Honor a déjà dévoilé son Magic V6 en Chine et l’a brièvement présenté au MWC en mars. Il arrive enfin en Europe et sur le papier, c’est le pliant de tous les superlatifs : le plus fin (4 mm déplié), la plus grosse batterie jamais vue dans un pliant au format livre (6 660 mAh), un Snapdragon 8 Elite Gen 5 dernier cri. Sur le papier seulement ?

Le Magic V6 utiisé déplié © Marc Mitrani pour Clubic
Le Magic V6 utiisé déplié © Marc Mitrani pour Clubic

Depuis deux ou trois générations, les pliants au format livre ont cessé d’être des curiosités fragiles pour devenir de vrais produits, parfois meilleurs que les flagships classiques. Le Magic V5 nous avait déjà impressionnés et son successeur ne change pas radicalement la formule : il l’affine, au sens propre, en annonçant un châssis de 4 mm une fois déplié. Le constructeur y loge surtout un SoC Snapdragon 8 Elite Gen 5, 16 Go de RAM, 512 Go de stockage et une batterie géante.

Le tout pour la coquette somme de 2 299,90 €, soit environ 300 € de plus que le Magic V5 à son lancement. À ce tarif, la question n’est plus « est-ce un bon téléphone ? », mais « justifie-t-il l’écart avec un excellent flagship classique à moitié prix ? ». Nous avons passé trois semaines avec lui en usage quotidien pour tenter d’y répondre. Spoiler : il y a au moins une bizarrerie technique qui mérite qu’on s’y attarde.

Les plus
  • Excellents écrans
  • Qualité photo
  • Autonomie et vitesse de charge
  • Construction (IP68 / IP69 ; finesse inédite)
  • MagicOS 10 + Magic AI
  • Intégration vers Apple
Les moins
  • Prix presque dissuasif
  • Gestion thermique entraînant un bridage
  • Pas de chargeur fourni

Un exercice de funambulisme réussi

La première fois qu’on déplie le Magic V6, on ne peut s’empêcher d’être surpris. 4,1 mm, c’est son épaisseur une fois déplié. Le modèle blanc descend à 4,0 mm grâce à un revêtement dorsal plus compact. Le V6 a donc l’épaisseur d’une pile bouton et on pense instinctivement que l’objet est fragile

Le V6 replié fait 9 mm d'épaisseur (8,75 mm pour la version blanche) © Marc Mitrani pour Clubic
Le V6 replié fait 9 mm d'épaisseur (8,75 mm pour la version blanche) © Marc Mitrani pour Clubic

Ce n’est pas vraiment le cas, comme on va le voir. Plié, notre exemplaire rouge mesure 9 mm et pèse 224 grammes — la version blanche, légèrement plus fine, descend même à 8,75 mm pour 219 grammes. Dans les deux cas, on retrouve le gabarit d’un smartphone classique un peu généreux, sans le moindre espace vide au niveau de la charnière. C’est d’ailleurs cette version blanche qu’Honor met en avant pour revendiquer le titre de « plus fin pliant du monde » — une affirmation qui tient la route.

4 mm déplié : qui dit moins ? © Marc Mitrani pour Clubic

Au passage, on se demande jusqu’où cette course à la minceur pourra aller. À première vue, on s’approche d’une limite physique avec ces fameux 4 mm… Le connecteur USB-C fait 3 mm de haut. Une fois retirées les tolérances de fabrication et la coque arrière, on voit mal comment descendre plus bas en conservant un connecteur physique (souvenez-vous du jack audio…) Honor a manifestement calé son design sur cette contrainte. Sera-t-il le premier constructeur à se débarrasser de l’USB-C ? Difficile de l’imaginer, notamment dans l’UE où il est devenu obligatoire !

La matière recouvrant le dos de notre exemplaire de test est agréable au toucher © Marc Mitrani pour Clubic

Pour le reste, la filiation avec le Magic V5 saute aux yeux. Même design, même caméra dorsale circulaire « orbitale », mêmes finitions soignées. La principale évolution visible, c’est justement l’épaisseur du bloc photographique, sensiblement moins épais que celui du V5. Notre exemplaire de test était d’un magnifique rouge, habillé d’un revêtement en velours synthétique baptisé engineered velvet.

