Comme tous les étés depuis maintenant cinq ans, Samsung annonce la nouvelle génération des Galaxy Z, ses smartphones pliants. L’an dernier, le constructeur avait surpris avec l’ajout du Z Flip7 FE, version plus abordable du Z Flip 7. La cuvée 2026 réserve elle aussi quelques petites surprises, puisqu’un nouveau modèle fait son apparition.

Samsung en profite pour revoir sa nomenclature d’appareils pliants : le successeur du Z Fold 7 est désormais baptisé Z Fold 8 Ultra. Le nouveau venu prend le nom de Z Fold 8 tandis que les Flip gardent l’évolution logique du patronyme : le Z Flip 8 succède au Z Flip 7 et le Z Flip 8 FE remplacera le Z Flip 7 FE lorsque Samsung aura décidé de l’annoncer (à l’automne, d’après nos informations).
Samsung justifie ce changement par un souci de cohérence avec la gamme Galaxy S où le modèle Ultra représente le meilleur de la technologie du moment : il était logique que le haut de gamme de la famille Z adopte le même suffixe.
- Nouveau format passeport
- Qualité des écrans, pliure quasi invisible
- Puissance brute
- Batterie silicium-carbone et charge rapide 45 W
- Prix indécent
- Partie photo décevante pour un haut de gamme
- Throttling trop élevé
- Étanchéité limitée à IP54
- Plus de support du S-Pen
- Poinçon disgracieux sur l’écran pliant
Si nous étions taquins (mais ce n’est pas notre genre, vous pensez bien), nous pourrions remarquer qu’en suivant ce raisonnement, le Z Fold 8 devrait être baptisé Z Fold 8 Plus (ou Edge, mais, vu le succès très relatif du Galaxy S25 Edge, il n’est pas certain qu’il ait un successeur). Enfin, le Z Flip 8 devrait être baptisé Z Fold 8 « tout court ».
Quoi qu’il en soit, le Z Fold 8 adopte un format inédit chez le Coréen, même s’il n’est pas pour autant nouveau. OPPO l’a inauguré en 2021 avec le Find N, suivi en 2023 par Google et son premier pixel Fold. En mai dernier, c’est Huawei qui s’y collait avec le Pura X Max, uniquement disponible en Chine.

Ce format a pour objectif de rendre le clavier s’affichant sur l’écran externe plus facilement utilisable, celui du Fold demandant alors une patience d’ange pour être maîtrisé. Autre détail qui a son importance, le ratio de l’écran pliant laissait pas mal d’utilisateurs sur leur faim, notamment lorsqu’il s’agissait de regarder des films ou des vidéos.
Pour être complets sur le sujet, nous devons préciser qu’un hypothétique iPhone pliant au format passeport devrait voir le jour dans les prochains mois. Ce n’est pour l’instant qu’une rumeur qui a pris des proportions dantesques sur le Net (comme souvent lorsqu’il s’agit d’Apple). Est-ce un fantasme, comme le furent la télévision Apple ou la voiture Apple, ou une réalité ?
Nous penchons pour la seconde hypothèse, qui collerait bien à l’esprit du constructeur. La Pomme a démontré qu’en matière de matériel, elle sait laisser les concurrents déblayer le terrain avec des concepts plus ou moins bien pensés, pour annoncer sa propre version améliorée. Elle l’a fait pour le Wi-Fi en 1998 (avant Airport, il fallait un diplôme d’ingénierie pour configurer correctement un réseau), en 2001 avec l’iPod (coucou Creative Labs et Archos, deux beaux souvenirs de geeks) et bien évidemment avec l’iPhone.
