WikiLeaks publie officiellement l'ensemble des câbles américains non expurgés

01 juin 2018 à 15h36
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Suite à la disponibilité accidentelle en ligne d'un fichier lui appartenant qui contenait des câbles diplomatiques originaux du département d'Etat américain, fichier protégé par un mot de passe ayant lui aussi été rendu public, WikiLeaks a publié cette nuit l'intégralité des 251 287 documents sans protéger les noms des informateurs.

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Le journal allemand Spiegel Online International annonçait le 29 août qu'un fichier WikiLeaks contenant des câbles diplomatiques originaux du département d'Etat américain se trouvait par erreur en ligne et que le mot de passe le protégeant avait été révélé. Le nom des informateurs n'étant pas caché, la vie de ceux-ci pourrait être en danger, en particulier celle des résidents de pays hostiles aux Etats-Unis. Le Guardian, lié à cette affaire, affirmait hier que WikiLeaks envisageait de publier « officiellement » l'intégralité des documents en question. C'est maintenant chose faite.

Spiegel Online International s'efforce de retracer le cheminement de ce fichier de manière à comprendre comment il a pu être ainsi mis à disposition sur la toile. Selon le journal, depuis le début de l'année, un fichier chiffré circule sur le web, qui contiendrait environ 251 000 documents du département d'Etat américain non expurgés, c'est-à-dire présentant le nom des informateurs, habituellement non dévoilé. Obtenus par WikiLeaks au printemps 2010, ces documents avaient commencé d'être publiés par les médias en novembre 2010, avec les modifications d'usage.

Spiegel explique que la mise en ligne du fichier s'est faite par un malheureux concours de circonstances. Lors de l'été 2010, le fondateur de WikiLeaks Julian Assange aurait dissimulé le fameux fichier sur un serveur de WikiLeaks. Or le contenu de ce serveur aurait été emporté par Daniel Domscheit-Berg, l'ancien porte-parole allemand de WikiLeaks, qui œuvre actuellement pour le site concurrent OpenLeaks, et un autre collaborateur lorsqu'ils ont quitté le site en septembre. Quand, fin 2010, M. Domscheit-Berg a rendu une partie du contenu du serveur, ces documents ont été publiés en tant qu'archives par les partisans de WikiLeaks, qui ignoraient la présence du fichier sensible.

OpenLeaks aurait prévenu les journalistes
Ce fichier étant dissimulé dans un sous-répertoire et accessible uniquement par mot de passe, l'affaire aurait pu en rester là. Toutefois, il faut préciser que Julian Assange avait communiqué ce mot de passe à un « contact externe » . Spiegel indiquait que le mot de passe avait été dévoilé au printemps dernier par le « contact externe », ignorant du fait que le fichier correspondant était accessible sur Internet. Or, selon WikiLeaks, c'est le Guardian qui est responsable de la disponibilité des documents confidentiels non expurgés. Dans son article d'hier, le journal reconnaissait avoir mentionné le mot de passe dans son livre intitulé Inside Julian Assange's War on Secrecy, publié en février dernier. Le Guardian a toutefois répondu aux accusations de Julian Assange selon lesquelles le journal serait à l'origine de la brèche en expliquant que le fichier sensible n'était censé être accessible que quelques heures bien avant la publication du mot de passe. Le journal estime ainsi que la disponibilité actuelle des fichiers sur le web relève de l'entière responsabilité de WikiLeaks.

Là encore, les choses auraient pu en rester là si les membres d'OpenLeaks (selon Spiegel) ou Daniel Domscheit-Berg en personne (selon le Guardian) n'avaient pas attiré l'attention sur le fait qu'à la fois le fichier sensible et le mot de passe le protégeant étaient disponibles, rendant ainsi les documents accessibles. Une bonne « publicité » pour OpenLeaks, qui voit ainsi l'occasion de prouver le manque de fiabilité de son rival. Le journal Der Freitag a notamment annoncé avoir eu accès au fichier, rapporte le blog ThreatLevel de Wired.com, sans préciser si le journal allemand a été contacté par OpenLeaks ou non.

Les câbles publiés de crainte que les « révolutions et les réformes » ne soient « perdues »
Outre se défendre dans cette affaire, le Guardian annonçait hier que, suite à une enquête auprès de ses partisans sur Twitter, WikiLeaks était sur le point de publier l'intégralité des câbles diplomatiques américains non expurgés accessibles via la brèche signalée. Le site WikiLeaks s'est en effet exécuté dans la nuit de jeudi à vendredi, comme en témoigne son compte Twitter. Dans son article sur le sujet, le StarTelegram évoque le communiqué envoyé par WikiLeaks aux reporters vendredi matin visant à expliquer les raisons de la publication officielle de l'ensemble des câbles. Selon WikiLeaks, la connaissance de l'accessibilité des documents sur Internet commençait à prendre trop d'ampleur. Le site aurait ainsi considéré comme nécessaire de dévoiler ouvertement les câbles de manière à « protéger leur impact sur les événements d'actualité », explique le Star-Telegram. Le communiqué parvenu aux journalistes indiquait en effet « Les révolutions et les réformes risquent d'être perdues si les câbles non publiés parviennent aux services de renseignement et aux gouvernements avant d'arriver au public ». Cependant, le Star-Telegram met en avant la question de la sécurité des informateurs, qui n'est pas garantie.

Rappelons que, selon la page mise en ligne par WikiLeaks en novembre 2010, au moment du début de la publication des câbles diplomatiques américains, qui devait se faire par étapes, ces documents « contiennent des communications confidentielles entre 274 ambassades du monde entier et le département d'État à Washington DC. 15 652 de ces câbles sont classés "Secret" ». Selon Julian Assange, « cette publication de documents révèle les contradictions entre la façade publique des USA et ce qui se dit dans les antichambres - et démontre que si les citoyens d'une démocratie attendent de leurs gouvernements qu'ils reflètent leur volonté, ils devraient demander à voir ce qui se passe en coulisse ». Le fondateur de WikiLeaks annonçait en outre : « Les câbles dévoilent les USA espionnant leurs alliés et l'ONU ; fermant les yeux sur la corruption et les violations des droits de l'homme des « pays clients » ; des arrangements discrets avec des pays supposés neutres ; et du lobbying pour les entreprises américaines ».
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