Live Japon: l'imprimante 3D pour tous et tout

le 05 mai 2014
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C'est arrivé plus vite que prévu et moins cher que prévu: des grandes enseignes japonaises d'électronique proposent désormais des imprimantes 3D à un tarif de moins de 500 euros, une merveille pour les maniaques des maquettes et figurines, une menace ou une révolution incitative pour le "monodzukuri" (la manufacture) dont est si fière l'industrie nippone.

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Le beau-père japonais de l'auteur de ces lignes s'en faisait l'écho il y a quelque temps déjà: l'imprimante 3D va tout bouleverser et le Japon accuse sans doute du retard en la matière. Il faut dire que l'homme est un de ces représentants de la fameuse "dankai no sedai", les 7 à 8 millions de baby-boomers nippons nés dans l'immédiat après-guerre qui ont reconstruit le Japon sorti exsangue du conflit, en le dotant d'une puissante et performante industrie, capable de manufacturer avec minutie et extrême précision ce que d'autres n'ont jamais su faire avec autant de perfection. C'est cette aptitude qui a permis à de toutes petites sociétés détentrices de technologies uniques de s'octroyer quasi 100% du marché mondial de certains composants (des micro-moteurs, des vis et boulons ultra-miniatures, des ressorts minuscules, etc.). Las, elles pourraient ne pas pouvoir garder leur suprématie à cause de ces imprimantes 3D dont le Japon n'a c'est certain pas le secret. Car en théorie, elles permettent de créer de façon simple et rapide toute pièce tridimensionnelle dont la forme est décrite en données numériques. Reste quand même la barrière du matériau (l'imprimante 3D ne permet par de créer des pièces en utilisant tous les types de matière) et de la fabrication en série (aujourd'hui trop coûteuse par ce procédé), mais la menace est réelle quand même. A moins qu'il ne s'agisse au contraire d'un puissant stimulant dont pourraient s'emparer les industriels japonais pour faire encore mieux que les étrangers dans ce domaine. C'est en tout cas ce qu'espèrent les autorités et médias nippons.

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En attendant, émergent déjà sur le marché des imprimantes tridimensionnelles pour particuliers. C'est à eux que sont destinés les modèles que l'on trouve dans les grandes chaînes nippones d'électronique telles que Bic Camera ou Yodobashi Camera. Le premier prix est à moins de 60 000 yens (430 euros) et des types plus avancés à environ 1500 euros, 3000 euros ou jusqu'à 10000 euros. A 1500 euros, un compromis de moyenne gamme, on trouve la Value3D Magix de la société Mutoh qui se prévaut d'être japonaise, un argument qui compte. A en croire la vidéo promotionnelle, il s'agit d'un engin pour particuliers simple d'emploi mais qui intègre des fonctionnalités de niveau quasi professionnel.



La chaîne de télévision NHK, qui s'intéresse tout particulièrement aux imprimantes 3D au point de leur avoir consacré plusieurs émissions, a récemment diffusé un reportage sur un individu qui s'est déjà payé pas moins de deux exemplaires de premier prix. Elles lui ont littéralement changé la vie, dit-il. L'homme est heureux. Pensez, il parvient depuis à recréer à la perfection et sans limites... des répliques en plastique de chars d'assaut et autres armes allemandes de la Seconde guerre mondiale.

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On laisse à la chaîne publique nippone l'entière responsabilité de l'exemple retenu (peut-être un peu mal choisi) mais qui illustre un fait: le premier marché des imprimantes 3D pour les particuliers japonais sera celui des "maniaques" des maquettes et figurines qui pourront ainsi assouvir tous leurs fantasmes, y compris ceux que le monde marchand ne leur offre pas déjà prêts à l'emploi. C'est le cas pour ce fan des armes des Nazis, comme pour les dingues de minettes aux seins éléphantesques et autres êtres difformes.

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Il y en a aussi pas mal qui ont déjà commencé à créer des clones de la fameuse star virtuelle Hatsune Miku. Il y a même des livres pour cela et également un site de partage de données 3D de figurines en tout genre (www.delmo.jp). Il existe en outre un service qui crée en 3D les lubies tweetées par tout individu lambda qui le désire. Exemple: "je voudrais une Nintendo 3D".

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Un autre prestataire offre une représentation 3D d'une photo prise avec un smartphone: idéal pour avoir sur son bureau une sorte de Playmobil de son propre petit garçon.
Un autre marché pour particuliers est celui des enfants: déjà existent des ateliers pour les initier à la création en trois dimensions sur des logiciels simples pour tablettes numériques et imprimer le résultat de leurs travaux en trois dimensions, ce qui donne toujours des résultats étonnants et impressionne les têtes blondes.


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On vous en avait en outre déjà parlé dans Live Japon, mais certaines initiatives ont aussi une vocation qui va au-delà de la simple matérialisation en 3D d'une idée. Ainsi, le portail nippon Yahoo ! Japan a-t-il présenté l'an passé une technologie dite de «recherche à toucher» qui peut par exemple permettre à des enfants aveugles d'appréhender le monde extérieur grâce à une représentation miniature tangible d'un objet ou d'un animal qu'ils sont incapables de voir. Ainsi, en disant par exemple le mot «panda» devant l'imprimante 3D reliée à internet, obtient-on en une quinzaine de minutes une réplique miniature de cet animal. Même chose pour la tour de Tokyo, une voiture, un avion ou tout autre objet connu ou commun.

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Les données nécessaires pour l'impression tridimensionnelle sont puisées dans une base en ligne qui contiendrait déjà quelque 100 000 items et que Yahoo! Japan voudrait encore élargir grâce aux contributions d'entreprises et de particuliers. Cette filiale du groupe de télécommunications nippon SoftBank a déjà offert la possibilité d'utiliser librement cette technologie à des jeunes enfants malvoyants d'un établissement scolaire spécialisé.
Enfin, pour ceux qui n'ont pas les moyens de se payer une imprimante 3D malgré l'arrivée sur le marché de modèles à relativement bas prix, existe un 3D Pen, une sorte de gros stylo qui fond le plastique inséré dedans et permet ainsi de créer à la main des objets avec une précision toute relative mais la satisfaction néanmoins d'avoir tout réalisé soi-même de bout en bout.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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