DSLR : malgré la chute des ventes, Nikon préparerait deux boîtiers pour 2021

Lola Gréco
Publié le 26 novembre 2020 à 08h33
Le Nikon D6 pour illustration
Le Nikon D6 pour illustration

Le DSLR est mort, vive le mirrorless ? Pas si sûr. Des rumeurs provenant de sources internes à Nikon suggèrent que le constructeur préparerait deux nouveaux DSLR pour 2021.

En parallèle de ces boîtiers, plusieurs objectifs à monture F (destinés aux DSLR donc) seraient également dans les tuyaux. Des informations qui laissent à penser que Nikon tient encore à sa gamme d'appareils photo reflex.

Deux nouveaux DSLR alors que Nikon est dans « une situation désespérée »

Ainsi, deux nouveaux DSLR Nikon devraient voir le jour en 2021, de même que plusieurs objectifs à monture F. Les informations à ce sujet s'arrêtent là, mais elles sont néanmoins révélatrices de l'attachement profond de la marque envers ses boîtiers à miroir. Un attachement qui n'a d'ailleurs pas été sans conséquence ces dernières années.

En effet, 2019 a été difficile pour Nikon, qui se dit dans « une situation désespérée » financièrement, et ce, à cause de décisions malheureuses au sein de l'entreprise. Et ce sans compter le désastre qu'a été l'année 2020, marquée par l'épidémie de coronavirus, pour les ventes globales d'appareils photo.

Certes, l'amélioration des APN des smartphones est l'un des facteurs principaux de l'effondrement des ventes, mais Nikon endosse aussi sa part de responsabilité. L'entreprise, tiraillée par les bons résultats de ventes de ses DSLR, a joué l'immobilisme et a mis du temps à se lancer sur le marché de l'hybride, laissant tout loisir à Sony de s'installer sur le trône, sans concurrent bien féroce.

Canon a certes su ébranler cette souveraineté de Sony avec l'EOS R5, rattrapant ainsi son retard, mais Nikon reste derrière. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2019, Sony a écoulé 1,65 million d'unités, quand Nikon en a seulement produit 280 000.

Nikon paie aussi aujourd'hui le manque de diversification de l'entreprise et l'échec de produits qui n'ont pas su séduire le public - comme les caméras d'action KeyMission -, ou pire, de projets qui n'ont pas été lancés sur le marché, comme les Nikon DL. De lourdes pertes financières qui ont mené à la situation difficile dans laquelle se trouve désormais le constructeur japonais.

L'area focus du Nikon D6 pour illustration
L'area focus du Nikon D6 pour illustration

Comment rattraper son retard ? À coup de firmwares et de mises à jour

Nikon ne le cache pas, la majorité de ses fonds destinés à la recherche et au développement vise, à raison, les appareils photo hybrides. Ce n'est pas pour autant que le développement du côté des DSLR s'arrête là, puisque les ventes de reflex du constructeur japonais surpassent toujours les ventes de mirrorless, bien que la tendance tende à s'inverser sous peu. Les premières livraisons Z7 II sont censées commencer à la mi-décembre et les retours des utilisateurs pèseront lourd dans la balance.

Pour remonter la pente, Nikon prévoit de sortir d'importantes mises à jour pour ses hybrides. Il ne s'agirait pas de corriger des problèmes mineurs, mais bien de continuer à améliorer les boîtiers déjà sortis afin de les aider à combattre leurs concurrents à armes égales. En d'autres termes, il s'agit de séduire de nouveaux acheteurs et de pousser les possesseurs de matériel Nikon à conserver leur parc de boîtier, objectifs, accessoires, etc.

À ce sujet, les rumeurs mentionnent également que les équipes de Nikon travaillent à perfectionner l'Eye AF, c'est-à-dire la mise au point sur l'œil. La fonction intègre maintenant un « Pet mode » et devrait fonctionner sur les animaux sauvages dans le futur. De même, l'application Snapbridge a reçu des améliorations majeures, permettant notamment d'installer des firmwares sans passer par la fastidieuse manipulation de carte mémoire. Autant d'efforts que Nikon ne doit pas négliger pour redorer son blason.

Par Lola Gréco

Rédactrice spécialisée dans la photo et le voyage, je suis également photographe autour du globe et correctrice acharnée. Je vais là où le Wi-Fi me mène en mangeant notamment les fautes d’orthographe des rédacteurs de Clubic.

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3615Buck

« sont sensées commencer »
==> censées

Bibifokencalecon

Les DSLR sont en perte sèche (ventes et part de marché) et tous les grands fabricants (enfin… les derniers restants) sont impactés : Canon, Nikon, Pentax.

Sony a fait le choix du « mirrorless » depuis longtemps et a été rejoint pas d’autres fabricants (Olympus, Fujitsu, etc.) dans les dernières années.

Canon et Nikon ont mis les bouchées doubles pour investir ce marché qui ne leur est pas du tout acquis. Ils ne croyaient pas en ce marché dans les annes 2010 (une grossière erreur, même pour l’époque). Et après avoir compris vers 2016 que ce nouveau marché allait dominer les prochaines décennies, ils se sont dépêchés de sortir des premiers modèles qui se sont révélés vraiment peu intéressants (mais c’est bien mieux aujourd’hui).

