Google évince la presse belge de son index

18 juillet 2011 à 08h55
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Le conflit monte d'un cran entre Google et la société de gestion de droits des éditeurs de presse belge : récemment condamné en justice, le moteur de recherche a pris la décision, vendredi, d'évincer purement et simplement les contenus des différents quotidiens représentés par Copiepresse de son index. La sanction concerne aussi bien Google Actualités que le moteur de recherche général.

Inutile, en ce lundi matin, de chercher à accéder aux articles et aux sites du Soir, de la Libre Belgique ou de l'Avenir par l'intermédiaire de Google : le numéro un mondial de la recherche en ligne a en effet sciemment évincé ces derniers de son index, en réaction aux poursuites engagées à son encontre par Copiepresse, la société qui se charge de gérer les droits des différents quotidiens francophones et germanophones belges.

Depuis 2006, Copiepresse défend l'idée selon laquelle Google enfreint le droit d'auteur en reproduisant de façon indue tout ou partie des articles produits par les médias qu'elle représente via son service Google Actualités. Le 5 mai dernier, la justice belge lui a finalement donné raison, en condamnant le moteur de recherche à ne plus reprendre les contenus concernés sur Google Actualités dans l'accord préalable des éditeurs impliqués. « La Cour considère avec totale raison que ces reproductions constituent bien des contrefaçons du fait de l'absence d'autorisation préalable des éditeurs et des auteurs journalistes pour réaliser cette activité », se félicitait alors Copiepresse.

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Google a finalement choisi d'interpréter cet arrêt à la lettre en procédant au retrait, le 15 juillet, de tous les sites de presse belge représentés par Copiepresse de son index, sans s'arrêter au seul Google Actualités. « Compte tenu de la récente décision d'appel, nous retirons les contenus de Copiepresse de notre index. Nous regrettons d'avoir à prendre une telle mesure et nous restons ouverts à travailler en collaboration avec les membres de Copiepresse à l'avenir », justifie le moteur dans un communiqué relayé par RTL.be.

Cette décision ne fait logiquement pas l'affaire des éditeurs concernés qui, comme tous les sites média, construisent une part non négligeable de leur audience sur le trafic généré par l'indexation de leurs pages dans Google. « Je trouve que c'est une application pointilleuse et mesquine de l'arrêt du 5 mai », commente Philippe Laloux, responsable du site Le Soir.be, chez RTL.be. « Cela me pose sérieusement question sur la neutralité de ce moteur de recherche. Google se vante de cette neutralité, et là il démontre user de pratiques douteuses ! ».

Copiepresse pour sa part indique n'avoir eu connaissance de cette décision que deux heures avant l'éviction des quotidiens belges de l'index de Google et dénonce des méthodes de rétorsion auxquelles les éditeurs concernés ne céderont pas.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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