Primaires UMP : pour A. Rufenacht, "il y a eu des irrégularités"

01 juin 2018 à 15h36
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Les votes pour la primaire UMP à la mairie de Paris seront clos ce lundi soir. Contrairement aux espoirs des dirigeants du parti, la campagne n'a pas été épargnée par la polémique, notamment à propos du vote électronique.

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La primaire UMP (désignation du candidat par les militants) pour la mairie de Paris devait être celle du renouveau, un poisson-pilote visant à préparer au mieux la désignation du candidat qui portera le parti d'opposition lors des prochaines présidentielles. Mais à quelques heures des premiers « dépouillements », la confusion semble avoir repris ses droits, à cause des soupçons de fraude.

La situation n'a pour le moment rien de comparable avec celle du vote pour la présidence de l'UMP de l'automne dernier. Mais elle vient une nouvelle fois jeter le trouble dans un parti qui misait sur le principe de la primaire par vote électronique pour laver les candidats de tout soupçon.

Rappelons que le candidat UMP à la mairie de Paris doit en principe être désigné par les militants UMP, à condition que ces derniers aient pris la peine de s'inscrire sur un site dédié et de s'acquitter de trois euros afin de participer aux frais inhérents à la procédure. Vendredi, entre 18 000 et 19 000 votants s'étaient inscrits. La fédération locale de l'UMP compte près de 30 000 adhérents.

Dès le 30 mai dernier, Jean-François Legaret, maire du premier arrondissement de la capitale et candidat à la primaire, faisait état « de nombreux piratages du fichier des inscriptions ». Il avait même menacé sur Twitter d'intenter une action en justice pour faux et usage de faux, dans un tweet qui a depuis été supprimé. Ce lundi, il a affirmé s'être contenté de demander la mise en place d'une réunion de clarification, sans pour autant réclamer l'annulation ou la suspension des primaires.






Vendredi, des journalistes de MetroNews ont à leur tour lancé un pavé dans la mare, puisqu'ils sont parvenus à voter pour le compte de trois électeurs différents, avec la même carte bleue. Rien de bien compliqué finalement, puisqu'il suffit de se procurer l'état civil d'un électeur parisien (nom, date de naissance et adresse), aisément accessible après consultation des listes électorales.

Pierre-Yves Bournazel, maire du 18ème arrondissement et également candidat à la primaire, avait alors aussitôt déploré un système « incontestablement défaillant » et réclamé la suspension d'un vote « publiquement ridiculisé ».

« Il y a eu des irrégularités qui ont été commises »

Face à la polémique, Antoine Rufenacht, président du Conseil supérieur de la primaire UMP à Paris, a bien tenté d'éteindre l'incendie sur les ondes de France Inter. En refusant dans un premier temps toutes les revendications des candidats quant à une éventuelle suspension du scrutin. Et s'il se doit de reconnaître que des irrégularités ont bien été commises, il rappelle ensuite qu'un scrutin non-électronique « peut tout autant entraîner des fraudes ». Il suffit, il est vrai, de revenir quelques mois en arrière pour s'en convaincre.

À l'entendre, il n'existerait donc pas de procédure de scrutin irréprochable. Ce qui pose immanquablement la question de la légitimité du vote électronique qui, par le passé, a fait l'objet d'autres incidents. Ce fut notamment le cas lors des dernières élections législatives concernant le vote des Français de l'étranger. Le Parti Pirate avait déposé un recours en annulation pour de nombreux vices de procédure ainsi que des atteintes au secret du vote, la sincérité du suffrage, et l'accessibilité du scrutin, principes consacrés par la Constitution.

En 2011, Europe-Ecologie Les Verts avait quant à lui réduit substantiellement les risques de fraude en demandant à chaque électeur d'envoyer par courrier un justificatif d'identité dans le cadre de la désignation de son candidat pour la présidentielle.

La menace de poursuites judiciaires

Face à ce constat, Antoine Rufenacht n'hésite pas à brandir la menace d'éventuelles poursuites judiciaires. « Quand vous votez pour quelqu'un d'autre en utilisant son identité, ça s'appelle une usurpation d'identité. C'est un délit grave. Si l'on considère que ces délits sont nombreux, il y aura des poursuites. Et nous essayerons de faire en sorte que les délinquants soient condamnés. » a-t-il déclaré. L'usurpation d'identité est sanctionnée par le code pénal d'une peine d'un an d'emprisonnement et d'une amende pouvant atteindre 15 000 euros.

Surfant sur la polémique, l'équipe du PS ayant organisé les primaires de 2011 pour la présidentielle s'est de son côté autorisée un petit coup de communication, expliquant comment détourner 10% des suffrages avec 9 350 euros en poussant le plus possible le processus de fraude. Un véritable scénario catastrophe pour l'UMP.
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