Hadopi cherche une nouvelle fois à convaincre de son efficacité

01 juin 2018 à 15h36
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A moins d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle, la Hadopi reprend le chemin de la communication pour convaincre de l'efficacité de son action, à l'aide d'un habile agrégat de chiffres et d'études de provenance diverses.

Alors qu'une majorité des candidats à la présidentielle proposent l'abrogation de la loi Hadopi dans leurs programmes (avoir Présidentielle : les propositions "Numériques" des candidats en une image), la Haute Autorité du même nom a publié mardi un rapport d'étape (pdf) de son crû selon lequel les effets de son action sur les pratiques en matière de téléchargement illégal seraient bien réels.

« La comparaison entre les différentes sources disponibles met en évidence une nette tendance au recul du téléchargement illégal en P2P. Rien ne permet d'affirmer qu'il y a eu un report massif des usages vers les technologies de streaming ou de téléchargement direct », écrit ainsi en introduction de son rapport la Hadopi, avant de souligner qu'il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences de la fermeture de Megaupload, survenue le 19 janvier dernier.

Le premier gage de l'efficacité de la Hadopi sont justement les chiffres de la Hadopi : ainsi 95% des internautes entrés dans le premier stade de la riposte graduée (envoi d'un email d'avertissement) n'auraient pas été repérés à nouveau sur les réseaux P2P. L'effet dissuasif serait donc bien réel et se doublerait d'une forme d'évangélisation puisque 6% de ces internautes à qui a été adressée la première recommandation auraient contacté l'autorité pour plus d'informations.

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Pour étayer ses propres chiffres, la Hadopi pioche ensuite dans le copieux rapport 2011 de l'IFPI, qui représente pour mémoire l'industrie de la musique. Elle en retient notamment les chiffres Nielsen / IFPI selon lesquels l'audience cumulée et dédupliquée sur une quarantaine de sites « proposant des liens vers des fichiers et applications P2P » a baissé d'environ 17% en 2011, pour se stabiliser en fin d'année à un peu plus de 4 millions visiteurs uniques par mois.

Sont également avancés les chiffres fournis par Peer Media Technologies, qui s'intéresse aux volumes de téléchargement constatés sur les réseaux, à partir d'un échantillon de films récents. Ce « spécialiste mondial de la lutte contre le piratage » constate une baisse d'environ 43% des mises à disposition sur l'année 2011, ce qui laisserait donc entendre que les internautes français partagent de moins en moins de fichiers sur les réseaux P2P.

Rebelote avec des chiffres ALPA / TMG (industrie du cinéma français et prestataire technique de la Hadopi), qui témoignent quant à eux d'une « baisse d'environ 66% des mises à disposition illicites de films sur les réseaux P2P en 2011 ».

Le dernier volet de la démonstration s'effectue sur la base de chiffres d'audience liées aux services emblématiques de l'offre légale, stables ou en progression. Le panel des services qui profitent du label PUR (sanctionnant une offre légale) profite ainsi d'une audience en hausse de 20% sur 2011.

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L'après Megaupload, le vrai enjeu ?

Bien qu'une partie des chiffres évoqués ici émanent d'acteurs qui sont également partie prenante de la lutte contre le téléchargement illégal, la variété des sources et des indicateurs fait que la Hadopi est probablement dans son bon droit lorsqu'elle estime que les usages du P2P ont baissé en France, en 2011.

En revanche, rien ici ne permet d'affirmer que cette baisse découle directement de son action, notamment parce qu'une partie des internautes ont opté pour de nouvelles sources de contenus illégaux, comme en témoigne l'éclat retentissant de la fermeture de Megaupload. « Il n'est pas à exclure un report de certains usages illicites vers le P2P consécutif à cette fermeture », admet d'ailleurs la Hadopi (une étude Ifop récemment commanditée par Clubic confirme cette possibilité).

« La mise en production du nouveau système d'information de la réponse graduée, intervenue dans le 1er trimestre 2012, permettra d'adapter l'ampleur du dispositif à ce nouveau contexte s'il venait à se confirmer », promet toutefois la rue de Texel.
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