Remplacer le bitume par des panneaux solaires : une fausse bonne idée ?

Matthieu Legouge Contributeur
25 septembre 2018 à 17h51
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Panneaux solaires route

Il y a environ 4 ans, l'idée de remplacer en partie le bitume des routes par des panneaux solaires a été concrétisée, notamment en France dans une commune de l'Orne. On connait aujourd'hui les résultats des études préliminaires qui ont été réalisées sur les « routes solaires »... et ils ne sont pas à la hauteur des attentes espérées.

Le concept avait tout de séduisant : recouvrir les routes de panneaux solaires, pourquoi pas ? Vu la superficie qu'occupent les routes un peu partout dans le monde ce n'est peut-être pas forcément une si mauvaise idée ?

Une production électrique bien inférieure aux attentes

Seulement, les résultats des tests préliminaires sont tombés et ne sont pas très optimistes pour cette technologie. Ils concernent l'une des premières routes solaires qui a été installée en France, à Tourouvre-au-Perche. L'installation recouvre 2 800 m2 de bitume, a coûté près de 5 millions d'euros et était censée générer 800 kWh / jour. Les données publiées récemment montrent plutôt un rendement qui serait de l'ordre de 409 kWh / jour, ce qui est presque moitié moins que ce qui était prévu.

Si l'on compare le rendement énergétique de la route solaire (4 %) et celle de la centrale solaire de Cestas près de Bordeaux (14 %), on voit bien que l'écart est flagrant. Mais cet écart n'est pas seulement important sur le rendement énergétique, la différence de coût est elle aussi monumentale. La puissance maximale de la centrale de Bordeaux est de 300 000 GWh / an et a couté 360 M€, ce qui représente 1 200 € par kW. Celle de la route solaire est tout autre, son coût atteint en effet les 11 905 € par kW installé. En bref, la centrale solaire produit trois fois plus d'énergie pour dix fois moins chère.

Quelles sont les raisons de ces résultats décevants ?

Tout d'abord, indiquons que le verre installé sur les panneaux destinés aux routes solaires est beaucoup plus épais que sur les panneaux d'une centrale. Ils doivent en effet résister au poids des véhicules qui circulent à longueur d'année. Ce facteur est déjà limitatif pour la quantité de lumière captée.

Ensuite, contrairement à des panneaux installés sur des toits, ou disposés de façon optimisée comme dans une centrale, les routes solaires « chauffent » indubitablement beaucoup plus. Et un panneau solaire qui chauffe est un panneau qui perd de son efficacité énergétique, ni plus ni moins.

À la vue de ces résultats, difficile de penser que ce concept peut encore être amélioré et viable. En outre, la superficie des routes n'est pas si grande qu'on l'on croit. À titre de comparaison, le Royaume-Uni possède une superficie de 17.6 milliards de m2 de bâtiments en zone urbaine, soit pratiquement autant de toiture, alors que ses routes ne représentent au total qu'une superficie de 2 milliards de m2.
Modifié le 26/09/2018 à 14h12
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