Il y a 50 ans, la mission qui a failli coûter la vie à Neil Armstrong

02 décembre 2020 à 09h53
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Cape Canaveral, le 16 mars 1966. Une fusée Titan II décolle avec, à son sommet, Gemini 8, un vaisseau spatial à la mission très spéciale. Il sera le premier à s'amarrer avec un objet non piloté dans l'espace. Une manœuvre très périlleuse, considérée comme la plus dangereuse de l'époque.

Initialement, la mission devait durer trois jours, afin de permettre aux deux astronautes à bord de Gemini 8 de tester à quatre reprises un amarrage au premier étage d'une fusée, lancée une heure auparavant. L'un des deux hommes devait même s'offrir une petite virée en solitaire à bord d'un module autonome. Excursion qui n'aura jamais lieu.

Les deux astronautes en question, ce sont David Scott , le pilote, et Neil Armstrong, le commandant de bord. Six heures après le décollage et après avoir déjà fait cinq fois le tour de la Terre, Gemini 8 s'approche définitivement du premier étage inerte de la fusée. Amstrong lance un « Nous sommes amarrés » au centre de contrôle. Avant de s'enthousiasmer : « C'était du gâteau ». Conclusion hâtive.

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L'Agena, vu depuis Gemini 8

Après l'amarrage, l'équipage a allumé les moteurs de l'Agena (le nom de l'étage supérieur de la fusée) afin d'économiser le carburant de Gemini. Et quelques minutes après la manœuvre, Scott observe sur les instruments de contrôle que l'ensemble Gemini / Agena commence à tourner doucement. « Nous avons tout d'abord cru que l'Agena, qui souffrait de problèmes connus, était en train de devenir folle » se rappelle Scott dans ses mémoires, Two Sides of the Moon.

« Nous savions tous les deux que si nous ne faisions rien, nous étions morts »

Les astronautes coupent alors les moteurs, ce qui calme la rotation. Pour un temps seulement. Car le phénomène reprend de plus belle, et c'est bientôt autour de trois axes que tournent Gemini et son équipage. Pour les deux hommes, « il devenait évident que le problème n'était pas celui de l'Agena, mais bien le nôtre », raconte Armstrong.

Obéissant aux instructions données depuis la Terre, Armstrong et Scott tentent alors de désolidariser Gemini de l'Agena. Mais la tâche est rendue particulièrement complexe par la rotation, qui commence à assommer les deux astronautes, qui doivent agir vite. Armstrong décide alors de désactiver les propulseurs de Gemini et de reprendre le contrôle du vaisseau en utilisant le propulseur arrière. Un bon réflexe. L'un des moteurs servant à régler l'assiette de la capsule, qui avait subi un court-circuit, n'avait pas répondu à la commande d'extinction, impliquant la rotation de Gemini.

« Nous savions tous les deux que si nous ne faisions rien, nous étions morts », avoue Scott.

Après cette mésaventure et respectant les règles de la NASA, les deux astronautes ont amorcé un retour sur Terre, achevant prématurément leur mission. Gemini 8 s'échoue dans le Pacifique le lendemain, 18 mars. L'histoire ne dit pas si le sang-froid d'Armstrong a pesé ou non trois ans plus tard, au moment de choisir qui pilotera le premier module qui se posera sur la Lune. Mais vous devez avoir votre idée sur la question.

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