Après trois semaines d’usage quotidien, la matière est agréable au toucher et tient la route. Nous n’avons noté aucune usure prématurée sur notre exemplaire. Honor a la délicatesse de fournir une demi-coque qui reprend l’apparence de la matière de la face arrière et intègre une béquille encerclant la caméra dorsale.

La coque fournit fait aussi office de support © Marc Mitrani pour Clubic
© Marc Mitrani pour Clubic

L’ensemble n’épaissit et n’alourdit l’appareil que de façon imperceptible. On ne peut qu’applaudir cette attention, la concurrence laissant trop souvent l’acheteur d’un pliant à 2 300 € repasser à la caisse pour protéger son investissement (coucou Samsung).

Côté robustesse, Honor met le paquet, et c’est tout sauf cosmétique sur un pliant. Le Magic V6 obtient une double certification IP68 et IP69, une première sur ce format, ce qui le rend résistant à l’immersion et aux jets d’eau à haute pression. Le Pixel 10 Pro Fold de Google avait ouvert la voie il y a quelques mois avec l’IP68 ; Honor complète avec l’IP69. Ce niveau ajoute une résistance aux jets d’eau chaude à haute pression : si vous vouliez nettoyer votre smartphone au Karcher, il devrait survivre (ou presque).

© Marc Mitrani pour Clubic

La charnière est annoncée pour 500 000 cycles de pliage selon une certification SGS, et le cadre fait appel à un acier maison baptisé HONOR Super Steel d’une résistance de 2 800 MPa. En clair, c’est du très solide et le pliant perd sa réputation de porcelaine fine à manier avec précaution. Certes, l’écran pliant n’est pas encore au niveau des verres ultrarésistants équipant les écrans des smartphones traditionnels, mais on s’en rapproche petit à petit.

Deux écrans, zéro reproche

L’écran externe est une dalle OLED de 6,52 pouces affichant 2420 x 1080 pixels tandis que l’écran interne a une diagonale de 7,95 ’’ (2352 x 2172 pixels). Tous deux ont une fréquence de rafraîchissement variable pouvant atteindre 120 Hz et disposent des technologies Honor censées réduire la fatigue oculaire

La luminosité maxi en pic HDR est forcément impressionnante (sinon elle ne serait pas mentionnée !) : 6000 nits sur l’écran externe, 5000 nits sur la dalle pliante. On rappelle que ce sont des valeurs extrêmes, affichées sur de petites portions de l’écran dans des conditions bien précises. Dans les faits, la lisibilité en plein soleil ne nous a jamais posé problème. Honor a par ailleurs soigné le traitement de la dalle interne et cela se voit : les reflets parasites sont nettement atténués, ce qui contribue beaucoup au confort en extérieur.

La pliure est quasiment invisible © Marc Mitrani pour Clubic

Reste la douloureuse question de la pliure de la dalle, qui focalise toute l’attention, surtout depuis que la rumeur dit que la Pomme commercialiserait son premier iPhone pliant dépourvu de pliure en 2026 ou en 2027. Ou en 2028 ? On ne sait plus, surtout si le constructeur suit le même schéma d’annonces que pour Apple Intelligence…

Quoi qu’il en soit, l’atténuation de la fameuse pliure est l’un des progrès les plus remarquables du V6 par rapport au V5. Honor revendique une profondeur de pli réduite de 44 % par rapport au Magic V5, grâce à un nouveau verre ultra-fin renforcé.

Le Magic V6 plié © Marc Mitrani pour Clubic

Après trois semaines d’usage, le pli central de l’écran interne reste très discret. On le devine en passant le bout du doigt dessus, mais il ne gêne pas en utilisation quotidienne. Le pli n’a peut-être pas totalement disparu, mais on s’en approche, et le progrès par rapport au Magic V5 est net.

Malgré sa finesse, le Magic V6 reste compatible avec un stylet optionnel (re-coucou Samsung), et ce, sur les deux écrans. C’est suffisamment rare sur un appareil aussi mince pour être souligné !