Leurs forces restent dans leur parc d’objectifs et d’accessoires « monstrueux ». Ce savoir faire ne se perd pas et se transpose assez bien avec les hybrides.

Quand à Pentax, marque dont j’ai plusieurs boîtiers DSLR, une bonne dizaine d’objectifs, et suis fidèle depuis 20 ans, je pense qu’ils vont disparaître de ce marché. Ils sont déjà dans une niche avec un faible potentiel d’acheteurs et déjà très fortement concurrencé. Ils sont trop petits financièrement pour survivre. La fermeture ou le rachat de l’entreprise (encore) est probablement ce qui les attend.

Cela n’empêche pas les 3 fabricants DSLR de continuer à annoncer et sortir de nouveaux modèles, car ce marché ne disparaîtra pas dans l’immédiat, et ce serait surtout un très mauvais signal pour leur public souvent très fidèle. Mais le transfuge des pros et des particuliers a bien débuté.

cpicchio

Et heureusement. La ‹ magie › d’un réflex (et d’un appareil à visée télémétrique) est de voir la véritable lumière, pas une image informatique.

Pour avoir eu pas mal de boitiers Nikon au fil des années (F501, F3HP, F801, F80, D80, D90 & D750), le viseur est à mon sens l’élément le plus important sur un appareil car cela aide à ‹ construire › une photo avec le bon cadrage & attendre le moment décisif. Et ça, aucun viseur électronique ne peut remplacer une visée directe.

Pour l’anecdote, j’avais acheté le F80 à la fin des années 90, beaucoup plus moderne que le F801 en pensant utiliser le F801 comme second boitier. A cause d’un viseur moins bon, c’est le F80 qui est devenu le second boitier !

Bibifokencalecon

Oui. J’ai le même sentiment et expérience pour le viseur et jeu de miroir optique (débuté avec un ancestral Canon AE-1 mais basculé chez Pentax dans les années 2000 pour les DSLR).

Reste que j’ai été moi-même bluffé par certains hybrides d’amis. Autant en termes de fonctionnalités que qualité de construction et imagerie. Et on peut s’imaginer qu’un viseur électronique du futur permettra aussi de « voir » dans le noir. Le numérique permet des choses que la physique optique ne peut pas atteindre.

papem

on est souvent bluffés par certaines fonctionnalités des hybrides, et pourtant elles pourraient être ajoutées facilement sur un reflex : focus peaking en live view, focus bracketing (apparu sur l’EOS 90D), détection de mouvement.

Palou

pour quoi faire ? la grande majorité qui achète un reflex n’en veut pas de tous ça et souhaite garder un viseur optique, très peu utilisent le Live View sur le terrain et c’est facile à comprendre pour ceux qui l’ont essayé … il y a ceux qui font des photos et les autres qui font des … images

pascalreedsmith

pour avoir commencé il y a longtemps avec des bridges Sony, cette fonctionnalité de vue nocturne existait déja en 2005 en live view, mais par le biais de l’infrarouge.
Pour le viseur, certes c’est mieux d’avoir une visée optique, mais nombre d’appareils d’entrée de gamme ont un viseur étriqué peu confortable et peu lumineux.
Le fait de pouvoir prévisualiser le rendu de sa photo dans le viseur (en terme d’expo notamment) est aussi un des atouts des hybrides. quand je changerais mon D750 par un Z je serais content !
il est probable que je garde les deux boitiers pendant un temps, le D750 étant toujours un très bon appareil (à l’ergonomie des menus un peu douteuse aussi quand on compare à Canon :smiley: )

christophesurman

Personnellement j’utilise les deux fonctionnalités sur mon DSLR en fonction du type d’image à réaliser. Le live view sur trépied s’apparente à la prise de vue à la chambre. Je ne crois pas que Ansel Adam ne faisait que des images. Vous connaissez Ansel Adam?.De plus heureusement que les faiseurs d’images achètent du matériel photographique sinon je n’imagine pas le prix du matériel pour les vrai photographes comme vous.

Palou

comme avec les smartphones quoi …
De nos jours, les gens font de la photo pour FB ou autres réseaux sociaux, pas pour la photo en tant qu’oeuvre d’art, juste un produit de consommation courante. Ce n’est pas ma vision

zorbatchev

Je ne serais pas aussi catégorique sur le liveview. Il est très utile sur un reflex dès qu’on fait du cadrage au ras du sol (macro par exemple). Et sur trépied, c’est très confortable, ne serait ce que pour faire une mise au point manuelle impeccable. Le liveview a tout à fait sa place sur un réflex pour une utilisation artistique. Et puis, pour avoir tâté du d3500 de Nikon : il y a d’un côté un viseur pentamiroir minuscule, de l’autre un liveview plutôt réactif, avec un bon écran. Donc je ne comprend même pas pourquoi les gens achètent encore ces reflex canon et nikon bas de gamme : l’argument de la visée optique ne tient pas.