Honor a déjà dévoilé son Magic V6 en Chine et l’a brièvement présenté au MWC en mars. Il arrive enfin en Europe et sur le papier, c’est le pliant de tous les superlatifs : le plus fin (4 mm déplié), la plus grosse batterie jamais vue dans un pliant au format livre (6 660 mAh), un Snapdragon 8 Elite Gen 5 dernier cri. Sur le papier seulement ?

Depuis deux ou trois générations, les pliants au format livre ont cessé d’être des curiosités fragiles pour devenir de vrais produits, parfois meilleurs que les flagships classiques. Le Magic V5 nous avait déjà impressionnés et son successeur ne change pas radicalement la formule : il l’affine, au sens propre, en annonçant un châssis de 4 mm une fois déplié. Le constructeur y loge surtout un SoC Snapdragon 8 Elite Gen 5, 16 Go de RAM, 512 Go de stockage et une batterie géante.
Le tout pour la coquette somme de 2 299,90 €, soit environ 300 € de plus que le Magic V5 à son lancement. À ce tarif, la question n’est plus « est-ce un bon téléphone ? », mais « justifie-t-il l’écart avec un excellent flagship classique à moitié prix ? ». Nous avons passé trois semaines avec lui en usage quotidien pour tenter d’y répondre. Spoiler : il y a au moins une bizarrerie technique qui mérite qu’on s’y attarde.

Aucune offre disponible, découvrez :
- Excellents écrans
- Qualité photo
- Autonomie et vitesse de charge
- Construction (IP68 / IP69 ; finesse inédite)
- MagicOS 10 + Magic AI
- Intégration vers Apple
- Prix presque dissuasif
- Gestion thermique entraînant un bridage
- Pas de chargeur fourni
Un exercice de funambulisme réussi
La première fois qu’on déplie le Magic V6, on ne peut s’empêcher d’être surpris. 4,1 mm, c’est son épaisseur une fois déplié. Le modèle blanc descend à 4,0 mm grâce à un revêtement dorsal plus compact. Le V6 a donc l’épaisseur d’une pile bouton et on pense instinctivement que l’objet est fragile

Ce n’est pas vraiment le cas, comme on va le voir. Plié, notre exemplaire rouge mesure 9 mm et pèse 224 grammes — la version blanche, légèrement plus fine, descend même à 8,75 mm pour 219 grammes. Dans les deux cas, on retrouve le gabarit d’un smartphone classique un peu généreux, sans le moindre espace vide au niveau de la charnière. C’est d’ailleurs cette version blanche qu’Honor met en avant pour revendiquer le titre de « plus fin pliant du monde » — une affirmation qui tient la route.
Au passage, on se demande jusqu’où cette course à la minceur pourra aller. À première vue, on s’approche d’une limite physique avec ces fameux 4 mm… Le connecteur USB-C fait 3 mm de haut. Une fois retirées les tolérances de fabrication et la coque arrière, on voit mal comment descendre plus bas en conservant un connecteur physique (souvenez-vous du jack audio…) Honor a manifestement calé son design sur cette contrainte. Sera-t-il le premier constructeur à se débarrasser de l’USB-C ? Difficile de l’imaginer, notamment dans l’UE où il est devenu obligatoire !
Pour le reste, la filiation avec le Magic V5 saute aux yeux. Même design, même caméra dorsale circulaire « orbitale », mêmes finitions soignées. La principale évolution visible, c’est justement l’épaisseur du bloc photographique, sensiblement moins épais que celui du V5. Notre exemplaire de test était d’un magnifique rouge, habillé d’un revêtement en velours synthétique baptisé engineered velvet.
Après trois semaines d’usage quotidien, la matière est agréable au toucher et tient la route. Nous n’avons noté aucune usure prématurée sur notre exemplaire. Honor a la délicatesse de fournir une demi-coque qui reprend l’apparence de la matière de la face arrière et intègre une béquille encerclant la caméra dorsale.