Performances : un Snapdragon bridé qui vous veut du bien

Le Magic V6 s’appuie sur le SoC Snapdragon 8 Elite Gen 5 que l’on retrouve cette année dans la plupart des flagships Android, ici dans sa configuration complète à 8 cœurs (2 cœurs Oryon V3 jusqu’à 4,6 GHz et 6 cœurs jusqu’à 3,62 GHz), épaulé par un GPU Adreno 840. Notre exemplaire embarque 16 Go de RAM et 512 Go de stockage, la seule combinaison prévue pour la France. Sur le papier, c’est ce qui se fait de plus puissant côté Android aujourd’hui

Un bridage assumé

Afin d’éviter de faire fondre le smartphone en usage intensif, les p’tits gars d’Honor ont pris une décision pour le moins inhabituelle… Par défaut, le SoC est bridé, mais pas n’importe comment. En mode Équilibré, celui activé par défaut, le Magic V6 ne délivre qu’environ la moitié de la puissance CPU dont il est capable

Pour libérer le plein potentiel du Snapdragon, il faut basculer manuellement dans le mode Performances. Nous avons donc systématiquement mené nos relevés dans les deux modes, et l’écart est saisissant.

Antutu mode performances © Marc Mitrani pour Clubic
Geekbench en mode équilibré © Marc Mitrani pour Clubic
3D Mark en mode performances © Marc Mitrani pour Clubic

En mode Performances, écran déplié, l’appareil obtient un score multicœur de 9 411 points et un score monocœur de 3 045 points sous Geekbench 6. Il grimpe à 2 604 506 points sous AnTuTu, qui évalue la puissance globale du système. Enfin, il décroche 6 288 points au test Wild Life Extreme de 3DMark, qui sollicite spécifiquement la partie graphique. Des chiffres de très bon niveau, parfaitement cohérents avec ce qu’on attend du SoC le plus rapide du moment.

Le mode Équilibré offre des performances moindres : 5 055 points en multicœur et 1 377 points en monocœur sous Geekbench, soit grosso modo la moitié. AnTuTu tombe à 1 869 922 points, soit au niveau d’un produit milieu de gamme. Par défaut, le smartphone que vous achetez ne tourne pas à la vitesse pour laquelle vous avez payé.

Antutu en mode équilibré © Marc Mitrani pour Clubic
Geekbench en mode équilibré© Marc Mitrani pour Clubic
3D Mark en mode équilibré © Marc Mitrani pour Clubic

C’est un choix que l’on devine motivé par la gestion de la chaleur et de l’autonomie sur un châssis aussi fin. Il faut reconnaître qu’en usage courant (navigation, réseaux sociaux, vidéo, multitâche, etc) on ne perçoit aucune lenteur en mode Équilibré. La puissance disponible reste largement supérieure aux besoins quotidiens. Cela reste à notre avis une limitation à connaître à ce niveau de prix.

C’est plié pour les performances ?

Tant qu’on y était, on s’est intéressé aux performances du V6 plié contre déplié. Instinctivement, on aurait pu croire qu’elles seraient très différentes vu la dissipation thermique en jeu. Raté : elles restent quasi identiques. En mode Performances l’écart entre les deux positions reste sous les 6 % sur les tests CPU courts (9 766 contre 9 411 en multicœur, au léger avantage du plié), ce qui est dans la marge de variation normale d’un benchmark.

© Marc Mitrani pour Clubic
© Marc Mitrani pour Clubic

Autrement dit, utiliser le V6 plié ou déplié ne change quasiment rien à la puissance brute disponible sur une utilisation courte. Sur une utilisation longue, c’est une autre histoire…

Pour évaluer la tenue en charge prolongée, nous avons soumis l’appareil au CPU Throttling Test sur des sessions de 30 minutes, en repartant à chaque fois d’un châssis refroidi. Trois relevés : un en mode Équilibré écran déplié, et deux en mode Performances, écran déplié puis plié.

© Marc Mitrani pour Clubic

Premier enseignement : en mode Performances, le verdict est sans appel. Le Snapdragon 8 Elite Gen 5 chauffe énormément dans ce châssis de 4 mm. La température interne grimpe jusqu’à 99 °C (ce n’est pas un bug de l’app, c’est la valeur vraiment relevée !), ce que montre la courbe de performances en dents de scie violentes avec des pics vers 90 % et des descentes abruptes à 25 % de la puissance nominale.

C’est la signature d’un throttling thermique pur. Faute de pouvoir évacuer la chaleur, le SoC est contraint de freiner brutalement, encore et encore. Avec l’écran déplié, l’appareil ne retient que 41 % de sa puissance de pointe et à peine 27 % replié. La finesse record du Magic V6 a donc bel et bien un réel coût thermique.

