Live Japon: horizon NTIC 2020...2040

le 19 avril 2014
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S'il le dit, ce doit être vrai: le PDG du groupe japonais SoftBank nous a lancé cette semaine à la figure des tas de chiffres qui en disent long sur ce que l'avenir nous réserve. En 2040, un smartphone contiendra 500 milliards de chansons, 350 millions d'années d'archives de journaux ou 30.000 ans de cinéma, et les données voyageront 3 millions de fois plus vite qu'aujourd'hui: le Japon doit se préparer au changement.

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Les Japonais sont très prévoyants: il veulent toujours tout planifier des années à l'avance et ont en sainte horreur l'improvisation. Donc, ils planifient. Actuellement, l'une de leurs grandes préoccupations n'est pas 2040 mais d'abord 2020: c'est rond, c'est proche et en plus cela correspond à la date des jeux Olympiques de Tokyo, une vitrine pour les technologies nippones.
En prévision de 2020 donc, le ministère japonais de la Communication, qui fait aussi office de régulateur du secteur des télécoms, recevait les grands patrons des trois principaux opérateurs de télécommunications, dont celui de SoftBank, l'inénarrable Masayoshi Son.


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Et comme à l'accoutumée l'homme ne s'est pas privé de faire rêver les technophiles ni de critiquer les technocrates, ni de se chamailler avec ses concurrents.
Même s'il n'invente rien, mais parce qu'il s'informe sur tout, M. Son est souvent perçu comme un visionnaire. Chaque nouvelle prestation publique lui donne l'occasion d'entretenir cette réputation et de se passer de la brosse à reluire à chaque page de ses présentations, au demeurant souvent jugées brillantes.
"Le Japon fait la course en tête dans le domaine des télécommunications mobiles, avec déjà fin 2013 quelque 39 millions d'abonnés aux services cellulaires à la norme LTE" (aussi abusivement appelée 4G), soit près d'un tiers du total, a-t-il déclaré en préambule. Et grâce à qui ?

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Aux opérateurs, bien sûr, dont SoftBank. Car ils investissent massivement pour doper les installations et surtout poussent les clients à changer de mobiles quand cela permet de leur faire consommer davantage de service. Quand on est passé de la 2G (aujourd'hui arrêtée au Japon) à la 3G, la migration s'est faite très vite parce que les clients n'avaient pas le choix, les seuls téléphones proposés étaient 3G. Aujourd'hui, c'est presque pareil: si on change de mobile, on est presque contraint de prendre un modèle LTE. Et la concurrence crée une forte émulation. Mais, prévient M. Son, les efforts ne doivent pas s'arrêter parce qu'il faut parer à l'augmentation exponentielle du trafic sur les réseaux mobiles, qui risque d'être multiplié par 1.000 au Japon en 10 ans même si la population vieillit et diminue.

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Par ailleurs, M. Son estime que 100% de la population doit accéder à internet par fibre optique (FTTH), un objectif difficile à atteindre. La moitié seulement des clients raccordables en théorie (98% de la population nippone) n'ont pas encore fait la démarche de prendre l'abonnement requis, notamment parce que la concurrence, source d'émulation, n'est pas suffisamment développée pour rendre les offres plus attractives.
"Il faut proposer la fibre optique au prix de l'ADSL, c'est possible", martèle M. Son qui reproche au gouvernement d'avoir fait le bon constat dès 2010 mais sans prendre ensuite les mesures nécessaires pour limiter l'emprise de l'opérateur historique NTT.

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SoftBank, KDDI, eAccess et une soixantaine d'autres acteurs japonais des télécommunications et services en ligne ont d'ailleurs fait part début avril de leurs craintes d'un retour de monopole de l'ex-géant public si la règlementation le concernant était assouplie comme l'envisage le régulateur.
Masayoshi Son souligne que les activités de services exploitant de façon combinée de nombreuses données de diverses origines (ce que l'on nomme généralement "big data") ont certes le potentiel de générer un énorme marché au Japon, dans les secteurs de la gestion des ressources énergétiques, des transports, de la médecine, de l'agriculture, de la prévention des désastres et de l'organisation des secours, ou encore de la publicité ou des loisirs.