Un format polyvalent
Revenons au Z Fold 8. La première impression qu’il laisse est positive. Et pour tout dire, nous le trouvons plutôt mignon (oui, un smartphone peut être mignon pour un geek). Son format réduit (81.9 × 123.9 mm) permet de le caser facilement dans une poche, qu’il ne lestera pas trop avec ses 201 grammes. Samsung a effectué un boulot remarquable sur la finesse du Z Fold 8 : 9,7 mm d’épaisseur replié et 4,5 mm déplié. Bien qu’il ne soit pas le plus fin du moment — Honor fait mieux avec le V6 — il reste impressionnant
Le Z Fold 8 reprend les matériaux nobles et le verre brossé de la famille. On retrouve l’aspect épuré, les angles très légèrement arrondis et la gélule abritant sur la face arrière la caméra dorsale. Samsung affirme avoir retravaillé le mécanisme d’ouverture afin de le rendre plus agréable que sur son prédécesseur. Un léger biseau facilite l’ouverture de l’appareil, rendue un poil complexe par sa finesse. Voit-on une réelle différence à l’usage ? Oui et non. Oui, car l’écran est effectivement plus facile à déplier. Non, car le format de la dalle extérieure fait qu’on ne l’utilise pas beaucoup (en tout cas moins que sur le Z Fold 7).
Dès lors, pourquoi s’encombrer de deux afficheurs ? C’est une excellente question et on vous remercie de l’avoir posée. La dalle externe au format 10:16 est parfaite pour scroller sur les réseaux sociaux ou utiliser les messageries instantanées (le clavier est alors un vrai plaisir à utiliser).
Une fois ouvert, le Fold 8 est adapté à la visualisation de photos et surtout de vidéos. À moins de s’entêter à ne regarder que des films en Cinémascope, les bandes noires sont bien plus réduites que sur l’ancien format Fold. En basculant l’appareil en portrait (donc au format 3:4), l’affichage de sites web, de documents ou de magazines est bien plus confortable.
Côté étanchéité, il faudra se contenter d’une conformité IP54, comme la génération précédente. Il résistera donc aux éclaboussures, mais ne devrait pas tenir le choc en immersion. C’est d’autant plus dommage que la concurrence (Honor et son Magic V6), par exemple, fait nettement mieux en proposant IP68/IP69.
Le format passeport du Z Fold 8 est à notre avis bien plus polyvalent que ce qui existait jusqu’ici. Mieux encore : il complète avec pertinence les deux modèles existants. Ainsi, le Z Fold 8 Ultra et son format « télécommande » intéresseront plus les utilisateurs professionnels, ceux qui souhaitent afficher deux ou trois applications simultanément. Le Z Flip 8 est quant à lui conçu pour séduire un public jeune (et fortuné) pour qui le style passe avant tout. Jusqu’ici tout va bien, donc.
Deux écrans magnifiques
L’écran externe est une petite merveille. Sa dalle, de technologie LTPO AMOLED 2X, affiche 1248 x 1972 pixels sur une diagonale de 5,5''. Elle coche toutes les cases d’un produit haut de gamme : fréquence de rafraîchissement adaptatif 1-120 Hz, luminosité maxi de 3000 nits en pic HDR et technologie Vision Booster qui lui permet de rester lisible même en plein soleil. La colorimétrie s’avère fidèle, tandis que — AMOLED oblige — les noirs sont parfaits et le contraste excellent
L’écran principal ne démérite pas non plus. Constitué d’une dalle pliante de 7,6", il affiche 1828 x 2448 pixels. Là aussi, pas de surprise sur les caractéristiques techniques. La fréquence de rafraîchissement varie entre 1 et 120 Hz et la luminosité maxi monte à 3000 nits en pic HDR. La technologie Vision Booster le rend lisible sous le lourd soleil de juillet.
Samsung a entièrement revu sa conception afin de le rendre plus résistant et plus fin, tout en rendant la pliure encore moins visible. Il utilise pour cela une double couche de titane intégrée à la structure protectrice, une charnière repensée ainsi qu’un traitement antireflet plus efficace. En utilisation quotidienne, l’écran pliant est lui aussi excellent.
