Les puces Intel G3 et G3X en génération Panther Lake, on en parle depuis des mois. Alors, forcément, les découvrir au sein d’une nouvelle console portable a quelque chose de jouissif, d’autant que MSI a mis les petits plats dans les grands même s’il n’est pas passé par la case OLED. Scandale ?

- Remarquables performances gaming !
- Honnête puissance CPU
- 32 Go de RAM, SSD 1 To PCIe 4.0 rapide
- Dalle VRR, image de très belle facture
- Deux ports Thunderbolt 4, merci Intel
- WiFi 7 et Bluetooth 6, encore merci Intel
- Bonne gestion thermique, bruits limités
- Bonne autonomie générale
- Très cher, trop cher, bien trop cher !
- Mini-sticks un peu trop souples
- Pas de dalle OLED pour l'écran
- MSI Center pénible, souvent doublon

Une forme qui en rappelle une autre
À la manière de ce qu’ASUS avait déjà fait sur la ROG Xbox Ally X, MSI a privilégié l’ergonomie sur l’esthétique pour sa nouvelle version de la Claw. Il est même allé un peu plus loin en laissant apparaître comme un « menton » pour contenir la taille de la dalle.
Le conditionnement de la console ne ressemblera pas à ça : il s’agit ici du kit envoyé par Intel à la presse avec tout ce qu’il faut pour le test. © Nerces pour Clubic
On se retrouve donc avec une console aux poignées clairement visibles, bien dessinées, et un écran imposant qui dépasse du cadre du châssis. Est-ce que cela rend la Claw 8 EX AI+ hideuse pour autant ? Sans doute pas, mais ce n’est pas non plus la plus esthétique des consoles portables. Au contraire, cela lui donne une bonne prise en main et c’était évidemment l’objectif premier de MSI en dessinant cette nouvelle machine.
À 321 millimètres de long pour 130 mm de large et 48 mm d’épaisseur, la Claw 8 EX AI+ est un peu plus imposante qu’un Steam Deck ou que la ROG Xbox Ally X, mais reste largement dans les normes. Le poids également est un peu supérieur à celui de ses concurrentes directes, mais les 785 grammes affichés par la balance sont encore supportables, d’autant que la machine dispose d’un bon équilibre : cela ne vient pas trop peser sur les avant-bras donc.
Rien à redire sur les contrôles. Mieux, la qualité de la croix directionnelle (en l’occurrence, un disque) est assez remarquable. © Nerces pour Clubic
Au-delà de ces considérations pratiques, soulignons les efforts de MSI dans la conception de sa machine qui, bien sûr, intègre le nec plus ultra côté connectique. Deux ports Thunderbolt 4 (40 Gbps) sont ainsi de la partie, placés sur le dessus. Un lecteur de microSD est à proximité en plus de l’inévitable jack audio. Toujours sur le dessus, MSI a placé les boutons de volume à droite et le bouton de mise sous tension à gauche ; celui-ci est doté d’un lecteur d’empreintes.
Confortables, les gâchettes ne disposent d’aucun système de blocage de la course. Au dos de la console, deux boutons raccourcis. © Nerces pour Clubic
Enfin, MSI a particulièrement soigné l’aspect contrôles de sa machine. Autour de l’écran, les quatre boutons de fonction (MSI Center, Options, Start et Select) sont présents et, bien sûr, les deux mini-sticks. Ils sont à effet Hall pour plus de durabilité, mais seront peut-être un peu trop « mous » pour certains joueurs. Rien de grave, mais un peu de fermeté n’aurait pas nui. En revanche, rien à redire sur la croix directionnelle, proche de la perfection, ou sur les gâchettes, à effet Hall également.
MSI livre sa console avec un petit bloc d’alimentation/recharge. © Nerces pour Clubic
Si, une chose, contrairement à ce que proposent certains – rares – fabricants, MSI n’intègre aucun curseur pour réduire la course des gâchettes. Tant pis. Une remarque pour les boutons L1/R1 qui sont assez sonores avec un cliquetis prononcé. C’est beaucoup moins le cas des boutons principaux, agréables et dotés d’un bruit sourd. Puisque nous parlons contrôles, évoquons aussi les moteurs de vibrations intégrés aux poignées : ils sont agréables, ni trop mous ni trop violents.
Panther Lake et une dalle IPS
Inutile de tourner autour du pot, ce sont évidemment les entrailles de la Claw 8 EX AI+ qui nous intéressent au plus haut point. Rappelons ici que deux versions de la console existent selon qu’elle est équipée de la puce Intel Arc G3 ou Intel Arc G3 Extreme. Pour ce test, ne nous a été prêtée que la Claw 8 EX AI+ dotée de la puce la plus puissante. Une puce qui appartient donc à la génération Panther Lake avec un joli coup de boost du côté de la solution graphique intégrée.