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"Toutefois, il faut des règles", avertit l'homme un brin mégalo, car "big data" évoque pour beaucoup "big brother". "Il faut garantir la sécurité et la tranquillité des utilisateurs tout en promouvant l'usage à bon escient des données, qu'elles soient géographiques, personnelles, qu'elles émanent des réseaux sociaux, de caméras de sécurité, d'ordinateurs, de smartphones ou encore de capteurs divers", insiste-t-il.
Avocat insatiable de la concurrence, Masayoshi Son, milliardaire et fier de l'être, veut non seulement hisser son groupe à la première place mondiale (d'où le rachat de l'américain Sprint et l'intérêt marqué pour T-Mobile US), mais s'active aussi pour que le Japon se distingue par ses avancées techniques sur la scène internationale comme il a su le faire dans le passé.

"Il y a 50 ans, Tokyo accueillait les jeux Olympiques, c'était l'époque de la haute croissance, celle de la TV couleur, des climatiseurs domestiques et de l'automobile individuelle", se souvient-il. Le Japon se hissait alors au rang de deuxième puissance économique mondiale, grâce à la construction d'infrastructures routières, ferroviaires, aériennes et urbaines de pointe. 
"En 2020, Tokyo accueillera de nouveau les JO, mais le pays n'est plus que le 3e géant économique mondial", déplore-t-il. Pour se redresser, il doit s'appuyer sur une autre infrastructure essentielle: les technologies de l'information et de la communication.
La chaîne publique NHK, qui fut un des fers de lance des innovations technologies montrées lors des JO de 1964, s'active en ce sens. Elle a annoncé il y a quelques jours mettre les bouchées doubles pour préparer la diffusion des JO 2020 en 8K. Elle va d'abord accélérer la production de programmes en résolution 4K, la plus élevée actuellement disponible sur le marché et supérieure à la haute-définition, dans la perspective des JO de Tokyo et pour le développement du format 8K.

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L'objectif est de multiplier les tournages et la post-production de programmes dans cette résolution 4K  (2.160 lignes horizontales comportant chacune 3.840 points, soit environ 8 millions de pixels), afin d'acquérir l'expérience du traitement d'images dans ce format pour mieux préparer celui qui lui succèdera.
La NHK développe en effet déjà, et ce depuis des années, le format ultérieur 8K (4.320 lignes de 7.680 points, soit 33 millions de pixels) qu'elle voudrait utiliser en diffusion pour les jeux Olympiques de Tokyo en 2020, après des tests en 2016 durant ceux de Rio de Janeiro.
"La NKH produit activement des programmes en 4K afin d'acquérir un savoir-faire qui sera aussi applicable au format 8K", explique la chaîne. Elle entend ainsi produire en 4K tous les genres de programmes (documentaires sur la nature ou les sciences, séries, sports, etc.), a expliqué la NHK. Cette chaîne entend partager son expérience ainsi acquise avec ses homologues étrangères.

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"Grâce aux jeux Olympiques de 2020 à Tokyo, la NHK escompte un élan d'intérêt pour Tokyo et le Japon et espère que ce sera une occasion d'offrir une variété de programmes au marché international", indique encore la chaîne.
Le format 4K est le plus élevé aujourd'hui disponible pour les téléviseurs. Bien qu'il ne soit pas encore utilisé en diffusion, les TV compatibles 4K sont dotées de puces capables de hisser en résolution 4K des contenus de qualité inférieure (haute-définition aussi appelée 2K), ce qui permet de regarder les programmes de télévision actuels sur de téléviseurs 4K. Toutefois, l'image est encore meilleure si elle est 4K dès l'origine.
Les grands fabricants de téléviseurs proposent désormais tous des modèles 4K qui, compte tenu du nombre de pixels composant l'image, sont nécessairement des modèles de très grandes tailles (à partir de 50 pouces - 127 cm - de diagonale). Ils sont souvent jugés chers (au-delà de 3.000 euros) mais leur prix devrait assez rapidement baisser. 
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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