L'Encyclopædia Universalis dépose le bilan, plombée par Wikipédia

Audrey Oeillet
Publié le 25 novembre 2014 à 12h11
La société française Encyclopædia Universalis, éditrice de l'encyclopédie en ligne du même nom, a été placée en redressement judiciaire fin octobre. Une faillite qui en dit long sur l'évolution de l'accès à la connaissance.

Si le placement en redressement judiciaire d'Encyclopædia Universalis date du 30 octobre 2014, ce n'est que samedi dernier que l'information a été révélée par Le Monde. L'entreprise française emploie à ce jour 45 personnes. La procédure de redressement, qui s'étale du 30 octobre au 24 mars 2015, est assurée par le tribunal de Nanterre. « Il n'est pas question de liquider la société » assure l'administratrice judiciaire Isabelle Didier, qui estime qu'Universalis possède « une marque forte, une base documentaire de qualité, des clients. Cette procédure constitue un bon outil pour réussir la transformation nécessaire. »

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La version papier de la célèbre encyclopédie.

Une longue transition numérique

Difficile, face à cette situation, de ne pas voir une page se tourner. Même si Universalis peut toujours trouver un moyen de redresser la barre, notamment par le biais de nouveaux investisseurs, l'avenir est incertain pour l'encyclopédie, fondée en 1968 par le Club français du livre et l'Encyclopædia Britannica. A l'époque, Internet n'existe pas, et les recherches se font dans d'épais ouvrages où tout est indexé de manière alphabétique. En une quarantaine d'années, l'Encyclopædia Universalis aura bénéficié de 7 éditions, consultables en bibliothèques ou vendues au porte-à-porte. La dernière édition papier date de 2012, et compte 30 volumes.

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Dès 1995, l'encyclopédie se dématérialise et passe au CD-Rom : aucun CDI de collège ou de lycée ne fait l'impasse sur ce puits de connaissance, à une heure où l'informatique se démocratise de plus en plus. Un site Internet, accessible sur abonnement, voit le jour en 1999, et avec lui des partenariats avec de nombreux acteurs éducatifs (écoles, bibliothèques, médiathèques).

Dans l'ombre de Wikipédia

Si la stratégie et le modèle économique d'Universalis a fait ses preuves pendant un temps, l'encyclopédie française n'a pas su résister à la concurrence du gratuit et du participatif. Créé en 2001, Wikipédia n'a pas tardé à s'imposer sur la Toile comme une alternative de taille aux encyclopédies payantes. Difficile, pour des entreprises comme Universalis pourvues d'une quarantaine d'employés, de donner le change face à un organisme mondial, comptant des milliers de bénévoles, mis à jour en permanence et accessible gratuitement.

Malgré son virage vers le tout numérique en 2012, l'Encyclopædia Universalis n'a pas résisté au tsunami Wikipédia. Même si une restructuration et un sauvetage sont possibles d'ici à mars 2015, on est largement en droit de s'interroger sur le modèle que la société française devrait alors adopter pour espérer s'éviter une nouvelle noyade.
Audrey Oeillet
Par Audrey Oeillet

Journaliste mais geekette avant tout, je m'intéresse aussi bien à la dernière tablette innovante qu'aux réseaux sociaux, aux offres mobiles, aux périphériques gamers ou encore aux livres électroniques, sans oublier les gadgets et autres actualités insolites liées à l'univers du hi-tech. Et comme il n'y a pas que les z'Internets dans la vie, j'aime aussi les jeux vidéo, les comics, la littérature SF, les séries télé et les chats. Et les poneys, évidemment.

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