Honor Magic V6 encaisse 80W. Le SoC perd la moitié de sa puissance passé la première minute de charge lourde, faute d’embarquer une chambre à vapeur comme les autres Pixel 11. L'ultra grand-angle et le téléobjectif traînent des capteurs inchangés depuis plusieurs générations. Et même s’ils ne sont pas mauvais, ils commencent à accuser leur âge. Et surtout, les fonctions IA les plus séduisantes ne sont pas disponibles en France. Ça la fout mal pour un smartphone précisément vendu pour cela.
Faut-il craquer ? Si vous possédez un Pixel 10 Pro Fold, très clairement non : gardez-le encore au moins un an, voire deux (après tout, il bénéficie de sept ans de mises à jour, pourquoi ne pas en profiter ?). Si vous cherchez un pliant équilibré, agréable à vivre et suivi pendant sept ans, le Pixel 11 Pro Fold reste une excellente pioche à 1 999€, malgré un prix en augmentation de 100€. Mais si l'autonomie, la recharge et la puissance brute figurent en tête de votre liste, allez plutôt voir du côté du Honor Magic V6, qui fait mieux sur ces trois points… tout en étant bien moins cher !
- Ecrans réussis
- Pliure quasi imperceptible
- Qualité photo (module principal)
- Sept ans de mises à jour
- Charge sans fil Qi 2.2 à 25W
- Fort bridage thermique
- IA amputée en France
- L’ultra grand-angle et le téléobjectif stagnent
- La charge filaire plafonnée à 30W
- Prix très élevé (et en hausse)
Fiche technique Google Pixel 11 Pro Fold
Résumé
| Mémoire interne | 256 Go, 512 Go, 1 To |
| Mémoire vive (RAM) | 12 Go, 16 Go |
| Capacité de la batterie | 4806 mAh |
| Charge rapide | Oui |
| Définition du / des capteur(s) arrière | 10 Mpx ; 10 Mpx ; 48 Mpx + 10,5 Mpx + 10,8 Mpx |
Caractéristiques techniques
| Système d'exploitation | Android |
| Version du système d'exploitation | 17 |
| Surcouche Android | non |
| Assistant vocal | Gemini |
Affichage écran interne
| Taille de l'écran | 8 pouces |
| Type d'écran | LPTO OLED |
| Définition de l'écran | 2076 x 2152 pixels |
| Taux de rafraîchissement | 120Hz |
| Densité de pixels | 374 ppp |
| Écran HDR | Oui |
Affichage écran externe
| Taille de l'écran | 6.5 pouces |
| Type d'écran | LPTO OLD |
| Définition de l'écran | 1080 x 2342 pixels |
| Taux de rafraîchissement | 120Hz |
| Écran HDR | Oui |
Mémoire
| Mémoire interne | 256 Go, 512 Go, 1 To |
| Stockage extensible | Non |
Performance
| Processeur | Tensor G6 |
| Finesse de gravure | 3nm |
| Nombre de cœurs CPU | 7 |
| Fréquence CPU | 4.1GHz |
| Mémoire vive (RAM) | 12 Go, 16 Go |
Batterie
| Capacité de la batterie | 4806 mAh |
| Batterie amovible | Non |
| Recharge sans-fil | Oui |
| Charge rapide | Oui |
| Puissance de la charge rapide | 35W |
Appareil Photo
| Nombre de caméras (avant & arrière) | 1 ; 1 ; 3 |
| Définition du / des capteur(s) arrière | 10 Mpx ; 10 Mpx ; 48 Mpx + 10,5 Mpx + 10,8 Mpx |
| Définition du / des capteur(s) avant | 10 Mpx ; 10 Mpx |
| Enregistrement vidéo | 4K 60 i/s maxi |
| Stabilisateur caméra | Optique et Numérique |
| Flash Frontal | Non |
| Ouverture objectif photo arrières | f/1.7 ; f/3,1 ; f/2,2 |
| Ouverture objectif photo frontaux | f/2,2 ; f/2,2 |
| Zoom Optique | 5x |
Réseau
| Carte(s) SIM compatible(s) | Nano-SIM, eSIM |
| Nombre total eSIM | 2 |
| Compatible double SIM | Oui |
| Compatible 5G | Oui |
| Compatible VoLTE | Oui |
Connectivité
| Wi-Fi | Wifi 7 |
| Bluetooth | 6 |
| NFC | Oui |
| GPS | Oui |
| Infrarouge | Non |
| Satellite | Oui |
Equipement
| Type de connecteur | USB-C 3.2 |
| Lecteur biométrique à empreinte digitale | Oui |
| Capteur de reconnaissance faciale | Reconnaissance faciale 3D |
| Accéléromètre | Oui |
| Gyroscope | Oui |
| Capteur de lumière ambiante | Oui |
| Prise Jack | Non |
| Nombre de haut-parleurs | 2 |
Caractéristiques physiques
| Hauteur (Ouvert) | 155.2mm |
| Hauteur (Plié) | 155.2mm |
| Largeur (Ouvert) | 150.4mm |
| Largeur (Plié) | 76mm |
| Epaisseur (Ouvert) | 5mm |
| Epaisseur (Plié) | 10.1m |
| Poids | 239g |
| Certification IP | IP68 |
| Indice de réparabilité | NC |
Débit d’Absorption Spécifique (DAS)
| DAS tête | NC |
| DAS tronc | NC |
| DAS membres | NC |
Les alternatives au Google Pixel 11 Pro Fold :
- Nouveau format passeport
- Qualité des écrans, pliure quasi invisible
- Puissance brute
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