Nous avons toutefois deux griefs à formuler. L’écran principal est entaché d’un poinçon disgracieux, réapparu sur le Z Fold 7. C’est d’autant plus dommage que le Fold8 est conçu pour les loisirs numériques : le petit trou fait plus que jamais tache.
Autre regret, la disparition de la compatibilité avec le stylet S-Pen, abandonnée l’an dernier. Samsung justifiait cela par son éternelle course à la finesse. Très bien, mais avec un écran 10 % moins épais que sur le modèle précédent, on aurait tout de même apprécié sa réapparition. Samsung répond qu’il a préféré consacrer ce gain d’espace à la batterie, comme on le verra plus loin.
Performances : la puissance d’un flagship, la gestion thermique d’un pliant
Le Galaxy Z Fold8 embarque le SoC Snapdragon 8 Elite Gen5 de Qualcomm, épaulé par 12 Go de RAM. Notre modèle de test dispose de 256 Go de stockage interne, non extensible. Sur le papier, c’est ce qui se fait de mieux en ce milieu d’année 2026. Et dans les faits, le Fold8 ne fait pas semblant
Il obtient ainsi 2 774 720 points au benchmark AnTuTu, qui évalue la puissance globale de l’appareil. Il tutoie donc les smartphones les plus puissants du moment, porté par une partie graphique particulièrement musclée (plus d’un million de points pour le seul GPU).
GeekBench 6 le crédite de 10 662 points en fonctionnement multi-cœur et 3 558 points en mono-cœur. Ce dernier chiffre est le plus parlant au quotidien : c’est lui qui conditionne la réactivité, l’ouverture des applications et la fluidité de la navigation.
Enfin, il récolte 5 881 points au test Wild Life Extreme de 3DMark Mobile. Pour un format pliable, historiquement en retrait sur la partie graphique, c’est une jolie performance.
Concrètement, cela veut dire quoi ? Que le Fold8 avale absolument tout ce qu’on lui donne. Multitâche à trois fenêtres sur son écran pliant, jeux 3D poussés dans leurs réglages maximum ou montage vidéo 4K passent comme une lettre à la poste. En usage courant, on a affaire à l’un des smartphones les plus rapides du marché, tout simplement.
Il y a tout de même un « mais ». Et ce « mais », c’est la chaleur. Vous nous connaissez, on a voulu vérifier ce que donnait ce monstre de puissance sur la durée. Force est de constater que le format pliant impose ici ses limites.
Lors de notre test de charge CPU prolongée, le SoC grimpe à 105-106 °C en interne et voit ses performances bridées de moitié : la puissance de calcul chute de près de 50 % avant de se stabiliser. Même constat au stress test Wild Life Extreme, dont la stabilité s’établit à 50 % seulement de la puissance nominale. En clair, sur une session de jeu intensive et prolongée, le Fold8 abandonne la moitié de sa superbe.
Faut-il s’en alarmer ? Franchement, pas tant que ça. D’abord parce que le bridage reste parfaitement stable : le smartphone trouve son régime de croisière et s’y tient, sans à-coups erratiques. Ensuite, parce que cette régulation agressive semble avant tout préventive. La température de surface ne dépasse jamais les 39 °C sur nos relevés, soit une dizaine de degrés de hausse à peine.
Autrement dit, Samsung assume de sacrifier tôt une partie de la puissance pour préserver le confort d’un appareil que l’on tient déplié, à deux mains. Sur un pliable dont le châssis fin laisse peu de place à une chambre à vapeur généreuse, le compromis se défend.
Le résumé tient en une phrase : monstrueux sur les sessions courtes, plus sage sur la longueur. Le Fold8 n’est pas la bête de course idéale pour les marathons de gaming. Soyons réalistes, ce n’est pas exactement pour cela qu’on s’offre un smartphone pliant !
Galaxy AI de plus en plus présent
Le Galaxy Z Fold 8 tourne sous Android 17 et One UI 9, que Samsung a pensé pour tirer parti des « grands écrans Fold ». Concrètement, l’interface s’adapte au format dans lequel on tient le téléphone plutôt que de se contenter d’agrandir bêtement une interface classique.
