Interdire Tor et les réseaux Wi-Fi publics, la solution contre le terrorisme ?

le 12 décembre 2015 à 09h14
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Les forces de l'ordre aimeraient, en cas d'état d'urgence, pouvoir interdire les connexions Wi-Fi libres et partagées, supprimer les réseaux Wi-Fi publics, proscrire les communications via Tor.

Dans le cadre de deux projets de loi, sur l'état d'urgence ainsi que sur la lutte antiterroriste, les propositions de mesures formulées par les forces de l'ordre sont recueillies par la direction des libertés publiques et des affaires juridiques (DLPAJ). Le Monde affirme avoir récupéré plusieurs documents révélant la nature de ces suggestions.

D'une part, la police et la gendarmerie souhaitent que les personnes faisant l'objet d'une fiche S soient tout simplement incarcérées. Selon Le Monde ces fiches « concernent 20 000 personnes, dont 10 500 islamistes, et comportent quinze niveaux de dangerosité ».

Dans un autre document de la DLPAJ, la police explique que durant une période d'état d'urgence, elle souhaite « interdire les connexions Wi-Fi libres et partagées », mais également supprimer les réseaux Wi-Fi publics. L'idée est bien entendu de pouvoir identifier une personne plus clairement en récupérant une adresse IP privée.

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Il n'est pas surprenant d'apprendre que la police française souhaite plus concrètement s'autoriser tous les droits de contrôle imaginables, qu'il s'agisse d'« interdire et bloquer les communications des réseaux TOR en France » ou encore d'« identifier les applications de VoIP et obliger les éditeurs à communiquer aux forces de sécurité les clefs de chiffrement ». Les autorités souhaitent même pouvoir flasher l'ensemble des voitures grâce à leurs radars, pas pour mettre des contraventions, mais pour localiser un véhicule et donc transformer les radars en caméras.

Il semblerait donc que l'état d'urgence soit l'occasion pour la police de multiplier ses pouvoirs. Ces textes pourraient être présentés en début d'année prochaine par la Direction générale de la police nationale.

Mise à jour:
Le Premier ministre Manuel Valls est intervenu sur BFM TV. L'homme explique n'avoir jamais entendu parler de ces demandes émanant de la Police. Il affirme qu'Internet présente un certain nombre d'avantages mais est également un moyen de communication et de propagande pour les terroristes.

« Non l'interdiction du Wi-Fi n'est pas une piste envisagée aujourd'hui pour lutter contre le terrorisme », affirme M. Valls sans pour autant faire mention du réseau anonyme Tor.





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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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