L’ensemble n’épaissit et n’alourdit l’appareil que de façon imperceptible. On ne peut qu’applaudir cette attention, la concurrence laissant trop souvent l’acheteur d’un pliant à 2 300 € repasser à la caisse pour protéger son investissement (coucou Samsung).
Côté robustesse, Honor met le paquet, et c’est tout sauf cosmétique sur un pliant. Le Magic V6 obtient une double certification IP68 et IP69, une première sur ce format, ce qui le rend résistant à l’immersion et aux jets d’eau à haute pression. Le Pixel 10 Pro Fold de Google avait ouvert la voie il y a quelques mois avec l’IP68 ; Honor complète avec l’IP69. Ce niveau ajoute une résistance aux jets d’eau chaude à haute pression : si vous vouliez nettoyer votre smartphone au Karcher, il devrait survivre (ou presque).
La charnière est annoncée pour 500 000 cycles de pliage selon une certification SGS, et le cadre fait appel à un acier maison baptisé HONOR Super Steel d’une résistance de 2 800 MPa. En clair, c’est du très solide et le pliant perd sa réputation de porcelaine fine à manier avec précaution. Certes, l’écran pliant n’est pas encore au niveau des verres ultrarésistants équipant les écrans des smartphones traditionnels, mais on s’en rapproche petit à petit.
Deux écrans, zéro reproche
L’écran externe est une dalle OLED de 6,52 pouces affichant 2420 x 1080 pixels tandis que l’écran interne a une diagonale de 7,95 ’’ (2352 x 2172 pixels). Tous deux ont une fréquence de rafraîchissement variable pouvant atteindre 120 Hz et disposent des technologies Honor censées réduire la fatigue oculaire
La luminosité maxi en pic HDR est forcément impressionnante (sinon elle ne serait pas mentionnée !) : 6000 nits sur l’écran externe, 5000 nits sur la dalle pliante. On rappelle que ce sont des valeurs extrêmes, affichées sur de petites portions de l’écran dans des conditions bien précises. Dans les faits, la lisibilité en plein soleil ne nous a jamais posé problème. Honor a par ailleurs soigné le traitement de la dalle interne et cela se voit : les reflets parasites sont nettement atténués, ce qui contribue beaucoup au confort en extérieur.
Reste la douloureuse question de la pliure de la dalle, qui focalise toute l’attention, surtout depuis que la rumeur dit que la Pomme commercialiserait son premier iPhone pliant dépourvu de pliure en 2026 ou en 2027. Ou en 2028 ? On ne sait plus, surtout si le constructeur suit le même schéma d’annonces que pour Apple Intelligence…
Quoi qu’il en soit, l’atténuation de la fameuse pliure est l’un des progrès les plus remarquables du V6 par rapport au V5. Honor revendique une profondeur de pli réduite de 44 % par rapport au Magic V5, grâce à un nouveau verre ultra-fin renforcé.
Après trois semaines d’usage, le pli central de l’écran interne reste très discret. On le devine en passant le bout du doigt dessus, mais il ne gêne pas en utilisation quotidienne. Le pli n’a peut-être pas totalement disparu, mais on s’en approche, et le progrès par rapport au Magic V5 est net.
Malgré sa finesse, le Magic V6 reste compatible avec un stylet optionnel (re-coucou Samsung), et ce, sur les deux écrans. C’est suffisamment rare sur un appareil aussi mince pour être souligné !