Le SoC d’Intel est composé, pour la partie CPU, de 14 cœurs distribués ainsi : 2 cœurs performants, 8 cœurs efficaces et 4 cœurs basse consommation. Cela donne un total de 14 threads, et l’ensemble est associé à 12 Mo de smart cache alors que la fréquence maximale atteint 4,7 GHz. Un NPU donné pour 46 TOPS est également mis en avant par Intel, mais dans le cas d’une console de jeu, c’est évidemment l’Arc B390, la solution graphique intégrée, qui interpelle.
Tous les détails techniques de la famille de puces Arc G3. © Intel
Là, Intel a dégainé une version mise à jour de son architecture Arc Battlemage avec des cœurs dits Xe3. Il n’est donc pas encore question d’Arc Celestial, mais les améliorations devraient pas mal faire bouger les lignes, d’autant que l’on parle tout de même d’un total de 12 cœurs Xe3, d’une fréquence maximale boost de 2,3 GHz et d’une puissance totale donnée pour 113 TOPS. Intel oblige, des unités de gestion ray tracing et l’écosystème XeSS sont là pour un bilan plus flatteur encore.
Quelques vis, quelques clips et la console est ouverte. © Nerces pour Clubic
Grâce à Intel, on peut donc dire que MSI est en mesure de sortir l’artillerie lourde côté SoC. Sur notre console, la puce est associée à 32 Go de LPDDR5X, de la mémoire vive donnée pour 8 533 MT/s, et à un SSD de 1 To en M.2 PCIe Gen 4. Enfin, avant d’attaquer l’autre gros morceau « technique », précisons que, comme ASUS sur sa ROG Xbox Ally X, MSI a opté pour une batterie musclée : un modèle 4-cell Li-on qui affiche une capacité de 80 Wh.
Le second gros morceau technique est, logiquement, l’écran. Sur une console portable, c’est un point crucial et, première surprise, MSI n’a pas opté pour une dalle OLED, là encore à la manière d’ASUS. On reste donc sur la même dalle 8 pouces 1 200p au format 16:10 que l’on retrouvait sur la dernière Claw 8. Remarquez, ce n’est pas forcément un mal car la qualité de cette dalle a été saluée par à peu près toutes et tous avec, notamment, la prise en charge du VRR.
La technologie fonctionne ici parfaitement et permet, sans surprise, de faire varier la fréquence de rafraîchissement en fonction des besoins : on peut aller de 48 à 120 Hz. Saluons aussi la qualité d’une dalle qui affiche de superbes couleurs et un contraste assez remarquable pour de l’IPS. En réalité, visuellement parlant, la dalle de la Claw 8 EX AI+ est identique à celle de la ROG Xbox Ally X, mais il convient de rappeler que nous gagnons ici un pouce de diagonale. Ce n’est pas rien.
Interface : entre progrès Xbox et gêne MSI Center
Nous n’allons pas ici revenir en détail sur les progrès réalisés par Microsoft en matière d’interface pour les consoles portables. Lors du test de la ROG Xbox Ally X, nous avions déjà évoqué cet aspect des choses. N’hésitez pas à (re)lire le test en question. Sachez cependant qu’avec la nouvelle interface Xbox, Microsoft apporte enfin une réponse au mode Big Picture de Steam, même si tout n’est pas encore parfait.
La Xbox Full Screen Experience permet enfin à Microsoft de venir concurrencer le mode Big Picture de SteamOS. © Nerces pour Clubic
D’emblée, on apprécie de pouvoir démarrer la console directement en mode Xbox pour ne plus avoir à gérer le bureau de Windows. L’ensemble profite d’une intégration remarquable avec agrégation des plateformes PC – Xbox Game Pass, Battle.net, Epic Game Store, GOG Galaxy, Steam ou Ubisoft Connect – et ce même s’il faut toujours installer ces différentes applications individuellement et qu’elles tourneront ensuite en tâche de fond. Microsoft n’a pas la main.
Ce que nous comprenons moins en revanche, c’est l’obstination de MSI qui, comme ASUS, a décidé de conserver son MSI Center en plus de l’interface Xbox. C’est vrai, dans certains cas, l’ergonomie est meilleure sur le MSI Center, mais tout cela fait un peu doublon. Cela multiplie les applications et, plus gênant, les mises à jour. Parfois, on se retrouve à enchaîner les updates alors que l’on voudrait juste lancer une petite partie. Un poil pénible !
