Apple et IBM : les anciens ennemis font cause commune dans la mobilité

16 juillet 2014 à 18h31
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L'histoire entre Apple et IBM est plutôt mouvementée. Ces anciens ennemis ont pourtant signé un partenariat important dans le domaine de la mobilité en entreprise. Un rapprochement motivé par des arguments économiques et non plus par une vision différente de l'informatique.

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Entre Ginni Rometty et Tim Cook, les p-dg d'IBM et Apple, tout va pour le mieux. Les deux firmes ont annoncé avoir signé un partenariat visant à créer plus d'une centaine d'applications métiers dédiées aux entreprises. Plusieurs secteurs comme la distribution, la santé, la banque, les transports, le tourisme, les télécommunications, l'assurance sont particulièrement visés par la mesure.

Pourtant, les relations entre les deux sociétés n'ont pas toujours été calmes. Par le passé, Apple a déjà tapé (même en dessous de la ceinture) son concurrent. En décembre 1983, quelques semaines avant le lancement du Mac, Steve Jobs était pris en photo devant les locaux d'IBM, à Manhattan en train d'exécuter un geste plutôt insultant pour celui qui allait par la suite équiper ses postes en CPU.

Au-delà du caractère insolite de la photographie, Apple avait, à ses débuts critiqué la vision de l'informatique d'IBM. A titre d'exemple, la publicité pour le MacIntosh diffusée lors du Superbowl 1984 qui vit la victoire des Raiders d'Oakland était une critique directe d'un système baptisé Big Brother. Référence directe au livre intitulé « 1984 » de George Orwell, la réclame était également une attaque contre Big Blue, alias IBM.

Des relations détendues depuis

Cette période est lointaine pour Apple et IBM. Les deux firmes ont par exemple dès 1991 signé des partenariats, en particulier dans le domaine des processeurs PowerPC. Ces derniers étaient notamment issus d'une alliance signée entre les deux firmes et Motorola dont l'objectif était de concurrencer l'architecture x86 d'Intel. En 2006, Apple décidera finalement de doter ses machines de processeurs d'Intel à la différence des iPhone et iPad toujours équipés en ARM.

Désormais, Apple et IBM ont des objectifs communs. L'annonce du partenariat entre les deux entreprises est un signe fort que la marque à la pomme souhaite dès à présent mettre l'accent sur les services destinés aux professionnels. L'accord est composé de 4 piliers majeurs :

  • Une centaine de solutions adaptées à différents secteurs d'activité, dont des applications natives spécialement conçues pour l'iPhone et l'iPad.
  • Des services sur le cloud d'IBM optimisés pour iOS, en matière de gestion des appareils, de la sécurité, de l'analyse de données et de l'intégration des appareils mobiles.
  • Une nouvelle offre d'assistance AppleCare adaptée aux besoins des entreprises.
  • De nouvelles offres packagées d'IBM pour l'activation, l'approvisionnement et la gestion d'appareils.

Dans ce cadre, Apple va permettre aux éditeurs d'utiliser ses API afin qu'ils puissent utiliser ces applications métier. L'ambition est donc de créer un écosystème complet de services destinés aux professionnels.

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Apple, un concurrent face à BlackBerry et Microsoft

L'annonce de la firme américaine est importante dans le domaine de la mobilité en entreprise. Jusqu'à présent, Apple n'était présent que de fait dans le milieu professionnel, la société surfant sur la vague du BYOD (bring your own device ou littéralement apportez votre propre terminal au bureau).

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En faisant équipe avec IBM, le groupe va disposer d'une force de frappe importante. Outre les 100 000 responsables et développeurs chargés de proposer des flottes d'iPad et d'iPhone en entreprises, la plateforme IBM MobileFirst for IOS devrait proposer à terme un ensemble de services allant du stockage en mode cloud mais également des catalogues d'applications dans certains domaines particuliers.

Apple frappe donc où cela fait mal et profite de la faiblesse de BlackBerry et de son système de gestion des flottes mobiles baptisé BES. Même si la société propose toujours la prise en compte de mobiles de tous types (y compris Windows Phone 8), son concurrent vient directement chasser sur ses terres.

Enfin, Microsoft pourrait également pâtir de cette annonce. En signant le rachat de Nokia, le géant de Redmond a toutes les cartes en main pour proposer aux professionnels un outil mobile tout-en-un destiné à l'environnement professionnel. Cependant Microsoft doit encore séduire les entreprises et surtout convaincre ceux qui utilisent leur smartphone personnel au travail, en particulier les possesseurs d'iPhone. Un terrain sur lequel Apple a déjà une longueur d'avance.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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