Performances : un Snapdragon bridé qui vous veut du bien
Le Magic V6 s’appuie sur le SoC Snapdragon 8 Elite Gen 5 que l’on retrouve cette année dans la plupart des flagships Android, ici dans sa configuration complète à 8 cœurs (2 cœurs Oryon V3 jusqu’à 4,6 GHz et 6 cœurs jusqu’à 3,62 GHz), épaulé par un GPU Adreno 840. Notre exemplaire embarque 16 Go de RAM et 512 Go de stockage, la seule combinaison prévue pour la France. Sur le papier, c’est ce qui se fait de plus puissant côté Android aujourd’hui
Un bridage assumé
Afin d’éviter de faire fondre le smartphone en usage intensif, les p’tits gars d’Honor ont pris une décision pour le moins inhabituelle… Par défaut, le SoC est bridé, mais pas n’importe comment. En mode Équilibré, celui activé par défaut, le Magic V6 ne délivre qu’environ la moitié de la puissance CPU dont il est capable
Pour libérer le plein potentiel du Snapdragon, il faut basculer manuellement dans le mode Performances. Nous avons donc systématiquement mené nos relevés dans les deux modes, et l’écart est saisissant.
En mode Performances, écran déplié, l’appareil obtient un score multicœur de 9 411 points et un score monocœur de 3 045 points sous Geekbench 6. Il grimpe à 2 604 506 points sous AnTuTu, qui évalue la puissance globale du système. Enfin, il décroche 6 288 points au test Wild Life Extreme de 3DMark, qui sollicite spécifiquement la partie graphique. Des chiffres de très bon niveau, parfaitement cohérents avec ce qu’on attend du SoC le plus rapide du moment.
Le mode Équilibré offre des performances moindres : 5 055 points en multicœur et 1 377 points en monocœur sous Geekbench, soit grosso modo la moitié. AnTuTu tombe à 1 869 922 points, soit au niveau d’un produit milieu de gamme. Par défaut, le smartphone que vous achetez ne tourne pas à la vitesse pour laquelle vous avez payé.
C’est un choix que l’on devine motivé par la gestion de la chaleur et de l’autonomie sur un châssis aussi fin. Il faut reconnaître qu’en usage courant (navigation, réseaux sociaux, vidéo, multitâche, etc) on ne perçoit aucune lenteur en mode Équilibré. La puissance disponible reste largement supérieure aux besoins quotidiens. Cela reste à notre avis une limitation à connaître à ce niveau de prix.
C’est plié pour les performances ?
Tant qu’on y était, on s’est intéressé aux performances du V6 plié contre déplié. Instinctivement, on aurait pu croire qu’elles seraient très différentes vu la dissipation thermique en jeu. Raté : elles restent quasi identiques. En mode Performances l’écart entre les deux positions reste sous les 6 % sur les tests CPU courts (9 766 contre 9 411 en multicœur, au léger avantage du plié), ce qui est dans la marge de variation normale d’un benchmark.
Autrement dit, utiliser le V6 plié ou déplié ne change quasiment rien à la puissance brute disponible sur une utilisation courte. Sur une utilisation longue, c’est une autre histoire…
Pour évaluer la tenue en charge prolongée, nous avons soumis l’appareil au CPU Throttling Test sur des sessions de 30 minutes, en repartant à chaque fois d’un châssis refroidi. Trois relevés : un en mode Équilibré écran déplié, et deux en mode Performances, écran déplié puis plié.
Premier enseignement : en mode Performances, le verdict est sans appel. Le Snapdragon 8 Elite Gen 5 chauffe énormément dans ce châssis de 4 mm. La température interne grimpe jusqu’à 99 °C (ce n’est pas un bug de l’app, c’est la valeur vraiment relevée !), ce que montre la courbe de performances en dents de scie violentes avec des pics vers 90 % et des descentes abruptes à 25 % de la puissance nominale.
C’est la signature d’un throttling thermique pur. Faute de pouvoir évacuer la chaleur, le SoC est contraint de freiner brutalement, encore et encore. Avec l’écran déplié, l’appareil ne retient que 41 % de sa puissance de pointe et à peine 27 % replié. La finesse record du Magic V6 a donc bel et bien un réel coût thermique.
Le mode bridé a tout compris
Ce comportement n’est visible que si l’on force manuellement le mode Performances. En mode Équilibré, celui par défaut, le tableau est bien différent. Le SoC est plafonné d’emblée à environ 72 % de son pic théorique, la température reste sage (à peine plus de 30 °C), et la courbe affiche un plateau parfaitement lisse, sans le moindre soubresaut. Honor ne laisse tout simplement jamais le SoC monter assez haut pour chauffer.