S’il fait souvent doublon avec l’interface Xbox Full Screen Experience, le MSI Center est parfait pour ajuster les contrôles. © Nerces pour Clubic
La gestion des contrôleurs est ultra complète sur le MSI Center et les réglages tombent assez vite sous le sens, mais pourquoi ne pas totalement travailler avec Microsoft afin de soulager la machine d’une surcouche logicielle supplémentaire ?! Pour ne rien arranger, le MSI Center est loin d’être parfait et les réglages rapides manquent de certaines options essentielles. Il est fait pour se passer de l’interface complète, mais manque sa cible.
Quatre des principaux onglets d’informations CPU-Z. ©Nerces pour Clubic
Qu’en attendre côté performances ?
L’intégration de la Xbox Full Screen Experience est évidemment un atout de poids pour la Claw 8 EX AI+, mais ce n’est pas la première console à proposer pareille option. Pour se distinguer d’ASUS et de sa ROG Xbox Ally X, MSI se devait de montrer les muscles. Voilà qui tombe plutôt bien puisque c’est aussi la volonté d’Intel : afficher sa performance face aux puces AMD.
Performances relevées sur Blender benchmark et Cinebench R23 : en haut, sur la MSI Claw 8 EX AI+ et, en bas, sur l’ASUS Xbox Ally X. © Nerces pour Clubic
Objectif premier pour nous à Clubic : vérifier les performances de la partie CPU et le comportement face à des outils dits « de production ». Pour ce faire, nous utilisons Blender benchmark et Cinebench, dans sa version R23 par souci d’équité avec les résultats de notre ROG Xbox Ally X. Sur Blender, petite déception, l’Arc G3 Extreme est clairement en retrait. En revanche, il fait mieux que compenser sur Cinebench où il domine de la tête et des épaules un Ryzen AI Z2 Extreme un peu dépassé. Au final, match nul, balle au centre.
Performances relevées sur CrystalDiskMark : en haut, sur la MSI Claw 8 EX AI+ et, en bas, sur l’ASUS Xbox Ally X. © Nerces pour Clubic
Pas d’ambiguïté sur le test stockage : le SSD Micron employé par MSI est incomparablement plus rapide et plus moderne que le modèle utilisé sur la ROG Xbox Ally X. On parle tout de même de presque 2 Go/s en plus en lecture séquentielle et de plus de 80 Mo/s de mieux en écriture aléatoire. C’est simple, il n’y a pas match, mais rappelons que cela ne sera pas visible sur un usage traditionnel de la machine. Au moins, on sait qu’on sera tranquille à ce niveau chez MSI.
Performances relevées sur PCMark 10 : en haut, sur la MSI Claw 8 EX AI+ et, en bas, sur l’ASUS Xbox Ally X. © Nerces pour Clubic
Avant d’aborder les tests ludiques – le cœur d’un tel dossier –, nous avons conduit la procédure PCMark 10 qui se distingue par la simulation de multiples usages d’un PC, depuis de la bureautique en passant par la visioconférence ou des travaux 3D. Là encore, la MSI Claw 8 EX AI+ l’emporte largement, mais il est intéressant de noter que la partie Essentials, qui repose davantage sur la puissance CPU, est à l’avantage de la ROG Xbox Ally X. C’est grâce aux performances de l’iGPU que la Claw reprend des couleurs sur les deux autres tests (Productivity et Digital Content Creation) pour l’emporter au final.
À gauche, Fire Strike et, à droite, un peu plus exigeant Port Royal : en haut, sur la MSI Claw 8 EX AI+ et, en bas, sur l’ASUS Xbox Ally X. © Nerces pour Clubic
Notre premier test ludique est « générique », il s’agit des scènes Fire Strike et Port Royal de 3DMark. Les conclusions que nous avons commencé à tirer avec PCMark se confirment : l'iGPU de l’Arc G3 Extreme est largement supérieur à celui du Ryzen AI Z2 Extreme. Sur les deux scènes, l’avance prise par la MSI Claw 8 EX AI+ est impressionnante : presque 4 000 points d’écart sur Fire Strike et pas très loin de 2 000 points sur Port Royal, presque le double !
Nous avons ensuite pris le parti de simplifier nos tests « jeux » en essayant de faire ressortir l’essentiel. Quatre jeux aux moteurs graphiques différents ont été utilisés : Alan Wake 2, Black Myth: Wukong, Cyberpunk 2077 et Shadow of the Tomb Raider. À chaque fois, nous avons gardé les détails plutôt « moyens », par exemple, c’est le preset Steam Deck qui a été retenu sur Cyberpunk 2077. Une seule définition a été employée, le 1080p.
