L’Empire du Silence : votre chronique s’embarque dans un space opera de longue haleine !

Johan Gautreau
Expert objets connectés
28 août 2021 à 11h11
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Il y a de ces romans qui vous scotchent au point que vous ne pouvez plus en décrocher, et ce, même si ce sont de monstrueux pavés. Le Dévoreur de soleil est l’un d’entre eux. Cette semaine, je vous invite à découvrir à mes côtés le premier tome de cette saga en cinq livres : L’Empire du silence.

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Nous nous donnons 5 citations et 5 paragraphes pour vous convaincre.

L’Empire du Silence (2018)

Christopher Ruocchio

Après un petit passage du côté des questionnements liés au transhumanisme , nous préparons cette rentrée scolaire avec un bon space opera des familles. Une œuvre fouillée, bien touffue comme on aime, du genre de l’inénarrable Dune pour ne citer que cet ouvrage.

Le Dévoreur de soleil est une saga narrée en cinq tomes. Cette fresque interstellaire est d'ailleurs encore en cours d’écriture par Christopher Ruocchio. Vous pourrez néanmoins savourer les premiers livres dès maintenant, avec une excellente traduction en français. 

Cette semaine, nous allons explorer l’origine de la série, le premier tome intitulé L’Empire du silence. Un livre qui donne le ton de la saga, du space opera par excellence !

« Je ne cherche pas d’excuse, je ne nie rien, je ne demande pas pardon pour ce que j’ai fait. Je sais ce que je suis. »

À nouveau, nous avons le droit au coup du journal intime. Après le pirate temporel  et le cyborg de combat , nous entrons cette fois dans l’intimité d’Hadrian Marlowe, l’homme qui fit exploser un soleil – avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur le voisinage de l’astre – pour mettre fin à une guerre multi-centenaire contre les vindicatifs Cielcins. Rien que ça !

Qu’est-ce qui a pu mener un humain à de telles extrémités ? Vous ne le saurez qu’en lisant la saga complète du Dévoreur de soleil. Le premier tome pose déjà des bases solides pour l’univers d’Hadrian Marlowe et donne envie de découvrir la suite. Vous y découvrirez les débuts de ce héros pas comme les autres, destiné à sauver l’univers en commettant un sacrifice démesuré.

Ne vous fiez pas à la taille de ce roman. Aussi imposant soit-il, le livre se dévore rapidement, l’auteur mettant en place un récit d’une fluidité sans pareil. On avale ainsi les 700 pages et quelques en un rien de temps, pour demander immédiatement la suite !

« Cet incident a accéléré nos plans. Je veux que tu disparaisses de la scène publique avant de me causer d’avantage d’embarras. »

Qui a dit qu’il était simple d’être de noble extraction ? Hadrian Marlowe, fils ainé du Comte de Meidua, est loin d’apprécier sa vie de patricien. Bien qu’il soit génétiquement quasi-parfait, capable de vivre plusieurs centaines d’années, en maîtrisant parfaitement plusieurs langues et en se battant comme un vétéran à l’épée, le jeune homme ne rêve que d’une chose : devenir scholiaste. La vie politique, ce n’est pas son truc, ce qui cause bien du trouble à son père qui va devoir bientôt laisser son trône à l’un de ses fils…

Notre héros ne cache pas ses réticences à faire le jeu de son père. Il doit cependant se plier aux exigences paternelles : apprendre l’art de l’épée, assister aux jeux du Colosso avec son frère Crispin… Tout ça afin de représenter au mieux la famille régnante. Faute d’y mettre tout son cœur, le jeune patricien se fera vite exclure par son père suite à un tabassage en règle par des plébéiens. Hadrian se voit donc contraint à l’exil, sommé de rejoindre la Fondation pour devenir un religieux d’importance. Inutile de dire que ce sort n’enchante pas spécialement notre futur Dévoreur de soleil !

Cette première phase du roman permet de poser le décor du space opera. Dans une ambiance faisant immanquablement penser à un empire romain version SF, Le Dévoreur de soleil intrigue. On est dans une sorte de monde rétro-futuriste, avec pas mal d’intrigues politiques qui agitent l’ensemble. Un peu comme Fondation , mais avec des romains du futur. Plutôt prometteur, non ?