Étonnamment, le mode Équilibré délivre une meilleure performance soutenue que le mode Performances. Nos relevés sont formels. Avant de détailler nos résultats, nous tenons à présenter nos excuses à nos lecteurs n’aimant pas mettre les mains dans le cambouis. Ils peuvent sauter le prochain paragraphe.
En mode Équilibré, la puissance moyenne sur 30 minutes s’établit à 361 057 GIPS (Giga Instructions per second, valeur technique servant à la comparaison des performances) avec un plancher à 327 889 GIPS. En mode Performances déplié, malgré un pic plus élevé, la moyenne tombe à 308 421 GIPS et le plancher s’effondre à 150 509 GIPS — soit moitié moins.
Autrement dit, le mode Performances n’offre qu’une puissance de pointe instantanée, intenable dans la durée, tandis que le mode Équilibré, lui, tient un rythme régulier et globalement plus élevé. Pour une charge prolongée — un gros export vidéo, une longue session de jeu —, mieux vaut paradoxalement laisser l’appareil en mode Équilibré. C’est sûrement pour cela qu’il est activé par défaut.
Cela change radicalement la lecture du bridage imposé par le mode Équilibré. Ce qui pouvait passer pour une frustration (un téléphone à 2 300 € qui ne tourne pas à pleine vitesse par défaut) se révèle en réalité un choix d’ingénierie défendable, voire malin.
Honor a calé son réglage par défaut sur le point d’équilibre où le SoC reste frais, stable et performant dans la durée. Le comportement « avion de chasse » est réservé à ceux qui en font la demande explicite et qui assument ses inconvénients (surchauffe, et donc risque d’usure prématurée). Sur un châssis aussi mince, c’est sans doute la décision la plus sage.
Plus rapide déplié ou plié ?
Reste un dernier point, plus subtil (les allergiques au cambouis peuvent directement passer à la dernière phrase du prochain paragraphe, avec une fois de plus nos excuses les plus plates). À mode égal (Performances, en l’occurrence), nous avons mesuré un écart entre les deux positions : replié, le V6 tient une meilleure performance soutenue (moyenne de 349 317 GIPS, plancher à 168 092) que déplié (308 421 et 150 509 GIPS)
L’explication tient à la physique : une fois repliées, les deux moitiés du châssis se superposent et concentrent davantage de masse métallique au-dessus du processeur, ce qui aide à absorber et diffuser la chaleur. Déplié, le SoC ne bénéficie plus que d’un seul panneau pour dissiper, tandis que l’immense dalle interne, allumée, ajoute sa propre charge thermique. Contrairement à l’intuition, ce n’est pas en grand écran que le Magic V6 est le plus à l’aise thermiquement, mais bien lorsqu’il est replié.
Autonomie XXL et charge rapide
Le Magic V6 embarque une batterie de 6 660 mAh en technologie silicium-carbone, soit la plus grosse jamais intégrée dans un pliant de ce format vendu en UE. Le Magic V5 se contentait de 5 820 mAh
Deux jours loin de la prise
En utilisation normale (un mix de messagerie, navigation, photos, un peu de streaming vidéo et de la bureautique sur le grand écran), le V6 tient sans difficulté une journée et demie, voire deux si l’on ne le déplie pas à tout bout de champ
En mode geek, où l’on abuse des bonnes choses de la vie numérique (il y en a), nous avons tenu un bon 9h-20h en regardant des vidéos, en prenant des photos et bien sûr en jouant. Dans un cas comme dans l’autre, nous avons maintenu le V6 en mode « équilibré ».
