Les astronautes de l'ISS gardent un endroit de la station sale pour une expérience du CNES

25 janvier 2021 à 18h25
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MATISS est une étude centrée sur le mécanisme d’attachement des biofilms en micropesanteur.

Dans la Station Spatiale Internationale, occupée de manière continue depuis plus de vingt ans, l’hygiène est un élément crucial pour la santé des astronautes. En milieu clos, tout développement bactériologique incontrôlé peut avoir des effets désastreux, en affectant par exemple la qualité de l'air recyclé.

Ainsi, chaque samedi, les occupants de l'ISS, armés de lingettes antibactériennes, désinfectent les surfaces, passent l’aspirateur, ramassent les détritus. Aucun recoin ne leur échappe… ou presque.

MATISS : Microbial Aerosol Tethering on Innovative Surfaces

Une zone de la Station ne subit en effet aucun nettoyage : elle est volontairement laissée sale. La raison ? Une expérience baptisée MATISS, l'acronyme de Microbial Aerosol Tethering on Innovative Surfaces (fixation d'aérosols microbiens sur des surfaces innovantes).

Ce projet étudie le développement des micro-organismes sur différents matériaux, et plus précisément le mécanisme d’attachement des biofilms en situation de micropesanteur, ces « amas structurés de cellules bactériennes, enrobés d’une matrice polymérique, attachés à une surface [qui] protègent les bactéries et leur permet de survivre dans des conditions environnementales hostiles ».

Hélas (?), MATISS n’arrange pas notre réputation de peuple peu porté sur l’hygiène : elle est en effet dirigée par le CNES (Centre National d'Études Spatiales).

Blague à part, selon le CNES, « les surfaces intelligentes du dispositif MATISS réagissent à l'approche de bactéries en les empêchant de se poser, de proliférer et de créer les biofilms qui les protègent dans un environnement hostile ».

Plusieurs phases depuis 2016

Menée depuis 2016, MATISS a déjà connu trois phases. La première a consisté à disposer quatre porte-échantillons pendant six mois à trois endroits différents du module Columbus. Les phases suivantes ont renouvelé le procédé, toujours avec quatre porte-échantillons, mais installés au même endroit et avec des matériaux différents.

Le CNES estime que les découvertes issues de cette expérience permettront, à court terme, de simplifier les opérations de décontamination ; à plus long terme, de participer à l'élaboration de vaisseaux spatiaux d'un nouveau genre. Des applications terrestres sont également possibles, notamment dans les transports en commun.

Bref, la prochaine fois que quelqu’un vous reprochera de n’avoir pas nettoyé tel ou tel endroit, évoquez-donc la portée scientifique d'une telle étude !

Sources : CNES, Slashgear, NCBI

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