En revanche, nous avons reconduit ces différents tests sur les deux consoles en faisant varier, à chaque fois, la puissance en watts de la puce. Trois profils ont ici été retenus – 15 W, 25 W et 35 W – et cela change pas mal de choses. Bien souvent, on peut remarquer que la Claw 8 EX AI+ est en mesure de fournir les mêmes performances que la ROG Xbox Ally X, mais en employant un profil inférieur d’un cran : ainsi, en 15 W, la console MSI signe des performances très proches de celles de la machine ASUS en 25 W. C’est à nouveau la même chose en 25 W vs 35 W et, logiquement, lorsque la Claw 8 EX AI+ est sur le profil 35 W, elle n’a pas d’équivalent. Une bête de course !
Mieux, cette différence de performances n’implique pas nécessairement une autonomie en chute libre. Il faut savoir que, de base, les deux consoles emploient une batterie similaire : on parle de 80 Wh dans les deux cas. Alors qu’elle affiche des performances sensiblement supérieures, la console MSI garde une autonomie proche de celle de l’ASUS à profil de puissance équivalent.
En réalité, l’ASUS fait un peu mieux, en particulier sur les petits profils, mais cela ne suffit pas à compenser l’écart de performances évoqué précédemment : en 25 W, alors qu’elle affiche des performances un peu inférieures à celles de l’ASUS en 35 W, la Claw 8 EX AI+ permet de jouer, logiquement, bien plus longtemps. En attendant la réponse du berger AMD à la bergère Intel, l’Arc G3 Extreme domine assez nettement le Ryzen AI Z2 Extreme.
Caloducs et ventilateurs de type blower pour refroidir la console. © Nerces pour Clubic
Mieux, son efficacité énergétique permet à MSI de garder la puce à des niveaux de température très légèrement plus bas que ceux du SoC AMD sur la ROG Xbox Ally X. Il n’est par ailleurs pas nécessaire d’employer une turbine pour rafraîchir la bête : les deux blowers assurent un bon équilibre entre fraîcheur et préservation de nos esgourdes. La Claw 8 EX AI+ n’est pas silencieuse, mais même au plus fort de nos grosses sessions Cyberpunk 2077, la ventilation reste calme.
MSI Claw 8 EX AI+, l’avis de Clubic
Tout semblait parfait sur le papier pour cette nouvelle console MSI. L’expérience de la firme avec la conception des précédentes Claw aboutit à une console au design remarquable, alors que l’utilisation de la dernière génération de puces Intel permet de proposer un stupéfiant cocktail de performances et d’efficacité énergétique.
En attendant une éventuelle réponse d’AMD, la puissance du circuit Panther Lake est sans équivalent sur le marché et MSI pourrait donc complètement déborder ses concurrents. Hélas, même un plan parfaitement huilé ne peut rien s’il omet une variable. En l’occurrence, il s’agit du prix car, bien au-delà des petits problèmes d’interface soulevés lors de notre test, c’est le tarif demandé par MSI qui interroge : 1 600 euros pour une console portable ? Comme le dirait Hamlet, « il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark » !
Non, malgré toutes ces qualités qui justifient une bonne note car nous ne pouvons complètement l’ajuster en fonction du prix, cette MSI Claw 8 EX AI+ est bien trop chère pour être recommandée. Vous avez de l’argent ? Faites-vous plaisir, vous ne le regretterez sans doute pas, mais nous sommes ici au-delà du raisonnable, même en prenant en compte la crise que nous traversons actuellement. Dommage.
- Remarquables performances gaming !
- Honnête puissance CPU
- 32 Go de RAM, SSD 1 To PCIe 4.0 rapide
- Dalle VRR, image de très belle facture
- Deux ports Thunderbolt 4, merci Intel
- WiFi 7 et Bluetooth 6, encore merci Intel
- Bonne gestion thermique, bruits limités
- Bonne autonomie générale
- Très cher, trop cher, bien trop cher !
- Mini-sticks un peu trop souples
- Pas de dalle OLED pour l'écran
- MSI Center pénible, souvent doublon
Fiche technique MSI Claw 8 EX AI+
Informations générales
| Système d'exploitation | Windows 11 |
Des alternatives à la console MSI Claw 8 EX AI+ :
- Finitions et ergonomie impeccables
- Très nets progrès de l'interface Xbox
- Puissance du Ryzen AI Z2 Extreme
- Tous les atouts du Steam Deck LCD
- Qualité de la dalle OLED 90 Hz
- Chauffe et autonomie optimisées