« Lorsque je me réveillais, mon monde avait changé. »

Malgré tous ses efforts, Hadrian va devoir aller sur l’une des planètes de la Fondation, religion qu’il exècre au plus au point. Heureusement pour lui, sa mère veille au grain et lui offre une porte de sortie. Le jeune noble embarque donc secrètement avec des marchands pour une autre destination, loin des griffes de son paternel. Bien entendu, c’est à ce moment que les choses « partent en sucette », pour utiliser l'expression consacrée de l’élément perturbateur.

Alors qu’il est censé se réveiller de son caisson cryogénique en parfait état, notre noble héros ouvre les yeux en pleine rue, nu comme un ver sur une planète inconnue. Il constate que le vaisseau des marchands a été désossé à la casse du coin et qu’il ne reste aucune trace de l’équipage. Plus mort que vif, Hadrian semble bien loin de pouvoir un jour accomplir son rêve de devenir un érudit…

Mais ç'aurait été sans compter sur sa rage de survivre, plus forte que toute. Il est tout de même le descendant d’une noble lignée proche de l’Empereur. Il prend donc son mal en patience, met de côté son honneur et tente de vivre sur ce monde dont il n’a jamais entendu parler… jusqu’au jour où une occasion se présente à lui : devenir gladiateur au sein de l’arène locale.

« Envoyez-moi dans l’arène. S’il vous plaît. »

Pourquoi choisir l’arène alors qu’il aurait suffit de présenter sa chevalière à n’importe quel garde pour qu’Hadrian soit immédiatement traité avec tous les égards ? Tout simplement pour que son père ne mette pas la main sur lui et le renvoie à la Fondation. Parce qu'après plusieurs années de mendicité, notre noble héros ne compte toujours pas finir dans une soutane de religieux fanatique. Commence alors pour lui un nouveau passage de sa vie, difficile mais plein d’enseignements.

L’auteur commence ainsi à tisser la toile du destin qui va conduire Hadrian Marlowe à devenir le Dévoreur de soleil. On découvre, au fil du journal intime d’Hadrian, un jeune homme fragile qui se cherche alors qu’il doit affronter des situations inédites, tout noble qu’il est. Ses nombreux talents vont cependant lui sauver la mise plus d’une fois, au point qu’il nouera des relations solides au sein des gladiateurs. Mieux encore : il est vite repéré par le comte local qui fera de lui le précepteur de ses deux enfants.

Si les choses semblent s’arranger pour notre héros, les apparences se révèlent vite trompeuses. Le comte sait en effet qu’Hadrian est un noble en exil. Il compte bien exploiter cette faiblesse à son avantage afin de faire en sorte qu’Hadrian épouse sa fille Anaïs. Finalement, le jeu politique semble poursuivre notre héros comme son ombre. Ces complots ne rendent le livre que plus intéressant, alors qu'ils mettent des bâtons dans les roues du futur Dévoreur de soleil.

« Tant de choses s’étaient produites, avaient changé. Un temps infini s’était écoulé, mais tout était terminé. J’avais quitté Meidua dans une tempête, et je m’élevais dans le soleil et la chaleur, traversant les nuages et le ciel pour plonger dans la nuit, au-delà. »

Au final, Hadrian passera plusieurs dizaines d’années sur Emesh, planète perdue au fin fond de l’univers connu. Entre complots et combats pour sa survie, le Dévoreur de soleil sera aussi confronté aux Cielcins, les dangereux ennemis de l’humanité. Sont-ils d’ailleurs des ennemis ? Ou autre chose ?

Ces réponses et bien d’autres vous attendent dans le Dévoreur de soleil. Je ne peux que vous encourager à lire ce space opera. Ouvrage de qualité doublé d'un véritable page turner à l’univers dense, aux personnages charismatiques et à l’histoire profonde, L’Empire du Silence pose les premières pierres d’une saga au long cours, incroyablement haletante.

Je vous laisse sur cette invitation à l'aventure et vous dis à bientôt pour une prochaine chronique SF. Bonne rentrée à tous et toutes !

L’Empire du Silence (2018) est édité chez Bragelonne en version papier. Il est aussi disponible sur 7Switch en version EPUB et sur Amazon en version Kindle .

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