Recharge : rapide, mais sans chargeur
Côté recharge, le Magic V6 accepte 80 W en filaire et 66 W en sans-fil, avec en prime la recharge inversée filaire et sans-fil. Comme d’habitude, aucun chargeur n’est fourni dans la boîte et il faudra acquérir le-modèle-qui-va-bien sur le site d’Honor pour bénéficier d’une charge vraiment rapide
Avec un bloc 80 W compatible, il faut compter 31 minutes pour atteindre 70 % et 58 minutes pour un plein complet. Notons que la vitesse de charge est quasiment identique que le V6 soit plié ou déplié, même s’il suggère de le déplier pour optimiser le processus.
Enfin, MagicOS propose un arsenal complet d’options de préservation de la capacité : plafonnement de la charge à 70, 80 ou 90 %, ou encore charge intelligente qui se débrouille pour se terminer juste avant votre réveil (grâce à l’IA, évidemment).
MagicOS 10 : de l’IA et des Pommes
Le Magic V6 est équipé d’Android 16 et de la surcouche maison MagicOS 10. Avant d’aller plus loin, précisons que le constructeur promet sept ans de mises à jour Android et de sécurité. Plutôt sécurisant pour un tel investissement
Un hommage très appuyé
MagicOS 10 rend un « hommage appuyé » à l’interface d’iOS et va jusqu’à pomper même ce que les fanboys de l’iPhone détestent (notamment la nouvelle transparence de l’interface). On aime ou on n’aime pas, mais force est de constater que l’ensemble est fluide, cohérent et surtout très personnalisable.
La surcouche exploite intelligemment le grand écran avec un multitâche bien pensé, et la gestion des fenêtres flottantes est l’une des plus abouties du marché. Honor continue de miser gros sur l’IA avec Magic AI et l’intégration d’agents plus poussés : actions inter-applications, assistant de réunion et suggestions contextuelles s’appuyant sur l’IA personnelle embarquée de Qualcomm.
Celle-ci présente dans un dossier interactif un ensemble d’applications utiles en fonction de l’heure, du lieu et des activités pratiquées. Elle nécessite une phase d’apprentissage de quelques jours afin de mieux connaître les habitudes de l’utilisateur. Pourquoi pas.
Lors de ce test, toutes les fonctions annoncées n’étaient pas encore disponibles. De ce que nous avons pu constater, l’IA selon Honor est utile, bien intégrée en évitant le piège du « tout-gadget ». Elle est complétée par l’inévitable assistant Gemini de Google et par ses fonctions liées à l’IA, avec trois mois de Google AI Pro offerts à l’achat (Gemini Live, génération vidéo Veo 3.1, NotebookLM et 5 To de stockage cloud).
Le grand écart avec l’écosystème Apple
Le Magic V6 brille enfin par sa connectivité avec l’écosystème Apple, un argument intéressant pour qui possède un Mac ou un iPhone. Au menu, partage de notifications, extension d’écran du Mac, accès aux fichiers, transfert rapide via HONOR OneTap, voire édition de documents iWork
Honor prend même en charge nativement les AirPods et peut partager des notifications avec une Apple Watch. Nous sommes curieux de voir combien de temps la firme de Cupertino va tolérer cela…
Photographie : on prend le même et on recommence
La caméra dorsale du Honor Magic V6 est composée de 3 modules :
- Principal : capteur 50 Mpx ; objectif ouvrant à f/1,6 ; stabilisation optique
- Téléobjectif périscopique : capteur 64 Mpx (1/2 ’’); objectif ouvrant à f/2,5 ; zoom optique 3x ; stabilisation optique
- Ultra grand-angle : capteur 50 Mpx ; objectif ouvrant à f/2,2 ; fait aussi office de macro
La caméra frontale est quant à elle constituée d’un capteur de 20 Mpx ouvrant à f/2,2, présent à l’identique sur les deux écrans (interne et externe). Liquidons tout de suite son cas : elle produit des images d’une honnête qualité en bonne luminosité, un peu moins recommandables lorsqu’elle est moins forte.