Le mode bridé a tout compris

Ce comportement n’est visible que si l’on force manuellement le mode Performances. En mode Équilibré, celui par défaut, le tableau est bien différent. Le SoC est plafonné d’emblée à environ 72 % de son pic théorique, la température reste sage (à peine plus de 30 °C), et la courbe affiche un plateau parfaitement lisse, sans le moindre soubresaut. Honor ne laisse tout simplement jamais le SoC monter assez haut pour chauffer.

Throttling en mode "performance" smartphone déplié © Marc Mitrani pour Clubic
Throttling en mode "équilibré", smartphone déplié © Marc Mitrani pour Clubic
Throttling en mode "performance", smartphone plié © Marc Mitrani pour Clubic

Étonnamment, le mode Équilibré délivre une meilleure performance soutenue que le mode Performances. Nos relevés sont formels. Avant de détailler nos résultats, nous tenons à présenter nos excuses à nos lecteurs n’aimant pas mettre les mains dans le cambouis. Ils peuvent sauter le prochain paragraphe.

En mode Équilibré, la puissance moyenne sur 30 minutes s’établit à 361 057 GIPS (Giga Instructions per second, valeur technique servant à la comparaison des performances) avec un plancher à 327 889 GIPS. En mode Performances déplié, malgré un pic plus élevé, la moyenne tombe à 308 421 GIPS et le plancher s’effondre à 150 509 GIPS — soit moitié moins.

Autrement dit, le mode Performances n’offre qu’une puissance de pointe instantanée, intenable dans la durée, tandis que le mode Équilibré, lui, tient un rythme régulier et globalement plus élevé. Pour une charge prolongée — un gros export vidéo, une longue session de jeu —, mieux vaut paradoxalement laisser l’appareil en mode Équilibré. C’est sûrement pour cela qu’il est activé par défaut.

Cela change radicalement la lecture du bridage imposé par le mode Équilibré. Ce qui pouvait passer pour une frustration (un téléphone à 2 300 € qui ne tourne pas à pleine vitesse par défaut) se révèle en réalité un choix d’ingénierie défendable, voire malin.

Honor a calé son réglage par défaut sur le point d’équilibre où le SoC reste frais, stable et performant dans la durée. Le comportement « avion de chasse » est réservé à ceux qui en font la demande explicite et qui assument ses inconvénients (surchauffe, et donc risque d’usure prématurée). Sur un châssis aussi mince, c’est sans doute la décision la plus sage.

Plus rapide déplié ou plié ?

Reste un dernier point, plus subtil (les allergiques au cambouis peuvent directement passer à la dernière phrase du prochain paragraphe, avec une fois de plus nos excuses les plus plates). À mode égal (Performances, en l’occurrence), nous avons mesuré un écart entre les deux positions : replié, le V6 tient une meilleure performance soutenue (moyenne de 349 317 GIPS, plancher à 168 092) que déplié (308 421 et 150 509 GIPS)

Le Magic V6 utilisé plié © Marc Mitrani pour Clubic

L’explication tient à la physique : une fois repliées, les deux moitiés du châssis se superposent et concentrent davantage de masse métallique au-dessus du processeur, ce qui aide à absorber et diffuser la chaleur. Déplié, le SoC ne bénéficie plus que d’un seul panneau pour dissiper, tandis que l’immense dalle interne, allumée, ajoute sa propre charge thermique. Contrairement à l’intuition, ce n’est pas en grand écran que le Magic V6 est le plus à l’aise thermiquement, mais bien lorsqu’il est replié.

Autonomie XXL et charge rapide

Le Magic V6 embarque une batterie de 6 660 mAh en technologie silicium-carbone, soit la plus grosse jamais intégrée dans un pliant de ce format vendu en UE. Le Magic V5 se contentait de 5 820 mAh

Deux jours loin de la prise

En utilisation normale (un mix de messagerie, navigation, photos, un peu de streaming vidéo et de la bureautique sur le grand écran), le V6 tient sans difficulté une journée et demie, voire deux si l’on ne le déplie pas à tout bout de champ

En mode geek, où l’on abuse des bonnes choses de la vie numérique (il y en a), nous avons tenu un bon 9h-20h en regardant des vidéos, en prenant des photos et bien sûr en jouant. Dans un cas comme dans l’autre, nous avons maintenu le V6 en mode « équilibré ».