Côté Galaxy AI, deux fonctions sont mises en avant. La première n’est pas une nouveauté de cette génération, mais profite pleinement du format : l’assistant photo, déjà vu sur les S26, permet de décrire à l’oral la retouche voulue sur un cliché directement depuis la galerie — recadrer, gommer un élément, ajuster la lumière — et de laisser l’IA s’en charger.
Le grand écran permet d’afficher l’avant et l’après côte à côte plutôt qu’en superposition, ce qui change concrètement la manière d’évaluer une retouche. Même logique pour la numérisation de documents : le fait de pouvoir replier partiellement le téléphone permet d’adapter l’angle de prise de vue au format du papier scanné, un usage que Samsung présente comme facilité par le format Fold plutôt que réinventé pour l’occasion.
La vraie nouveauté logicielle est le recadrage dynamique d’une vidéo. Une fois une séquence tournée, on ouvre la galerie. Puis il suffit de presser l’icône Galaxy AI dédiée et enfin de sélectionner à l’écran la personne ou le sujet que l’on souhaite suivre. L’IA se charge ensuite de le garder cadré sur l’ensemble du clip, sans qu’il soit nécessaire de recadrer manuellement image par image.
Cerise sur le gâteau, on peut aussi changer le format de sortie après coup (paysage, portrait, 16:9, 4:3). On peut par exemple filmer une scène en paysage, puis la ressortir directement en vertical pour Instagram ou TikTok sans repasser par un logiciel de montage. Tout se fait le plus simplement du monde, sans aucun recadrage manuel. Une idée intéressante pour les créateurs de contenu.
Au-delà de ces deux fonctions spécifiques, Samsung décrit Galaxy AI comme un calque qui « travaille en arrière-plan » sur le Fold8, avec l’ambition affichée d’offrir une expérience fluide et intégrée plutôt qu’une accumulation de gadgets IA à activer manuellement. C’est un discours qu’on retrouve sur l’ensemble de la gamme Z8, pas uniquement sur ce modèle.
Certaines briques d’automatisation de Galaxy AI ne seront pas disponibles en Europe au lancement. Un exemple, au hasard : une commande vocale telle que « Appelle-moi un Uber » déclenche une série d’actions afin de répondre à la demande. La fonction couvre déjà plus de 40 applications aux États-Unis et en Corée, mais elle reste absente du marché européen. Quand on interroge Samsung France sur sa disponibilité, on a le droit à un vague « dans un second temps ». Reste à savoir quelle est la durée d’un « temps »…
L’app Smart Switch, chargée de transférer les données de l’ancien smartphone vers le Z Fold 8, évolue notablement. Jusqu’ici, transférer son contenu depuis un iPhone en sans-fil se limitait aux contacts, photos, vidéos, rappels et calendrier. Il fallait utiliser un câble pour aller plus loin.
Avec One UI 9 et un coup de main de Google, la bascule sans fil couvre désormais une grande partie des apps tierces, mots de passe compris. L’opération est initiée par un simple QR code.
Précisons enfin que Samsung annonce sept ans de mises à jour Android et sept ans de correctifs de sécurité pour le Z Fold8 : qui dit mieux ?
Charge enfin rapide, autonomie très fluctuante selon l’usage
Le Z Fold 8 embarque une batterie silicium-carbone (si-ca) de 4800 mAh. « Enfin ! » serait-on tenté de dire. Cette technologie a une densité énergétique supérieure à celle du traditionnel lithium-ion, adopté depuis des années par la concurrence chinoise. Samsung franchit enfin le pas, ce qui lui permet de proposer une capacité conséquente dans un produit ultra-compact.
Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le coréen implémente une version 45 Watts de sa charge rapide. En utilisant le bloc d’alimentation qui-va-bien (et qui n’est pas fourni), il affirme que l’on passe de 1 à 63 % d’autonomie en 30 minutes de charge, ce que nous avons effectivement pu vérifier lors de nos tests.