La caméra dorsale est un copié-collé presque parfait de celle du Magic V5. Ce n’est pas un reproche, celle-ci étant de bonne qualité et - pour une fois - on ne va pas s’attarder sur le sujet. Honor se targue de proposer « le meilleur téléphoto sur un pliant » et justifie cela en rappelant qu’il utilise pour cela un capteur 64 Mpx 1/2" ainsi qu’un objectif périscopique associé à une stabilisation certifiée CIPA 6.5.
Un téléobjectif qui voit loin
En bonne luminosité, les images produites sont détaillées et la colorimétrie s’avère fidèle. Le zoom 3x optique constitue le vrai point fort, prolongé par des zooms hybrides convaincants jusqu’à 6x, voire 10x dans des conditions favorables
Au-delà, la qualité se dégrade rapidement. Les images restent exploitables à 20x, voire 30x avec une certaine dose d’indulgence. Au-dessus, et jusqu’à 100x (limite supérieure accessible), il faut avoir la foi du charbonnier pour s’extasier devant le résultat.
L’IA aide indéniablement à récupérer des détails en basse lumière et à équilibrer les scènes complexes. Emportée par son enthousiasme, elle peut avoir la main un peu lourde dans certains cas en lissant un peu trop artificiellement la scène. Rien de rédhibitoire, mais les amateurs de rendu naturel garderont un œil sur les réglages.
La nuit, avec modération
En basse luminosité ou de nuit, les images restent tout à fait correctes, à condition de ne pas abuser du zoom hybride, plafonné à 15x en mode nocturne. On constate parfois la présence de fourmillements sur les à-plats sombres : pas de quoi se faire saigner les yeux, mais mieux vaut garder l’info en mémoire
Le mode portrait toujours co-conçu avec le Studio Harcourt Paris fait du bon boulot sur les visages et produit des résultats convaincants sur les natures mortes. La macrophotographie s’avère elle aussi très correcte.
Honor Magic V6 : l’avis de Clubic
Le Magic V6 de Honor est le pliant le plus fin du marché et doté de la plus grosse batterie de sa catégorie. Elle lui confère une autonomie dépassant la journée et demie d’utilisation et se recharge très rapidement (si l’on investit dans le bloc d’alimentation recommandé).
Ses écrans sont de très haut niveau et la pliure se fait de plus en plus discrète. Détail qui peut avoir son importance : les deux dalles supportent l’utilisation d’un stylet optionnel. Samsung, qui a renoncé à cette possibilité sur le Fold 7, devrait en prendre de la graine…
Le Magic V6 est conforme aux normes d’étanchéité IP68/IP69, une première pour un pliant. Même si elle n’évolue quasiment pas par rapport au Magic V5, la caméra dorsale reste impressionnante et dispose d’un téléobjectif très réussi. La partie logicielle, enfin, continue son évolution et intègre de nouvelles fonctions IA pertinentes. Honor s’engage à fournir les nouvelles versions de l’OS et les mises à jour de sécurité pendant sept ans.
Serait-il donc le smartphone pliant parfait ? Pas tout à fait. Sa grande finesse a nécessité l’implémentation d’un mode « équilibré » qui bride le SoC. Celui-ci, habilement conçu, masque le problème de la surchauffe sans toutefois impacter les performances lors d’une longue utilisation. Certes, le mode « Performance » permet d’obtenir une puissance maximale, mais pas sur le long terme. On ne peut pas tout avoir.
Le plus gros défaut du Magic V6 reste sans aucun doute son prix. Disponible en France en une seule configuration (16 Go + 512 Go), il est vendu 2 299,90 €. Cela fait une sacrée somme, même si le constructeur propose des offres de lancement pour le moins intéressantes (bon de réduction de 600 euros, projecteur vidéo et casque audio offerts, 24 mois de protection écran offerts).
Reste que si l’on cherche aujourd’hui le pliant le plus complet et le plus abouti, le Honor Magic V6 est un candidat très sérieux, à condition d’accepter un investissement financier très élevé.
