iRobot est sorti de la faillite le 23 janvier sous contrôle chinois. Picea, son fabricant historique, détient 100 % de l'entreprise, mais les données américaines échappent à Pékin via une filiale autonome.

iRobot a finalisé son rachat par Shenzhen PICEA Robotics le 23 janvier. L'opération met fin au chapitre 11, cette procédure de sauvegarde qui aura duré plusieurs mois. Picea fabriquait déjà les Roomba, comme le bijou de la marque, le J9+ Combo, depuis des années et se retrouve désormais unique propriétaire de la marque. Pour Gary Cohen, le P-DG d'iRobot, il s'agit d'une « assise financière renforcée », mais les aspirateurs robots se vendent désormais avec des bras articulés ou grimpent les escaliers, ce que les Roomba ne font toujours pas. La concurrence s'est durcie et la relance en 2025, avec cinq nouveaux produits et des prix en baisse, n'y aura rien fait.
Mais que deviennent les données des millions d'utilisateurs avec ce changement de crèmerie ? Les Roomba cartographient les intérieurs, enregistrent les habitudes de passage et photographient parfois des pièces entières. On sait que Pékin impose aux entreprises locales de coopérer avec ses services de renseignement, ce qui inquiète Washington et les régulateurs européens. Pour éteindre un incendie naissant et surtout, rassurer les clients, iRobot a créé iRobot Safe, une filiale américaine indépendante chargée de protéger les données des consommateurs américains et internationaux.
Un conseil d'administration 100 % américain
iRobot Safe sera dirigée par un conseil composé uniquement de citoyens américains. Un responsable de la sécurité des données indépendant, basé aux États-Unis, aura des pouvoirs de protection étendus. iRobot a conçu cette architecture pour séparer juridiquement les activités chinoises de Picea et les informations collectées par les robots. Les données américaines resteront sur le sol américain, gérées par des Américains, sans accès possible depuis Shenzhen ou Hong Kong.
D'autres entreprises ont tenté des montages similaires. TikTok avait proposé son projet Texas, abandonné faute d'accord avec Washington. Les sociétés chinoises rachètent des actifs occidentaux tout en isolant certaines opérations sensibles, mais les autorités américaines sont vigilantes. Pour iRobot, il faut rassurer Washington et conserver la confiance des clients. Perdre l'une ou l'autre signifierait la fin du modèle économique.
Le siège d'iRobot de Bedford garde les équipes d'ingénierie
iRobot conserve son siège à Bedford, dans le Massachusetts. Les équipes d'ingénierie, de développement produit et de marketing y travaillent toujours. Picea contrôle la production avec 7 000 employés dans le monde, des usines en Chine et au Vietnam, plus de 1 300 brevets déposés. L'entreprise chinoise a déjà fabriqué 20 millions d'aspirateurs robots pour divers clients internationaux. Elle connaît le métier, mais ne touchera pas aux données sensibles collectées aux États-Unis ou en Europe.
Gary Cohen affirme qu' « avec Picea, nous nous attachons à fournir des produits fiables et de haute qualité, à accompagner nos clients, à protéger les données des consommateurs et à mener nos activités avec rigueur ». Pourtant, la faillite prouve que le pionnier des aspirateurs autonomes n'a pas su résister à la concurrence qui a fait baisser les prix et prix le large en matière d'innovations. Picea apporte une bouée financière, mais les consommateurs veulent plus de fonctions pour moins cher, et les marques asiatiques excellent dans cette équation.
Pour les consommateurs du vieux Continent, même si depuis 2023, la sécurité des données est censée être du même niveau aux États-Unis et en Europe, ce changement peut relancer leur inquiétude : que fait l'Amérique de mes données personnelles ?
Source : iRobot, Android Authority