Live Japon: stopper les usages abusifs des drones

01 juin 2018 à 15h36
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Il a fallu attendre qu'un drone se pose sur le toit de la résidence du Premier ministre à Tokyo pour que le gouvernement nippon se pose la question de la pertinence de restreindre les zones accessibles à ces engins. C'est que jusqu'à présent, la candeur des autorités japonaises les incitait à voir surtout dans les drones leur capacité à faire décoller de nouvelles activités plutôt que des menaces sur les intérêts propres des dirigeants du pays ou des citoyens.
Désormais, le gouvernement envisage d'interdire les vols de drones de particuliers au-dessus des aires résidentielles et de les prohiber la nuit, selon un projet de réglementation motivé par une récente série d'incidents impliquant ces aéronefs.


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Le gouvernement souhaiterait que ce texte, amendant la loi sur l'aviation, soit voté durant l'actuelle session parlementaire qui s'achève en principe le 24 juin.
Mais à la lecture du document, qui reste au demeurant encore plus proche du catalogue d'idées floues que du projet de loi en bonne et due forme, on voit immédiatement que les rédacteurs tentent de ménager la chèvre et le chou, de trouver un compromis pour éviter les usages abusifs potentiellement délictueux, sans entraver le développement commercial des drones.

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Des entreprises songent en effet à utiliser des drones par exemple pour la surveillance de lieux sensibles, le suivi des cultures dans les champs (l'agriculture modernisée dont rêve le Japon) ou les systèmes de livraison. Il en découlerait que seuls les appareils dirigés par des professionnels et conformes à des normes de sécurité devraient être autorisés à survoler les zones habitées ou proches des aéroports.
Un système de permis avec immatriculation pourrait être mis en place pour les modèles de grande taille afin de s'assurer que les pilotes à distance maîtrisent leur engin et puissent être identifiés en cas d'accident. Les fabricants pourraient aussi être tenus d'installer un logiciel qui, grâce à la localisation par satellite GPS, empêcherait les drones d'entrer dans les espaces aériens interdits.

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Outre le fait que les experts mandatés pour réfléchir semblent tenir compte de l'avis du puissant ministère de l'Industrie (pour qui les drones sont un levier de création de nouveaux débouchés pour les entreprises) , ils veulent aussi faire la distinction entre les drones qui peuvent potentiellement représenter un danger et ceux qui s'apparentent à des jouets télécommandés pour lesquels une réglementation ne s'impose pas.
Sauf que la situation ne peut pas rester telle qu'elle est aujourd'hui, laissant un boulevard aux personnes plus ou moins bien intentionnées. Car actuellement, les vols de drones au Japon ne sont soumis à aucune restriction.
Au vu de plusieurs incidents récents, de nouvelles dispositions coercitives semblent de facto s'imposer en raison des risques d'accident, des atteintes à la vie privée et des menaces d'actes terroristes.

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Un drone portant un échantillon de sable radioactif de la région de Fukushima (contaminée par la catastrophe nucléaire de mars 2011) avait été retrouvé il y a quelques semaines sur le toit de l'immeuble abritant les bureaux de M. Abe.  Le propriétaire de l'aéronef motorisé de 50 centimètres, un chômeur de 40 ans (bon dessinateur amateur de manga, à en juger par son blog), a été arrêté mais il ne peut pas être poursuivi au seul motif d'avoir fait voler un drone.

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Un autre possesseur de drone, un adolescent de 15 ans, a aussi été interpellé pour s'être vanté de l'avoir fait voler au-dessus de bâtiments officiels et menacer d'en faire autant à proximité d'une foule, mais là encore les arguments juridiques font défaut. Le gamin en question s'est d'abord fait connaître en se prenant pour un grand reporter sur Youtube. Il s'est taillé une certaine popularité et est victime d'une escalade, poussé par ses téléspectateurs internautes. C'est ainsi qu'il a récolté assez d'argent pour se payer du matériel de diffusion, plusieurs smartphones et au moins un drone de quelque 1000 euros (en l'occurrence un modèle Parrot) afin d'embêter les autorités et de faire plaisir à son public. On reviendra très prochainement plus longuement sur le cas incroyable de ce "youtuber" effronté.
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