La charge par induction est aussi présente, dans sa version « Qi2 ready ». En clair, cela veut dire que l’électronique peut supporter une puissance montant à 20 Watts à condition d’ajouter une coque équipée de l’indispensable anneau d’aimants de type MagSafe, ceux-ci n’étant pas intégrés à l’appareil.
Concrètement, cela donne quoi en matière d’autonomie ? La nature même du smartphone rend difficile une réponse universelle. Si on l’utilise essentiellement fermé, en l’ouvrant une dizaine de fois par jour pour consulter des pages web ou des e-mails, il pourra s’écouler entre 1,5 et 2 jours avant de devoir passer par la case chargeur. Ce n’est pas si mal que cela.
En revanche, si vous êtes du genre à binger des séries vidéo, à jouer sur le grand écran et utiliser plusieurs applications simultanément, ne vous étonnez pas de plafonner à une journée d’utilisation dans le meilleur des cas.
En définitive, le Z Fold8 assume pleinement son statut d’entre-deux : une autonomie qui tient largement la route pour un usage classique, mais qui s’effondre dès qu’on le sollicite pour ce qu’il fait de mieux. Heureusement, la charge rapide enfin efficace permet de rattraper le coup en cas d’urgence à condition d’avoir le bon chargeur.
Photographie : le parent pauvre
La caméra dorsale du Z Fold 8 est composée de deux modules :
- Principal : capteur 50 Mpx (taille 1/1,57« ) ; objectif 23 mm f/1,8 ; autofocus, stabilisation OIS ; zoom 2x « sans perte »
- Ultra grand-angle : capteur 50 Mpx (taille 1/2,5″) ; objectif ouvrant à f/1,9
Chaque écran possède sa caméra frontale :
- Externe : capteur 10 mpx ; objectif 24 mm f/2,2
- Pliant : capteur 10 mpx ; objectif 18 mm f/2,2
Pendant longtemps, la photographie n’a pas été la fonction la plus soignée des smartphones pliants. Petit à petit, les choses se sont améliorées tant chez Samsung que pour ses concurrents.
Le Z Fold 8 marque une pause dans ce cheminement, voire une régression, puisqu’il ne dispose pas de téléobjectif. Certes, Samsung propose un zoom 2x « qualité optique », version haut de gamme du zoom numérique et censé proposer une bien meilleure qualité. Sur le papier, cela nous laisse un peu sur notre faim, surtout à ce tarif. Qu’est-ce que cela donne dans la vraie vie ?
En plein soleil ou en luminosité normale, les images shootées avec l’ultra grand-angle sont correctes, sans plus. Les bords de la scène souffrent d’un manque de piqué et de quelques aberrations chromatiques. Ce n’est pas dramatique, mais un peu décevant sur un produit vendu 2000 euros.
Le module principal s’en tire bien mieux et produit de belles images tant que l’on ne joue pas trop avec le zoom numérique. En 2x « qualité optique », le résultat est tout à fait acceptable si l’on ne recadre pas l’image ou qu’on ne cherche pas à l’imprimer en grande taille. Malgré ce qu’affirme le constructeur, il semble difficile de confondre ce pseudo-zoom avec son équivalent optique, notamment si la scène est profonde.
Sans surprise, le résultat ne va pas en s’améliorant si l’on pousse le zoom. En 4x, il faut une dose d’indulgence pour estimer que l’image est bonne, notamment sur les détails. En 10x, valeur maximale autorisée, il faut encore plus d’indulgence et de la presbytie pour s’extasier devant le résultat. Il fera toutefois illusion si l’on se contente de partager des images sur les réseaux sociaux.
