Live Japon: du wearable au greffable

11 janvier 2015 à 04h45
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On ne sait pas s'il y a beaucoup d'acheteurs, mais l'offre, elle, existe et grossit. Dans les temples japonais de l'électronique, un nouveau rayon bien garni est apparu ces derniers mois: celui des bracelets traqueurs d'activité.

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Il existait déjà sur le marché nippon, et depuis longtemps, un immense rayon de podomètres, des petits appareils à glisser dans sa poche, pincer à sa ceinture ou enfourner dans son sac, pour compter les pas et en déduire une consommation énergétique journalière. Ce rayon n'a pas disparu: il s'est encore enrichi de modèles connectables à un smartphone. Tous sont de marque japonaise: Omron, Terumo, Panasonic...

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Mais le rayon des bracelets, lui, est ailleurs, et il est plus bigarré, avec une présence non-japonaise très importante. Les étrangers ont d'ailleurs étonnament été plus prompts que les Nippons à proposer ce type de produits.


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Ainsi se remarquent les Polar (avec notamment le bracelet Polar Loop, fiable mais dont l'autonomie laisse à désirer), les Garmin, les Shine (qui ont le mérite de fonctionner sur pile), les Nike, etc. Tous ou presque ont les mêmes fonctions: nombre de pas et autres activités, calories brûlées, temps de sommeil, ce de façon horodatée et sauvegardée dans la mémoire d'un smartphone (via un transfert automatique sans fil par Bluetooth) et éventuellement dans un serveur en ligne pour un partage communautaire.


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Récemment, sont entrés sur ce créneau des nouveaux venus, parfois inattendus. Sony est un des plus actifs. Il avait lancé il y a pas mal de temps déjà un premier Smartband sans écran, puis vient d'en mettre en vente un autre, aux fonctions étendues et améliorées, grâce à un écran à encre électronique, une spécialité de Sony mais finalement peu exploitée. Ce bracelet, qui fait office aussi de montre et d'interface audio sans fil pour téléphoner via un smartphone (Android seulement), peut bénéficier de l'ajout d'applications, comme par exemple la météo. "Nous ne cherchons pas seulement à donner au porteur une indication chiffrée sur son activité quotidienne, mais voulons carrément lui permettre de revoir tout le déroulé de sa journée", nous expliquait avant Noël un responsable de Sony. Car le bracelet enregistre non seulement les pas, le sommeil etc. mais aussi les instants où des photos ont été prises avec le smartphone auquel il est connecté, les moments où a été écoutée de la musique, et même tout autre événement quelconque si l'utilisateur le signale par un signet. "Nous nous distinguons donc de la concurrence par le fait que sommes avant tout là pour proposer du divertissement", insiste Sony.

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Même si la forme peut être à peu près similaire, le point de vue est différent pour un autre géant nippon de l'électronique, Toshiba. Lui, se veut un fournisseur de techniques médicales.
Avec son WERAM 1100, disponible en quatre coloris, les calories dépensées dans la journée, les différentes phases de sommeil et le tableau de bord détaillé de l'activité physique du porteur sont des données qui doivent lui servir réellement à améliorer au fil des jours et en connaissance de cause sa condition physique. Tests prolongés à l'appui, le WERAM 1100 est un très bon produit qui a trois principaux avantage: une autonomie exceptionnelle de deux semaines (comme l'Up24 de Jawbone désormais), une grande fiabilité et la capacité de détecter seul l'entrée dans les bras de Morphée ainsi que de qualifier la qualité du sommeil. Toshiba, entreprise qui dispose d'un grand hôpital au coeur de Tokyo et est un spécialiste des systèmes de radiographie ou d'imagerie par résonnance magnétique, a fait de la santé un de ses trois principaux piliers, avec l'énergie (équipements de centrales, système de distribution, etc.) et le stockage des données (mémoires Flash NAND notamment). Profintant de besoins grandissants au Japon où la population est déjà vieille et vieillit encore, il souhaite étoffer ses activités dans ce domaine médical. L'objectif est de couvrir tous les aspects du suivi sanitaire: la prévention, le diagnostic, le traitement et la convalescence.



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Enfin, car on ne va pas tous les citer, se sont engouffrés récemment dans cette brèche deux autres types de sociétés japonaises: des spécialistes des composants électroniques, comme Epson, ou encore des champions des accessoires informatiques, comme Elecom, lequel se démarque par un bracelet à petit prix qui, sur le papier du moins, n'a rien à envier aux autres. A noter aussi que le premier opérateur japonais de réseau cellulaire, NTT Docomo, propose lui aussi, et ce depuis longtemps déjà via sa filiale NTT Docomo Healthcare, un traqueur d'activité et des services en ligne spécifiques, ce que fait aussi son concurrent SoftBank Mobile avec les produits FitBit.


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Ces bracelets sont-ils appelés à se généraliser: si l'auteur de ces lignes en est une fervente utilisatrice et y voit un réel intérêt, il y a aussi des sceptiques. Parmi eux se trouve, et ce n'est pas un lambda, le créateur de l'i-mode (internet mobile), Takeshi Natsuno, un gourou des nouvelles technologies, considéré au Japon comme un visionnaire. Lui, ne croit pas au "wearable".


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Ces accessoires lui apparaissent trop contraignants. "Ce n'est qu'une étape, une transition pour préparer les esprits à intégrer les technologies à chaque instant de leur vie quotidienne mais cela ne durera pas sous cette forme", nous a-t-il confié récemment lors d'un entretien exclusif. "Ce qui va advenir dans quelques années, c'est la greffe directe, dans la nuque ou ailleurs, d'une puce contenant les capteurs et autres composants nécessaires pour non seulement mesurer l'activité physique mais aussi cérébrale".


Cette SF deviendra réalité, et il sera possible dans certains cas d'interroger directement internet avec le cerveau sans même passer par l'intermédiaire d'un moyen de saisie, assure-t-il. Lui se réjouit d'avance d'une telle perspective.
PS: une pensée du Japon pour les Français meurtris par les attentats de cette semaine.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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