Tokyo JO 2020 : une vitrine technologique pour le Japon

le samedi 14 septembre 2013
Tokyo a remporté la semaine dernière l'organisation des jeux Olympiques de 2020, une occasion pour l'archipel de montrer au monde son savoir-faire technologique avec, promet-il, nombre d'innovations. En attendant, cette victoire a pourtant coûté aux Nippons une volée de critiques sur la façon dont le Premier ministre Shinzo Abe a présenté au Comité international olympique (CIO) la situation à la centrale accidentée de Fukushima. Un dessin de Cabu dans le Canard Enchaîné a... déchaîné le gouvernement japonais, mis en colère des internautes et donné un os à ronger à la presse. J.P. Nishi résume l'embrouille :

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2020 : d'ici-là nul ne sait ce que Fukushima sera devenu, mais bien des nouveautés technologiques nous sont promises, à en croire les Japonais. Impossible d'en dresser une liste exhaustive. Voici à tout le moins quelques exemples.

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un GPS au mètre près

Le Japon est depuis 2010 en train de mettre en place une flotte de satellites destinés à compléter le signal de repérage géographique GPS américain, voire à s'en affranchir si besoin. Sept engins de géolocalisation doivent être positionnés dans l'espace, dont au moins quatre d'ici à la fin de la décennie. Un premier satellite, « Michibiki », a été lancé en septembre 2010, et trois autres doivent le rejoindre dans un premier temps, en l'occurrence d'ici à 2020. Quatre sont en effet nécessaires pour assurer une obtention des informations 24 heures sur 24. Ces satellites vont permettre d'obtenir des coordonnées de localisation terrestre plus précises et fiables que celles issues du signal GPS, en couvrant presque l'intégralité de l'archipel nippon, aux mégapoles denses et au terrain très accidenté.

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La précision des données et la garantie de leur disponibilité permanente peuvent s'avérer cruciales pour les secours lors des catastrophes naturelles, fréquentes au Japon. Si l'archipel parvient comme prévu à se doter d'une flotte de sept satellites de géolocalisation, il sera capable non seulement de rendre plus exactes les informations obtenues par le système GPS américain, mais aussi de s'en passer si ce dernier est défaillant ou lorsque son signal est volontairement dégradé pour des raisons militaires.

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3 films à la seconde

Les entreprises et le gouvernement japonais ambitionnent de développer une technologie de transmission de borne à mobile qui puisse permettre de télécharger l'équivalent de 3 ou 4 films en une seconde sur le site des JO de 2020 à Tokyo, a rapporté vendredi un journal nippon. Le ministère des Télécommunications envisagerait d'employer pour ce faire une bande de fréquences très élevées et inutilisées pour pouvoir transmettre à faible distance des données à une vitesse 1 000 fois plus rapide qu'actuellement via une liaison sans fil. L'idée serait d'installer des bornes dans les lieux d'épreuves sportives qui permettraient par exemple aux spectateurs de télécharger sur leur mobile les vidéos de match, courses et autres événements auxquels ils n'ont pas pu assister directement. Les recherches, impliquant les fabricants nippons de puces (comme Toshiba ou Panasonic) et autres spécialistes des technologies de transmission radiofréquence (dont des universités) débuteraient en avril 2014.

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La transmission se ferait dans le spectre des fréquences dite « terahertz » (en l'occurrence de 300 Gigahertz à quelque 3 Terahertz). Techniquement, le défi consiste à transmettre un signal qui soit contrôlé de sorte à en réduire la sensibilité aux perturbations intervenant aisément dans ce type de fréquences très élevées et de ce fait encore inexploitées. Des expérimentations sont toutefois effectuées depuis des années en laboratoires, notamment au Japon où l'on estime que les données pourraient être transmises à 100 Gigabits par seconde.

La voiture sans conducteur

Nissan a annoncé fin août envisager de mettre sur le marché en 2020 ses premières voitures sans conducteur, intégralement commandées par ordinateur. « Je m'engage à présenter la voiture autonome, une révolution technologique, dès 2020 et nous sommes en bonne voie pour y parvenir », a indiqué Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, cité dans un communiqué.

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Nissan, qui a lancé son véhicule électrique il y a trois ans avec plus ou moins de succès, assure que la voiture sans conducteur pourra être vendue à un « prix raisonnable », sans toutefois avancer de chiffre. Le groupe travaille à étendre son dispositif basé sur des caméras et des capteurs qui permet déjà au conducteur d'éviter les collisions et l'aide à se garer. Le groupe a en outre déjà présenté à plusieurs reprises dans des salons, dont le Tokyo Motor Show ou le Ceatec (grand messe annuelle de l'électronique), une mini-voiture dont le copilote est un petit robot monté sur le tableau de bord. L'automobile sans conducteur humain devrait logiquement s'inspirer de ce prototype. Nissan est en outre en train de construire au Japon un circuit pour tester son véhicule « révolutionnaire ». Le parcours « comprendra un vrai paysage de ville avec des bâtiments en dur et non des décors. Il va permettre de repousser les limites des essais automobiles sur les routes et de s'assurer que la technologie est sûre », explique encore le groupe.

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Des puces gravées à 5 nanomètres et des écrans souples

L'américain Intel en parle déjà, les Japonais y songent aussi et c'est peut-être pour 2020 : la gravure des puces en 5 nanomètres, soit près de trois ou quatre fois moins large qu'actuellement, permettrait une concentration encore plus grande des transistors et des données, donc des performances d'appareils électroniques toujours plus miniatures.

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Les rideaux écrans, un écran à dérouler comme un parchemin, cela fait des années qu'on en parle, mais d'ici à 2020 c'est peut-être jouable et c'est même sans doute une des plus grandes ambitions des organisateurs des JO, des fabricants de TV et des opérateurs de télécommunications mobiles japonais que d'offrir un tel gadget au moment d'un des plus grands événements sportifs de la planète. Si l'on visite les laboratoires des électroniciens nippons, on voit déjà des prototypes. Mais l'ambition ne s'arrête pas aux écrans de poches. A suivre...

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NB: pour faire suite au Live Japon de la semaine passée, sachez que l'opérateur NTT Docomo a confirmé mardi 11 septembre qu'il proposerait lui aussi la gamme iPhone d'Apple à ses 62 millions de clients à partir de ce mois-ci. La concurrence va être si féroce au Japon entre les trois principaux fournisseurs de services cellulaires nippons (NTT Docomo, KDDI et SoftBank Mobile) que l'iPhone sera dans de nombreux cas... gratuit, sous réserve de s'engager pour deux ans. En fait, il sera facturé chaque mois pendant cette période, mais la mensualité sera remboursée immédiatement via une ristourne appliquée sur les forfaits, ce qui revient à zéro, au moins pour les modèles d'iPhone 5c 16 Go.

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Pour les autres, la contribution du client répartie sur deux ans ne dépassera pas 300 euros (cas de l'iPhone 5s 64 Go chez SoftBank, moins chez les autres). Par ailleurs, les opérateurs proposent aussi de racheter les anciens iPhone à un prix qui peut atteindre plus de 200 euros pour les modèles les plus récents en bon état.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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