Le mode portrait manque un peu de subtilité, l’avant-scène se détachant de façon bien trop nette de l’arrière-plan. L’IA se fait souvent berner par les scènes un tant soit peu complexes, comme notre redoutable épreuve de la « Porte Lescot » ou sur des motifs inattendus. Mais parfois, le résultat s’avère tout à fait exploitable, y compris dans ces conditions difficiles. Allez comprendre…
La nuit ou en très faible luminosité, on retrouve le même type de résultats, avec en prime une mollesse accrue sur les bords d’une photo faite à l’ultra grand-angle. Malgré une perte de détail flagrante, le module principal s’en tire bien tant que l’on ne joue pas avec le zoom. À partir de 2x et jusqu’à 10x, le bruit numérique s’invite de plus en plus hardiment dans les zones sombres, tandis que les détails disparaissent joyeusement.
On pourrait accepter ces résultats sur un produit vendu 300 à 400 euros : on en aurait pour son argent. Mais sur un smartphone haut de gamme, vendu au minimum 2000 euros, cela devient difficile à accepter. Le changement de format du Z Fold 8 n’explique pas tout : Samsung fait le pari (risqué) que les utilisateurs seront séduits par le format et resteront plus indulgents sur la partie photographique. C’est oublier un peu vite que la prise de photos est la fonction annexe la plus utilisée sur un smartphone.
Samsung Galaxy Z Fold 8 : l’avis de Clubic
Le nouveau format du smartphone pliant vedette de Samsung le rend particulièrement attractif. Plié, il est fait pour les messageries instantanées et les réseaux sociaux. Déplié, il est idéal pour la visualisation de vidéos, de sites web ou la lecture de magazines. On apprécie sa compacité et son poids réduit qui lui permettent de se faire oublier facilement dans une poche de veste.
Il brille aussi par la qualité de ses deux écrans, domaine où Samsung n’a plus grand-chose à prouver en matière d’excellence. Tous deux offrent une lisibilité et un rendu colorimétrique tout bonnement excellents et restent lisibles en plein soleil. Le nouveau renforcement de la dalle pliante, réalisé à l’aide de deux structures en titane, conjugué à une charnière repensée, rend l’ouverture plus facile et efface encore un peu plus la pliure. En utilisation, elle est quasiment invisible.
Le Z Fold 8 est une bête de calcul et tient la route sur les activités complexes, même si Samsung a choisi de réduire radicalement sa fréquence de fonctionnement (-50 %, rien que ça) après quelques minutes d’usage intensif. Vu la puissance du Snapdragon Elite 8 Gen 5, cela ne pénalise pas l’utilisation quotidienne.
Enfin, Samsung s’est enfin décidé à adopter des batteries silicium-carbone et une charge rapide digne de ce nom. Selon l’usage fait de l’appareil, on peut compter sur une autonomie qui varie entre une petite journée et deux jours consécutifs.
Malheureusement, l’appareil souffre de quelques défauts fâcheux. La partie photographique, sans être catastrophique, n’est pas digne d’un produit haut de gamme. On regrette aussi que le constructeur persiste à ne plus supporter le stylet S-Pen et qu’il ne gomme pas le poinçon de l’écran pliant, comme il le faisait jusqu’au Galaxy Z Fold 6.
Mais le plus gênant est sans aucun doute son prix, que nous trouvons bien trop élevé pour un smartphone, même pliant. Le prix d’attaque est en effet situé à 2000 euros, avec seulement 256 Go de stockage.
Pour passer à 512 Go, il faut débourser 2200 euros tandis que la version 1 To (avec 16 Go de RAM au lieu de 12) est proposée à 2400 euros. Ces prix sont évidemment susceptibles d’être revus à la baisse régulièrement par des promotions temporaires (notamment pour le lancement) : le prix du ZA Fold 8 passe alors de « excessivement cher » à « beaucoup trop cher ».
Et ce n’est pas l’hypothétique arrivée d’Apple sur ce segment qui devrait entraîner une baisse de prix. Bien au contraire.
