Daesh : les opérateurs satellitaires européens nient leur rôle dans la fourniture d'Internet

11 décembre 2015 à 14h35
0
Outil central dans la machine de propagande de Daesh, Internet permet de recruter au-delà des frontières. Pour se connecter, les terroristes utiliseraient les capacités de satellites européens.

Dans une enquête publiée le week-end dernier, le journal allemand Spiegel Online pointe du doigt plusieurs acteurs de l'Internet satellitaire européens (SES, Avanti et le français Eutelsat) pour leur rôle supposé dans la fourniture d'une connexion au Web à Daesh. Alors que les géants du Net Google, Facebook ou Twitter sont appelés à contenir la propagande de l'organisation terroriste, se pose ici la question de son accès au réseau.

Et cette question est centrale dans la lutte contre le terrorisme, car Internet est l'un des vecteurs principaux utilisés par Daesh pour embrigader ses futures recrues. L'organisation diffuse sur les réseaux sociaux grand public ses messages de propagande, qu'elle adapte dans les langues locales, afin de toucher le plus de gens.

Des paraboles turques

Selon le Spiegel, l'organisation terroriste contourne le mauvais état des infrastructures Internet des zones qu'elle contrôle - en Syrie et en Irak - en se connectant par satellite, au moyen de paraboles achetées dans des pays frontaliers, dont la Turquie. En tant que prestataires techniques situés en amont de la chaîne, les opérateurs satellitaires se sont défendus de connaître les clients finaux, voire d'avoir pris des précautions.


03E8000007803101-photo-satellite-eutelsat.jpg


C'est le cas d'Eutelsat, seul à avoir réagi publiquement. Le français, contrôlé à 26 % par l'État via la Caisse des dépôts, apporte dans un communiqué deux « clarifications ». Premièrement, il « n'a pas de contact avec des utilisateurs finaux », deuxièmement, « son réseau de distribution n'inclut aucun fournisseur de services en Syrie ». Eutelsat souligne qu'en 2013, il a interdit aux distributeurs de fournir des services Internet en Syrie.

Coordonnées GPS

Pourtant, lorsque les équipements fournis par les FAI se connectent aux satellites, ces derniers reçoivent des coordonnées GPS. Des informations censées permettre, en théorie, de pouvoir remonter la piste. Ainsi selon le Spiegel, de telles connexions sont bel et bien réalisées depuis le territoire de Daesh, dont Raqqa, la capitale autoproclamée, ou encore la ville de Mossoul, en Irak. Mais du côté des opérateurs satellitaires, aucun signal.

L'opérateur luxembourgeois SES a déclaré ne « pas (avoir) connaissance que ses satellites sont utilisés par l'EI ou dans des zones syriennes contrôlées par l'EI » et que si tel était le cas, il mettrait « tout en œuvre pour y mettre fin ». Eutelsat, lui, dit « n'avoir aucune connaissance d'utilisation de ses ressources par Daesh ». Si l'Internet satellitaire était coupé, il enrayerait la propagande, mais aussi les efforts de résistance des civils.


À lire également :

Modifié le 01/06/2018 à 15h36
Soyez toujours courtois dans vos commentaires.
Respectez le réglement de la communauté.
0
0

Actualités du moment

Play Store : Google introduit une option de paiement familial
Cowon Plenue D : un baladeur Hi-Res compact et abordable
E-mails, appels professionnels le week-end : pour certains il n’y a pas d’heure
Noël : les cadeaux high-tech ont toujours le vent en poupe
Emails Voila.fr : Orange ferme, une pétition pour sa reprise
Steam : 77 000 comptes piratés chaque mois, le fléau que Valve veut endiguer à tout prix
Fibre SFR : réseaux publics et reports d'investissement profitent aux petites villes
Chine, Europe, Taiwan : l'étau se resserre autour de Qualcomm
DS216 : le nouveau NAS à deux baies de Synology
En quête de renouveau, Angry Birds perd son PDG
Haut de page