Steve Jobs : le film de Danny Boyle bien accueilli par la critique, non sans polémique

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Le 06 octobre 2015
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Second biopic dédié à Steve Jobs, le film, du même nom, réalisé par Danny Boyle sortira aux Etats-Unis le 9 octobre prochain. Si les premières présentations à la presse ont été concluantes, le long-métrage suscite cependant la polémique auprès des proches du cofondateur d'Apple.

Présenté le week-end dernier à la presse américaine, Steve Jobs, de Danny Boyle, sortira vendredi outre-Atlantique. Un timing bien ficelé, puisque le cofondateur d'Apple est décédé il y a 4 ans, le 5 octobre 2011. Écrit par le scénariste oscarisé Aaron Sorkin, qui s'est basé sur la biographie autorisée de Walter Isaacson, Steve Jobs a globalement été bien reçu par les médias, qui le décrivent notamment comme « un détournement du biopic traditionnel » (The Wall Street Journal) ou « un portrait douloureusement humain de l'icône d'Apple » (Wired). Mais le film ne fait pas l'unanimité dans l'entourage de Steve Jobs.

La veuve de Jobs contre le biopic


En début de semaine, le Wall Street Journal révélait que Laurene Powell Jobs, la veuve de Steve Jobs, avait tenté de s'opposer à plusieurs reprises à la production du film de Danny Boyle. Une information révélée par des échanges de mails entre elle et Sony Pictures, récupérés parmi les documents fuités lors du piratage du studio en 2014. Faute d'avoir pu convaincre Sony, Laurene Powell Jobs s'est ensuite tournée vers Universal, distributeur du film. « Elle a refusé de discuter de ce qui ne lui convenait pas dans le scénario, malgré mes invitations répétées » a expliqué le producteur Scott Rudin.

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Mais le principal souci pour Laurene Jobs, ce n'est pas le film, mais le livre dont il s'inspire. « Elle m'a répété à quel point elle détestait le livre, et que tout film basé sur ce dernier ne pourrait pas être crédible dans tous les cas. »

Laurene Powell Jobs n'est pas la seule à ne pas apprécier de voir la vie de son défunt époux détaillée sur grand écran. Fin septembre, c'est l'actuel PDG d'Apple, Tim Cook, qui avait déclaré dans le Late Show de Stephen Colbert ne pas être fan du projet. « Je pense que beaucoup de gens essaient d'être opportunistes, et je déteste ça, ce n'est pas ce que notre monde a de mieux. » Ni Tim Cook, ni Laurene Jobs n'avaient encore vu le long-métrage, et la remarque de Cook n'a pas manqué de faire réagir Aaron Sorkin : « Premièrement, personne n'a fait ce film pour devenir riche. Deuxièmement, Tim Cook devrait vraiment voir le film avant de décider de ce qu'il est. Troisièmement, quand on fait travailler des enfants en Chine pour 17 centimes de l'heure, il faut avoir du courage pour traiter autrui d'opportuniste. » Ambiance.

Steve Wozniak parmi les partisans du film


Mais Steve Jobs compte au moins un soutien proche du défunt entrepreneur : Steve Wozniak, l'autre cofondateur d'Apple. Dans une interview accordée à la BBC, il déclarait début septembre avoir été « à la fois choqué et surpris par la bonne qualité du film dans sa mise en scène. » « L'équipe de tournage a fait un travail qui mérite d'être primé, et le jeu des acteurs est très réaliste. Dans certains films précédents, j'ai vu des acteurs interpréter Steve Jobs, mais je n'ai jamais eu l'impression d'être dans sa tête, en train de comprendre ce qui se passe en lui. C'est le cas avec ce film. »

Il faut tout de même préciser que si Steve Wozniak a pu visionner des prémontages du film, c'est parce qu'il a joué le rôle de consultant sur le tournage. Une position plus confortable pour s'impliquer dans la production... et en faire la promotion, même si Woz a toujours la langue bien pendue dans ses déclarations.

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« Un film que la veuve de Steve Jobs devrait voir »


Steve Jobs n'échappe donc pas à la polémique, ce qui avait déjà été le cas de Jobs, autre biopic cette fois-ci non autorisé, dans lequel Ashton Kutcher incarnait le PDG d'Apple.

Paradoxalement, la version de Danny Boyle, qui met quant à elle en scène Michael Fassbender, apparaît comme plus romancée malgré son lien avec la biographie officielle d'Isaacson. Le film se focalise sur trois lancements de produits phares d'Apple - le Macintosh en 84, NeXT en 88 et l'iMac en 98 - et propose « davantage une analyse du personnage qu'une biographie » selon le Wall Street Journal.

Le scénariste Aaron Sorkin, déjà à l'origine du script de The Social Network, s'est d'ailleurs toujours défendu d'avoir voulu écrire un biopic traditionnel. Une démarche qui semble se confirmer, notamment avec l'ajout de nombreux dialogues percutants mais fictifs, notamment entre Jobs et Wozniak.


Les critiques s'accordent enfin à dire que Steve Jobs n'est pas dépeint comme la plus sympathique des personnes, ce que Steve Wozniak confirme. « Il s'agit moins de le voir mal agir avec d'autres personnes, que de le voir se tenir là en se souciant moins des autres que de lui-même, et en ayant du mal à avoir des sentiments. »

Pourtant, selon Fortune, « Le film travaille dur pour humaniser l'entrepreneur » en cherchant à justifier ses prises de décisions face à des problèmes constants, qu'ils soient personnels ou professionnels. « Tim Cook n'a vraiment rien à craindre, et Laurene Powell, qui s'oppose au projet depuis le début, non plus. » Le média encourage donc les détracteurs du film à le visionner avant d'en avoir une vision négative.

La sortie du film est prévue le 6 janvier 2016 en France.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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