- Nouveau format passeport
- Qualité des écrans, pliure quasi invisible
- Puissance brute
- Batterie silicium-carbone et charge rapide 45 W
- Prix indécent
- Partie photo décevante pour un haut de gamme
- Throttling trop élevé
- Étanchéité limitée à IP54
- Plus de support du S-Pen
- Poinçon disgracieux sur l’écran pliant
Fiche technique Samsung Galaxy Z Fold 8
Résumé
| Mémoire interne | 256 Go, 512 Go, 1 To |
| Mémoire vive (RAM) | 12 Go, 16 Go |
| Capacité de la batterie | 4800 mAh |
| Charge rapide | Oui |
| Définition du / des capteur(s) arrière | 50 Mpx ; 50 Mpx |
Caractéristiques techniques
| Système d'exploitation | Android |
| Version du système d'exploitation | 17 |
| Surcouche Android | One UI 9.0 |
| Assistant vocal | Bixby, Gemini |
Affichage écran interne
| Taille de l'écran | 7.6 pouces |
| Type d'écran | Dynamic LTPO AMOLED 2X pliant |
| Définition de l'écran | 1828 x 2448 pixels |
| Taux de rafraîchissement | 120Hz |
| Écran HDR | Oui |
Affichage écran externe
| Taille de l'écran | 5.5 pouces |
| Type d'écran | Dynamic LTPO AMOLED 2X |
| Définition de l'écran | 1248 x 1972 pixels |
| Taux de rafraîchissement | 120Hz |
| Écran HDR | Oui |
Mémoire
| Mémoire interne | 256 Go, 512 Go, 1 To |
| Stockage extensible | Non |
Performance
| Processeur | Snapdragon 8 Elite Gen 5 |
| Nombre de cœurs CPU | 8 |
| Fréquence CPU | 4.6GHz |
| Mémoire vive (RAM) | 12 Go, 16 Go |
Batterie
| Capacité de la batterie | 4800 mAh |
| Batterie amovible | Non |
| Recharge sans-fil | Oui |
| Charge rapide | Oui |
| Puissance de la charge rapide | 45W |
Appareil Photo
| Nombre de caméras (avant & arrière) | 1 ; 1 ; 2 |
| Définition du / des capteur(s) arrière | 50 Mpx ; 50 Mpx |
| Définition du / des capteur(s) avant | 10 Mpx ; 10 Mpx |
| Enregistrement vidéo | 8K 30 i/s maxi |
| Stabilisateur caméra | Optique |
| Flash arrière | Dual-LED |
| Flash Frontal | Non |
| Ouverture objectif photo arrières | f/1,8 ; f/1,9 |
| Ouverture objectif photo frontaux | f/2,2 ; f/2,2 |
| Zoom Optique | non |
Réseau
| Carte(s) SIM compatible(s) | Nano-SIM, eSIM |
| Nombre total eSIM | 2 |
| Compatible double SIM | Oui |
| Compatible 5G | Oui |
| Compatible VoLTE | Oui |
Connectivité
| Wi-Fi | 7 |
| Bluetooth | 6 |
| NFC | Oui |
| GPS | Oui |
| Infrarouge | Non |
Equipement
| Type de connecteur | USB-C |
| Lecteur biométrique à empreinte digitale | Oui |
| Capteur de reconnaissance faciale | Reconnaissance faciale 2D |
| Accéléromètre | Oui |
| Gyroscope | Oui |
| Capteur de lumière ambiante | Oui |
| Prise Jack | Non |
| Nombre de haut-parleurs | 2 |
Caractéristiques physiques
| Hauteur (Ouvert) | 123.9mm |
| Hauteur (Plié) | 123.9mm |
| Largeur (Ouvert) | 161.4mm |
| Largeur (Plié) | 81.9mm |
| Epaisseur (Ouvert) | 4.5mm |
| Epaisseur (Plié) | 9.7m |
| Poids | 201g |
| Certification IP | IP 54 |
| Indice de réparabilité | NC |
Débit d’Absorption Spécifique (DAS)
| DAS tête | 0.823 W/kg |
| DAS tronc | 1.211 W/kg |
| DAS membres | 2.26 W/kg |
