Portrait : Onetous vous trouve des compagnons de sortie

01 juin 2018 à 15h36
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Avec une carte interactive, Onetous met en lien les personnes qui partagent les mêmes centres d'intérêt. Utile par exemple pour les amateurs de tennis qui ne trouvent aucun partenaire pour leur renvoyer la balle. Destiné par nature au mobile, le projet intéresse aussi les professionnels.

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B. Davaut, Y. Genier et S. Schropff
La création d'une start-up commence souvent par une petite histoire. Lorsque Sébastien Schropff s'installe à Lyon pour son travail en 2008, il ne connaît personne. Il finit par se constituer un cercle d'amis, mais difficile pour ce féru de parapente de trouver des compagnons de saut. « C'est ça de faire un sport atypique, déplore-t-il, on se retrouve seul. » Sébastien Schropff se lance alors dans l'entrepreneuriat.

C'est peut-être une habitude prise avec le parapente. Le nouvel entrepreneur, responsable commercial pour une société de télécoms dans la ville aux deux collines depuis trois ans, se jette littéralement dans son projet Il quitte son poste sans business plan aucun, sans associés, avec juste une idée : une place de marché pour partager localement des activités.

Quand on lui dit que tous les mentors conseillent de ne surtout pas faire ça, il réplique qu'il a voulu ne pas se donner le choix. « J'ai fait comme le Conquistador Hernan Cortès qui, à la fin du XVe siècle en arrivant en Amérique du Sud, a ordonné à son équipage de brûler tous ses bateaux, pour que son équipe ait faim de victoire et, surtout, n'ait pas d'autres choix que d'avancer, ou d'échouer », compare-t-il !

Le service se présente sous la forme d'une carte. Remplie d'items correspondant chacun à une activité, Onetous filtre les centres d'intérêt en dix catégories : sport, bars & restaurants, cinéma, TV & spectacles, musique, jeux, culture, nature, science & high tech ou business. Lancé à Annecy, le portail s'est étendu au territoire national récemment. La carte permet de voir qui fait quoi autour de soi.

« L'intérêt est de ne pas se limiter aux sorties officielles », explique le fondateur. « Par exemple, je peux vouloir organiser un barbecue sur ma terrasse ou une séance de tennis, alors je crée l'événement, et des gens peuvent me contacter pour me rejoindre », poursuit-il. Mieux, une fois connecté, Onetous prend en compte les habitudes de chacun pour pousser des activités ciblées et susceptibles de plaire.

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Car derrière, Onetous parle aussi aux professionnels, organisateurs d'événements. Environ 80 ont répondu à l'appel. Ces derniers peuvent proposer des activités organisées par leurs soins. La plateforme génère une visibilité, gère le paiement, la billetterie et se rémunère bien sûr au passage à 20%. Ce modèle économique a déjà permis à la société de commencer à réaliser un peu de chiffre d'affaires.

Pour aller plus loin, Onetous veut proposer ses services en marque blanche. « Par exemple un site dédié à la moto va intégrer notre carte mais en ne gardant que ce qui l'intéresse, les sorties motos, et éventuellement dans sa région », précise l'entrepreneur. Selon lui, une dizaine de sites attendaient cette fonction, prévue pour octobre. Avant cela, il faudra lever des fonds puis recruter deux développeurs.

Nous sommes au début 2011 quand Onetous (« One to us ») voit le jour. Quelques mois plus tard, deux associés embarquent avec Sébastien Schropff : Yoann Genier, fondateur d'une agence en gestion de communauté, Webyo, qui sera le directeur marketing de la start-up. Et Benoit Davaut, fondateur d'une agence Web en 2011, baptisée iCreaWeb, qui deviendra le directeur technique de Onetous.

Petite anecdote au sujet de ce dernier, « à la base, quand on est entrés en contact, il voulait que je travaille pour sa boîte. Finalement, c'est lui bosse pour moi », s'amuse Sébastien Schropff. Le projet peut débuter. Le trio de trentenaires apporte un peu moins de 30 000 euros de capital pour amorcer la pompe. En mai 2012, la cofondatrice de Lesjeudis.com apporte son écot, à hauteur de 40 000 euros.

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En septembre de la même année, la start-up obtient un prêt d'honneur de la part du réseau Initiative France. Pas suffisant. La jeune société veut lever des fonds pour atteindre une masse critique. Pour cela, il faut générer du trafic. Et donc investir en marketing et communication. Inscrite sur la plateforme de financement participatif Particeep, Onetous n'a récolté, à date, que 1% des 250 000 euros espérés.

« La plateforme n'est pas connue encore, se justifie Sébastien Schropff, mais nous sommes persuadés que le crowdfunding est l'avenir du financement des start-up. » Et ajoute : « Le cadre est dur en France pour les investisseurs car on leur demande trop de justificatifs et certaines informations qui finalement les dissuadent. » En parallèle, il a eu la promesse de recevoir 100 000 euros de business angels.

L'avenir du service devrait passer par le mobile. « Nous avons d'abord lancé une plateforme Web car c'est plus simple, et cela nous a permis de valider rapidement un certain nombre d'hypothèses », confie Sébastien Schropff. Mais en tant qu'outil voué à la géolocalisation, c'est sur smartphone que Onetous devrait acquérir ses lettres de noblesse. Les utilisateurs sauront ce qui les intéresse autour d'eux.

Et pour les professionnels, on entre de plein pied dans une logique de « Web-to-store ». Si la finalité n'est pas d'acheter un produit, elle concerne le paiement d'un service. Un organisateur de concerts pourra par exemple attirer vers ses événements les personnes intéressées et situées à proximité. À ce stade, Sébastien Schropff aura réussi son pari : « Certains font le tour du monde. Moi j'ai entrepris. »
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