Recharge : rapide, mais sans chargeur

Côté recharge, le Magic V6 accepte 80 W en filaire et 66 W en sans-fil, avec en prime la recharge inversée filaire et sans-fil. Comme d’habitude, aucun chargeur n’est fourni dans la boîte et il faudra acquérir le-modèle-qui-va-bien sur le site d’Honor pour bénéficier d’une charge vraiment rapide

Avec un bloc 80 W compatible, il faut compter 31 minutes pour atteindre 70 % et 58 minutes pour un plein complet. Notons que la vitesse de charge est quasiment identique que le V6 soit plié ou déplié, même s’il suggère de le déplier pour optimiser le processus.

Enfin, MagicOS propose un arsenal complet d’options de préservation de la capacité : plafonnement de la charge à 70, 80 ou 90 %, ou encore charge intelligente qui se débrouille pour se terminer juste avant votre réveil (grâce à l’IA, évidemment).

MagicOS 10 : de l’IA et des Pommes

Le Magic V6 est équipé d’Android 16 et de la surcouche maison MagicOS 10. Avant d’aller plus loin, précisons que le constructeur promet sept ans de mises à jour Android et de sécurité. Plutôt sécurisant pour un tel investissement

Un hommage très appuyé

MagicOS 10 rend un « hommage appuyé » à l’interface d’iOS et va jusqu’à pomper même ce que les fanboys de l’iPhone détestent (notamment la nouvelle transparence de l’interface). On aime ou on n’aime pas, mais force est de constater que l’ensemble est fluide, cohérent et surtout très personnalisable.

© Marc Mitrani pour Clubic
© Marc Mitrani pour Clubic
© Marc Mitrani pour Clubic
© Marc Mitrani pour Clubic

La surcouche exploite intelligemment le grand écran avec un multitâche bien pensé, et la gestion des fenêtres flottantes est l’une des plus abouties du marché. Honor continue de miser gros sur l’IA avec Magic AI et l’intégration d’agents plus poussés : actions inter-applications, assistant de réunion et suggestions contextuelles s’appuyant sur l’IA personnelle embarquée de Qualcomm.

Souvenirs IA permet de regrouper facilement ce que l'on croise d'intéressant lors de nos explorations numériques © Marc Mitrani pour Clubic

Celle-ci présente dans un dossier interactif un ensemble d’applications utiles en fonction de l’heure, du lieu et des activités pratiquées. Elle nécessite une phase d’apprentissage de quelques jours afin de mieux connaître les habitudes de l’utilisateur. Pourquoi pas.

Magic Portal permet d'invoquer les application les plus aptes à traiter l'information affichée à l'écran © Marc Mitrani pour Clubic

Lors de ce test, toutes les fonctions annoncées n’étaient pas encore disponibles. De ce que nous avons pu constater, l’IA selon Honor est utile, bien intégrée en évitant le piège du « tout-gadget ». Elle est complétée par l’inévitable assistant Gemini de Google et par ses fonctions liées à l’IA, avec trois mois de Google AI Pro offerts à l’achat (Gemini Live, génération vidéo Veo 3.1, NotebookLM et 5 To de stockage cloud).

Le grand écart avec l’écosystème Apple

Le Magic V6 brille enfin par sa connectivité avec l’écosystème Apple, un argument intéressant pour qui possède un Mac ou un iPhone. Au menu, partage de notifications, extension d’écran du Mac, accès aux fichiers, transfert rapide via HONOR OneTap, voire édition de documents iWork

© Marc Mitrani pour Clubic
© Marc Mitrani pour Clubic
© Marc Mitrani pour Clubic

Honor prend même en charge nativement les AirPods et peut partager des notifications avec une Apple Watch. Nous sommes curieux de voir combien de temps la firme de Cupertino va tolérer cela…

Photographie : on prend le même et on recommence

La caméra dorsale du Honor Magic V6 est composée de 3 modules :

  • Principal : capteur 50 Mpx ; objectif ouvrant à f/1,6 ; stabilisation optique
  • Téléobjectif périscopique : capteur 64 Mpx (1/2 ’’); objectif ouvrant à f/2,5 ; zoom optique 3x ; stabilisation optique
  • Ultra grand-angle : capteur 50 Mpx ; objectif ouvrant à f/2,2 ; fait aussi office de macro
La caméra dorsale du Magic V6 ressemble beaucoup à celle du V5 © Marc Mitrani pour Clubic

La caméra frontale est quant à elle constituée d’un capteur de 20 Mpx ouvrant à f/2,2, présent à l’identique sur les deux écrans (interne et externe). Liquidons tout de suite son cas : elle produit des images d’une honnête qualité en bonne luminosité, un peu moins recommandables lorsqu’elle est moins forte.

