Sept générations de pliants Samsung, sept rendez-vous manqués : je n'ai jamais réussi à aimer un Fold ou un Flip au quotidien. Puis j'ai passé 24 heures avec le Galaxy Z Fold8 et son nouveau format « passeport ». Et pour la première fois, je crois que je vais avoir du mal à le rendre.

Je n'ai jamais réussi à aimer les smartphones pliables. Pourtant, j'ai vraiment essayé. Depuis le tout premier Galaxy Fold, chaque nouvelle génération de Fold et de Flip relance en moi une petite étincelle d'intérêt. Il faut dire qu'ils sont sexy, avec leurs charnières de plus en plus abouties, leurs angles saillants, leur épaisseur toujours plus contenue et leurs écrans géants une fois dépliés. Mais rien n'y fait : le format carré du Flip comme le rectangle trop étroit du Fold restent, pour moi, inutilisables au quotidien lorsqu'ils sont fermés. Cette année, il se pourrait bien que je change d'avis.

Merci qui ? Merci Apple
Il aura quand même fallu attendre qu'Apple se décide enfin à lancer un smartphone pliable pour que Samsung se risque à concevoir un nouveau format. Et pas besoin de leak pour connaître le gabarit choisi par Cupertino : c'est le constructeur coréen qui lui fournira ses écrans. Le vrai adversaire du futur iPhone pliant, c'est ce Galaxy Z Fold8. Ah, et attention hein : le Fold8, ce n'est pas le successeur du Fold7. Le successeur du Fold7, c'est le Fold8 Ultra, qui conserve le format « livre » de toute la lignée précédente. Vous suivez toujours ?
Ni Flip, ni Fold : ce que j'attendais depuis sept ans
Le principal problème que je rencontrais avec les formats Fold et Flip historiques, c'est donc leur utilisation en mode plié. Sur le Flip, l'écran frontal permet tout juste de consulter ses notifications dans de bonnes conditions. Sur le Fold, la largeur ultra réduite rend très compliqué l'usage du clavier virtuel pour écrire le moindre message, du moins pour les knacki qui me servent de doigts.
Dépliés, le Flip retrouve des proportions normales, et le Fold se transforme en tablette carrée. Une tablette carrée, c'est top pour faire de l'Excel, scroller un site web ou des documents. Mais pour regarder une vidéo sur Youtube, c'est naze : la moitié de l'écran part en immenses bandes noires de part et d'autre de l'image. Ce dont j'ai besoin, moi, c'est d'un smartphone à mi-chemin entre le Flip et le Fold : parfaitement utilisable plié, et capable de sublimer une vidéo 16:9 une fois déplié.
C'est très exactement la promesse de ce format passeport. Fermé, le Galaxy Fold8 offre un écran externe de 5,5 pouces au ratio 10:16 : un « vrai » smartphone, compact certes, mais sur lequel je tape mes messages normalement, sans contorsion digitale. Une première sur un Fold, en ce qui me concerne. Déplié, il révèle une dalle de 7,6 pouces au format 4:3 orienté paysage, taillée pour la vidéo : l'image y respire enfin. Et cerise sur la charnière : le pli central, renforcé par la nouvelle structure Flex Titanium (un film et une plaque en alliage de titane glissés sous la dalle), est invisible écran allumé.
Après 24 heures avec le Fold8, j'ai l'impression que la formule est enfin la bonne pour moi.
Dimensions et fiche technique
Le Fold8 affiche 123,9 x 81,9 x 9,7 mm plié, et 123,9 x 161,4 x 4,5 mm une fois déplié, pour 201 grammes. C'est tout simplement le Fold le plus léger jamais produit par Samsung, quand le Fold7 et le nouveau Fold8 Ultra pointent à 215 g.
- Écran externe : Dynamic AMOLED 2X de 5,5 pouces, ratio 10:16, 120 Hz
- Écran interne : Dynamic AMOLED 2X de 7,6 pouces, ratio 4:3, 120 Hz
- Processeur : Snapdragon 8 Elite Gen 5
- RAM : 12 Go (16 Go sur la version 1 To)
- Stockage : 256 Go, 512 Go ou 1 To
- Photo : capteur principal 50 MP (f/1,8) + ultra-grand-angle 50 MP (f/1,9), pas de téléobjectif ; deux capteurs selfie de 10 MP (un par écran)
- Batterie : 4 800 mAh avec chimie silicium-carbone (une première chez Samsung), charge filaire 45 W, sans fil 15 W
- Structure d'écran Flex Titanium, dos en Gorilla Glass Victus 2
- Prix et disponibilité : à partir de 1 999 € en 256 Go, disponible début août 2026
Les compromis face au Fold8 Ultra
À 1 999 €, le Fold8 coûte 200 € de moins que le Fold8 Ultra (2 199 €), et Samsung assume une segmentation limpide : au petit nouveau la consommation de contenus, à l'Ultra la productivité. Ce dernier conserve le format livre avec un écran interne de 8 pouces, un externe de 6,5 pouces, une finesse record de 4,1 mm déplié et une batterie de 5 000 mAh.
Mais le vrai compromis, après 24 heures, est ailleurs : c'est la photo. Là où l'Ultra aligne un capteur principal de 200 MP, un ultra-grand-angle de 50 MP et un téléobjectif x3, le Fold8 se contente de son duo de capteurs 50 MP, sans le moindre zoom optique. Il faudra donc composer avec un zoom 100 % numérique, et sur mes premières images, c'est clairement le poste qui me laisse le plus sur ma faim. Pour un smartphone à 2 000 €, c'est le prix à payer pour ce format et probablement l'argument principal que Samsung gardera sous le coude pour vous vendre l'Ultra.
Rendez-vous dans deux semaines
Vous l'aurez compris : en 24 heures, ce Fold8 a réussi ce que sept générations de pliants n'avaient jamais provoqué chez moi. Je n'ai pas eu l'impression de faire des concessions pour le plaisir d'avoir un écran qui se plie : plié, c'est un smartphone que j'utilise normalement ; déplié, c'est le meilleur écran de poche que j'aie jamais eu pour regarder une série dans le train. Reste que 24 heures, ce n'est pas un test. L'autonomie sur la durée, l'endurance de la charnière, la partie photo passée au crible, One UI au quotidien : Marc planche déjà sur le test complet du Galaxy Z Fold8, à retrouver sur Clubic d'ici une à deux semaines.