Live Japon: des pom-pom girls à gyrocapteurs

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Le 27 septembre 2014
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On connaissait le petit robot sur un vélo, sa copine sur un monocycle, voici maintenant une troupe complète de "pom-pom girls" mécatroniques: toutes ces créatures sortent de la même firme japonaise: Murata. Le nom ne vous dit peut-être rien, car Murata, ne fabrique rien de très connu du grand public, juste des puces, des condensateurs et autres composants enfouis dans les entrailles de nos appareils électroniques, donc invisibles.

C'est justement pour se donner plus de visibilité et de notoriété que, depuis une bonne vingtaine d'années, Murata présente des petits robots rigolos dont les prouesses techniques sont la preuve de la qualité des puces et capteurs de la maison. Démonstrations: montées chacune sur un ballon, en formation synchrone, ces "pom pom girls" robotiques nous ont livré jeudi dernier un court spectacle qui est censé en dire plus qu'une fastidieuse présentation technique des caractéristiques d'accéléromètres et autres composants.

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Mini robe rouge, pompons à diodes électroluminescentes (Led) de couleurs variables, yeux brillants et coupe au carré, les "cheerleaders" de Murata Manufacturing sont des créatures purement promotionnelles qui ne seront jamais vendues et n'ont aucune utilité opérationnelle. Elles ne font qu'exécuter des pas de danse à la perfection. "Avec ces robots, nous voulons juste prouver que l'électronique est quelque chose de performant et de réjouissant", souligne Yuichi Kojima, directeur général adjoint de Murata, une firme de 48.000 salariés vieille de 70 ans. A l'instar du robot cycliste Murata Seisaku-kun et de sa copine Murata Seiko-chan, ces pom-pom girls sont uniquement là pour montrer concrètement à quoi servent divers types d'éléments électroniques dont l'aspect n'est en lui-même pas explicite et à propos desquels les explications techniques sont complexes et ennuyeuses.

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"Elles sont chacune hissées sur une balle et tiennent seules en équilibre très stable grâce à trois gyrocapteurs", détaille Koichi Yoshikawa, ingénieur et responsable de la communication de Murata. Ce genre de composants est présent par exemple dans les appareils photo numériques pour la fonction de stabilisation d'image ou bien dans les récepteurs GPS. "Si elles penchent vers l'avant, elles vont avancer pour se rattraper, reculer si elle vire vers l'arrière, même chose vers la gauche et la droite, avec une vitesse différente en fonction du degré d'inclinaison", poursuit M. Yoshikawa.

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Sur fond de musique entre J-Pop acidulée et Vocaloïd, ces dix danseuses programmées (et dont la chorégraphie ne peut pas être corrigée au dernier moment) forment successivement une file indienne, une pyramide, tournent sur elles-mêmes et ajustent sans cesse leur mouvement pour éviter la chute. Selon M. Yoshikawa, elles exécutent chacune dix corrections de position par seconde pour ne pas perdre l'équilibre. Elles ne mesurent qu'une trentaine de centimètres, mais techniquement elles pourraient être bien plus grandes, "ce serait même plus facile", selon M. Yoshikawa qui dit s'être beaucoup amusé à participer à la création de ces personnages.

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"Elles sont aussi synchronisées et capables de se maintenir à égale distance sans jamais se bousculer", précise-t-il. "On peut penser à divers applications notamment dans le domaine de l'automobile, pour les systèmes anticollision des futures voitures à conduite semi-autonome". La position de chacune d'elles est contrôlée en temps réel grâce à la présence dans leur tête de quatre capteurs infrarouges et cinq micros ultrasons qui fonctionnent aussi dans un environnement obscur pour détecter la présence éventuelle d'un objet ou d'une congénère.

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"Cela peut avoir une utilité pour des robots et machines qui interviendraient dans des zones de catastrophes pour travailler dans les décombres sans se gêner mutuellement", précise M. Yoshikawa. Alors que personne ne se serait ému devant les composants eux-mêmes, tous les médias nippons étaient en extase devant ces "pom-pom girls" jugées "kawaï" (mignonnes). Comme quoi le pari de Murata est bien réussi même si, au premier lever de rideau, l'une des pom-pom girls a perdu l'équilibre et laissé sa balle aller heurter une camarade qui n'a pas su éviter la chute. Les prestations suivantes étaient en revanche parfaites.

En employant cette méthode de communication par l'exemple, "nous voulons aussi soutenir l'innovation et la créativité et faire rêver les enfants", souligne en outre M. Kojima. "Il s'agit de montrer que de nouvelles applications sont possibles par l'assemblage de diverses technologies existantes", renchérit M. Yoshikawa.

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La principale difficulté dans la conception des "cheerleaders" a toutefois été de hisser simultanément leurs trois principales aptitudes (stabilité, synchronisation, communication/sens) au même niveau de performance et fiabilité. "Si l'une était plus faible, tout le système était bancal", précise M. Yoshikawa.

Et puis il est bien évident que pour les ingénieurs de Murata, tester des technologies sur des robots amusants est autrement plus motivant que de le faire sur d'austères équipements expérimentaux.

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"Nos robots nous aident pour le recrutement de personnel", ajoute M. Kojima.

Murata va même cueillir très tôt ses futurs ingénieurs puisque des techniciens de l'entreprise font régulièrement des tournées dans des écoles pour présenter leurs réalisations.

Enfin, tout comme les deux robots-cyclistes les précédentes années, ces dix pom-pom girls seront aussi les vedettes du salon de l'électronique grand public Ceatec début octobre en banlieue de Tokyo.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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