Chaque écran dispose de sa caméra frontale © Marc Mitrani pour Clubic

La caméra dorsale est un copié-collé presque parfait de celle du Magic V5. Ce n’est pas un reproche, celle-ci étant de bonne qualité et - pour une fois - on ne va pas s’attarder sur le sujet. Honor se targue de proposer « le meilleur téléphoto sur un pliant » et justifie cela en rappelant qu’il utilise pour cela un capteur 64 Mpx 1/2" ainsi qu’un objectif périscopique associé à une stabilisation certifiée CIPA 6.5.

Extérieur, module principal © Marc Mitrani pour Clubic
Macrophotographie © Marc Mitrani pour Clubic
Intérieur, éclairage correct © Marc Mitrani pour Clubic

Un téléobjectif qui voit loin

En bonne luminosité, les images produites sont détaillées et la colorimétrie s’avère fidèle. Le zoom 3x optique constitue le vrai point fort, prolongé par des zooms hybrides convaincants jusqu’à 6x, voire 10x dans des conditions favorables

Le flou d'arrière-plan artificiel est très convaincant © Marc Mitrani pour Clubic

Au-delà, la qualité se dégrade rapidement. Les images restent exploitables à 20x, voire 30x avec une certaine dose d’indulgence. Au-dessus, et jusqu’à 100x (limite supérieure accessible), il faut avoir la foi du charbonnier pour s’extasier devant le résultat.

Ultra grand angle © Marc Mitrani pour Clubic
Module principal © Marc Mitrani pour Clubic
Zoom 2x © Marc Mitrani pour Clubic
Zoom 3x © Marc Mitrani pour Clubic
Zoom 6x © Marc Mitrani pour Clubic
Zoom 10x © Marc Mitrani pour Clubic
Zoom 20x © Marc Mitrani pour Clubic
Zoom 50x © Marc Mitrani pour Clubic
Zoom 100x © Marc Mitrani pour Clubic

L’IA aide indéniablement à récupérer des détails en basse lumière et à équilibrer les scènes complexes. Emportée par son enthousiasme, elle peut avoir la main un peu lourde dans certains cas en lissant un peu trop artificiellement la scène. Rien de rédhibitoire, mais les amateurs de rendu naturel garderont un œil sur les réglages.

La nuit, avec modération

En basse luminosité ou de nuit, les images restent tout à fait correctes, à condition de ne pas abuser du zoom hybride, plafonné à 15x en mode nocturne. On constate parfois la présence de fourmillements sur les à-plats sombres : pas de quoi se faire saigner les yeux, mais mieux vaut garder l’info en mémoire

Faible luminosité, intérieur © Marc Mitrani pour Clubic
Très faible luminosité, intérieur © Marc Mitrani pour Clubic
Clair obscur, intérieur © Marc Mitrani pour Clubic

Le mode portrait toujours co-conçu avec le Studio Harcourt Paris fait du bon boulot sur les visages et produit des résultats convaincants sur les natures mortes. La macrophotographie s’avère elle aussi très correcte.

Honor Magic V6 : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
9 / 10

Le Magic V6 de Honor est le pliant le plus fin du marché et doté de la plus grosse batterie de sa catégorie. Elle lui confère une autonomie dépassant la journée et demie d’utilisation et se recharge très rapidement (si l’on investit dans le bloc d’alimentation recommandé).

Ses écrans sont de très haut niveau et la pliure se fait de plus en plus discrète. Détail qui peut avoir son importance : les deux dalles supportent l’utilisation d’un stylet optionnel. Samsung, qui a renoncé à cette possibilité sur le Fold 7, devrait en prendre de la graine…

Le Magic V6 est conforme aux normes d’étanchéité IP68/IP69, une première pour un pliant. Même si elle n’évolue quasiment pas par rapport au Magic V5, la caméra dorsale reste impressionnante et dispose d’un téléobjectif très réussi. La partie logicielle, enfin, continue son évolution et intègre de nouvelles fonctions IA pertinentes. Honor s’engage à fournir les nouvelles versions de l’OS et les mises à jour de sécurité pendant sept ans.