- Excellents écrans
- Qualité photo
- Autonomie et vitesse de charge
- Construction (IP68 / IP69 ; finesse inédite)
- MagicOS 10 + Magic AI
- Intégration vers Apple
- Prix presque dissuasif
- Gestion thermique entraînant un bridage
- Pas de chargeur fourni
Fiche technique Honor Magic V6
Résumé
| Mémoire interne | 512 Go |
| Mémoire vive (RAM) | 16 Go |
| Capacité de la batterie | 660 mAh |
| Charge rapide | Oui |
| Définition du / des capteur(s) arrière | 50 Mpx ; 64 Mpx ; 50 Mpx |
Caractéristiques techniques
| Système d'exploitation | Android |
| Version du système d'exploitation | 16 |
| Surcouche Android | MagicOS 10 |
| Assistant vocal | Gemini |
Affichage écran interne
| Taille de l'écran | 7.95 pouces |
| Type d'écran | OLED pliant |
| Définition de l'écran | 2352 x 2172 px |
| Taux de rafraîchissement | 120Hz |
| Écran HDR | Oui |
Affichage écran externe
| Taille de l'écran | 6.52 pouces |
| Type d'écran | OLED |
| Définition de l'écran | 2420 x 1080 px |
| Taux de rafraîchissement | 120Hz |
| Écran HDR | Oui |
Mémoire
| Mémoire interne | 512 Go |
| Stockage extensible | Non |
Performance
| Processeur | Snapdragon 8 Elite Gen 5 |
| Nombre de cœurs CPU | 8 |
| Fréquence CPU | 4.6GHz |
| Mémoire vive (RAM) | 16 Go |
Batterie
| Capacité de la batterie | 660 mAh |
| Batterie amovible | Non |
| Recharge sans-fil | Oui |
| Charge rapide | Oui |
| Puissance de la charge rapide | 80W |
Appareil Photo
| Nombre de caméras (avant & arrière) | 1 + 1 + 3 |
| Définition du / des capteur(s) arrière | 50 Mpx ; 64 Mpx ; 50 Mpx |
| Définition du / des capteur(s) avant | 20 Mpx ; 20 Mpx |
| Enregistrement vidéo | 4K 60 i/s maxi |
| Stabilisateur caméra | Optique et Numérique |
| Flash arrière | Dual-LED |
| Flash Frontal | Non |
| Ouverture objectif photo arrières | f/1.6 ; f/2.5 ; f/2.2 |
| Ouverture objectif photo frontaux | f/2.2 ; f/2.2 |
| Zoom Optique | 3x |
Réseau
| Carte(s) SIM compatible(s) | Nano-SIM, eSIM |
| Nombre total eSIM | 2 |
| Compatible double SIM | Oui |
| Compatible 5G | Oui |
| Compatible VoLTE | Oui |
Connectivité
| Wi-Fi | 7 |
| Bluetooth | 6 |
| NFC | Oui |
| GPS | Oui |
| Infrarouge | Non |
Equipement
| Type de connecteur | USB Type-C 3.1 |
| Lecteur biométrique à empreinte digitale | Oui |
| Capteur de reconnaissance faciale | Reconnaissance faciale 2D |
| Accéléromètre | Oui |
| Gyroscope | Oui |
| Capteur de lumière ambiante | Oui |
| Prise Jack | Non |
| Nombre de haut-parleurs | 2 |
Caractéristiques physiques
| Hauteur (Ouvert) | 156.7mm |
| Largeur (Ouvert) | 145.6mm |
| Largeur (Plié) | 74.5mm |
| Epaisseur (Ouvert) | 4mm |
| Epaisseur (Plié) | 8.75mm |
| Poids | 219g |
| Certification IP | IP68 ; IP69 |
| Indice de réparabilité | NC |
Débit d’Absorption Spécifique (DAS)
| DAS tête | 0,99 W/kg |
| DAS tronc | 1,29 W/kg |
| DAS membres | 2,99 W/kg |