L'imprimante reconditionnée voudrait s'imposer en entreprise

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Le 26 janvier 2015
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Reconditionner des imprimantes pour sauver la planète et la bourse des PME, c'est le pari de LM Eco Production. Son autre quête est de relancer les ventes de cartouches compatibles de sa maison-mère.

Que deviennent les imprimantes dont une entreprise se sépare ? La plupart du temps, elles sont détruites ou envoyées à l'étranger. Cyril Berthier, un entrepreneur lyonnais, préfère mettre la main sur ces machines, les reconditionner et les revendre à d'autres entreprises. Le bénéfice est environnemental et économique.


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Processus de reconditionnement - Crédit : LM Eco Production.


« Alors qu'il est déjà très développé en Allemagne, le marché des imprimantes reconditionnées balbutie dans l'Hexagone, où il représente moins de 1% du marché. Quelques opérations menées ponctuellement par divers acteurs n'ont jamais débouché sur la création d'une véritable activité récurrente », lit-on sur la plaquette de la société LM Eco Production. Celle-ci a été fondée en mars 2014 pour tenter de s'emparer de la question.

Sauver les ventes de Lama France


Derrière l'écologie se cache une autre considération, plus prosaïque. Cette jeune société émane en fait du groupe Lama France, un spécialiste de la distribution de consommables d'impression compatibles depuis 25 ans. Comme tous les acteurs de ce secteur, il « souffre du renouvellement fréquent des imprimantes dans les entreprises », souligne Cyril Berthier. Tous les trois ans en moyenne, les entreprises renouvellent leur parc, avec de nouvelles cartouches, et les fabricants de « compatibles » doivent s'adapter pour suivre la cadence.

L'autre problème découlant de ces changements est la durée de garantie. Lorsqu'elles viennent de s'équiper en matériel neuf, les entreprises ne veulent pas courir le risque d'utiliser des cartouches compatibles, qui peuvent compromettre la garantie du constructeur. En prolongeant la durée de vie d'une imprimante, LM Eco Production veut assurer la pérennité des ventes des cartouches de Lama France. Au bout de 3 ans, la garantie du fabricant est déjà passée, et les entreprises peuvent s'équiper sans retenue en cartouches compatibles.

Des imprimantes âgées de 3 ans


Installée dans un entrepôt de 5 000 m² de la banlieue lyonnaise, l'entreprise reçoit les imprimantes usagées, âgées de 3 ans en moyenne, avant de les reconditionner. Au menu : remplacement des pièces manquantes et cassées, vérification du bon fonctionnement des connectiques, de la durée de vie du four et du tambour, remplacement du toner, nettoyage général, test d'impression final, réinitialisation des paramètres usine...

A ce stade, il ne reste plus qu'à emballer l'imprimante et à lui apposer le logo Eco Imprimante. Attention : cela ne signifie pas que la machine a obtenu une certification écologique. Mais simplement qu'elle a passé les tests de LM Eco Production, la rendant apte à débuter une seconde vie. Pour ce qui est de leur fiabilité, la société prend quelques précautions. D'abord, toutes les imprimantes reçues ne sont pas reconditionnées.

Cyril Berthier explique : « En fait, nous ne prenons que celles dont les pièces maîtresses ont encore au moins la moitié de la durée de vie prévue par le constructeur à l'origine. Les autres (40%) sont conservées pour les pièces détachées. » Pour rassurer la clientèle, une garantie de 1 an accompagne chaque imprimante vendue. « Nous gérons le SAV en direct et il est accessible en permanence par Internet », met en avant la société.

Garanties 1 an et 20 à 70% moins chères


Au-delà du geste en faveur de l'écologie, l'économie à attendre est de l'ordre de 20 à 70%. La décote est alléchante et intéressera au premier chef les PME, premières cibles de LM Eco Production. En un peu moins d'une année, un millier d'imprimantes ont été ainsi vendues. D'ici à 2016, cet expert de l'occasion espère en écouler 4 000 par an, essentiellement via des magasins et des sites de bureautique et de vente d'encre.

C'est peu, sur les 900 000 imprimantes laser écoulées en France chaque année. Cyril Berthier n'attend pas de sitôt atteindre le même taux de pénétration que les cartouches reconditionnées (15%) mais vise 2 à 4% dans les prochaines années. Début février, il essaiera de convaincre de plus grands acteurs au salon IT Partners.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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