Serait-il donc le smartphone pliant parfait ? Pas tout à fait. Sa grande finesse a nécessité l’implémentation d’un mode « équilibré » qui bride le SoC. Celui-ci, habilement conçu, masque le problème de la surchauffe sans toutefois impacter les performances lors d’une longue utilisation. Certes, le mode « Performance » permet d’obtenir une puissance maximale, mais pas sur le long terme. On ne peut pas tout avoir.

Le plus gros défaut du Magic V6 reste sans aucun doute son prix. Disponible en France en une seule configuration (16 Go + 512 Go), il est vendu 2 299,90 €. Cela fait une sacrée somme, même si le constructeur propose des offres de lancement pour le moins intéressantes (bon de réduction de 600 euros, projecteur vidéo et casque audio offerts, 24 mois de protection écran offerts).

Reste que si l’on cherche aujourd’hui le pliant le plus complet et le plus abouti, le Honor Magic V6 est un candidat très sérieux, à condition d’accepter un investissement financier très élevé.

Les plus
  • Excellents écrans
  • Qualité photo
  • Autonomie et vitesse de charge
  • Construction (IP68 / IP69 ; finesse inédite)
  • MagicOS 10 + Magic AI
  • Intégration vers Apple
Les moins
  • Prix presque dissuasif
  • Gestion thermique entraînant un bridage
  • Pas de chargeur fourni
Sous-notes
Logiciel & IA
9
Ecran
10
Performances
9
Autonomie & charge
9
Design & construction
10
Photo
9

Fiche technique Honor Magic V6

Résumé
Mémoire interne512 Go
Mémoire vive (RAM)16 Go
Capacité de la batterie660 mAh
Charge rapideOui
Définition du / des capteur(s) arrière50 Mpx ; 64 Mpx ; 50 Mpx
Caractéristiques techniques
Système d'exploitationAndroid
Version du système d'exploitation16
Surcouche AndroidMagicOS 10
Assistant vocalGemini
Affichage écran interne
Taille de l'écran7.95 pouces
Type d'écranOLED pliant
Définition de l'écran2352 x 2172 px
Taux de rafraîchissement120Hz
Écran HDROui
Affichage écran externe
Taille de l'écran6.52 pouces
Type d'écranOLED
Définition de l'écran2420 x 1080 px
Taux de rafraîchissement120Hz
Écran HDROui
Mémoire
Mémoire interne512 Go
Stockage extensibleNon
Performance
ProcesseurSnapdragon 8 Elite Gen 5
Nombre de cœurs CPU8
Fréquence CPU4.6GHz
Mémoire vive (RAM)16 Go
Batterie
Capacité de la batterie660 mAh
Batterie amovibleNon
Recharge sans-filOui
Charge rapideOui
Puissance de la charge rapide80W
Appareil Photo
Nombre de caméras (avant & arrière)1 + 1 + 3
Définition du / des capteur(s) arrière50 Mpx ; 64 Mpx ; 50 Mpx
Définition du / des capteur(s) avant20 Mpx ; 20 Mpx
Enregistrement vidéo4K 60 i/s maxi
Stabilisateur caméraOptique et Numérique
Flash arrièreDual-LED
Flash FrontalNon
Ouverture objectif photo arrièresf/1.6 ; f/2.5 ; f/2.2
Ouverture objectif photo frontauxf/2.2 ; f/2.2
Zoom Optique3x
Réseau
Carte(s) SIM compatible(s)Nano-SIM, eSIM
Nombre total eSIM2
Compatible double SIMOui
Compatible 5GOui
Compatible VoLTEOui
Connectivité
Wi-Fi7
Bluetooth6
NFCOui
GPSOui
InfrarougeNon
Equipement
Type de connecteurUSB Type-C 3.1
Lecteur biométrique à empreinte digitaleOui
Capteur de reconnaissance facialeReconnaissance faciale 2D
AccéléromètreOui
GyroscopeOui
Capteur de lumière ambianteOui
Prise JackNon
Nombre de haut-parleurs2
Caractéristiques physiques
Hauteur (Ouvert)156.7mm
Largeur (Ouvert)145.6mm
Largeur (Plié)74.5mm
Epaisseur (Ouvert)4mm
Epaisseur (Plié)8.75mm
Poids219g
Certification IPIP68 ; IP69
Indice de réparabilitéNC
Débit d’Absorption Spécifique (DAS)
DAS tête0,99 W/kg
DAS tronc1,29 W/kg
DAS membres2,99 W/kg