Comparatif des meilleurs casques hifi (2020)

Guillaume Fourcadier
Spécialiste Audio
12 novembre 2020 à 16h55
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Quel est le meilleur casque hifi ? Les portes de l'extase auditive sans trop déranger son voisin ? Qui mieux que le casque hifi peut répondre à cet appel ? Goutte d'eau dans les dizaines de milliards de CA générés par le casque audio chaque année, True wireless en tête, le casque hifi n'est rien, mais ne connaît pas la crise de son voisin nomade. D'un côté les prix du très haut de gamme s'envolent parfois ridiculement haut (une des causes de l'émergence de la Chifi), de l'autre une bonne configuration de salon n'a jamais été aussi accessible.

Choix de la rédac

Hifiman Sundara

Choix de la rédac

  • Qualité d'un planaire à moindre coût
  • Très léger
  • Bonne fabrication
Toujours excellent

Grado SR80e

Toujours excellent

  • Casque très énergique
  • Look atypique
  • Système de coussinets interchangeables
Rapport qualité / prix

Superlux HD-681

Rapport qualité / prix

  • Qualité technique dans sa gamme de prix
  • Bonne robustesse

Oh et après ? On justifie bien des budgets élevés pour une guitare, d'un clavier, d'un hybride plein format, pourquoi pas d'un casque ? Dans l'audio comme dans tous les secteurs il y a les produits simplement chers et il y a les produits valant beaucoup d'argent. Le premier peut être vu comme une exagération, le second un investissement certes lourd, mais en valant largement la chandelle.

1. Superlux HD-681

Superlux HD-681 Rapport qualité / prix
  • Qualité technique dans sa gamme de prix
  • Bonne robustesse
Le meilleur en entrée de gamme

Au final, le Superlux HD-681 un modèle étonnant et parfaitement recommandable pour qui possède un budget très serré, mais également celui qui désire un casque d'appoint. Un casque déjà assez ancien qui n'arrive pas vraiment à la hauteur des légendes vieillissantes de Beyer ou, dans une autre signature, des K601 ou K701 de AKG, mais pourtant un casque très attachant.

Le meilleur en entrée de gamme

Au final, le Superlux HD-681 un modèle étonnant et parfaitement recommandable pour qui possède un budget très serré, mais également celui qui désire un casque d'appoint. Un casque déjà assez ancien qui n'arrive pas vraiment à la hauteur des légendes vieillissantes de Beyer ou, dans une autre signature, des K601 ou K701 de AKG, mais pourtant un casque très attachant.

Un nom qui fleure bon le casque Eco+ et fier de l'être, tout autant que Monoprice (cette marque existe). Pourtant le Superlux HD681, malgré une ambition léchant plancher des vaches, est une petite perle ultra-abordable. Pensez donc ! Un casque hifi/Studio d'entrée de gamme. Comment un son correct peut sortir de ce truc ? Le pari est pourtant réussi. Loin de nous l'idée d'en parler comme d'une découverte complotiste de type « les grands constructeurs ne veulent pas que vous entendiez parler de cette marque ». Non, nous ne sommes pas dans un produit révolutionnaire qui ferait trembler des casques de 10 fois son prix. Le but n'est pas là et celui qui vous en parlerait ainsi pêcherait par excès d'enthousiasme ou par manque d'objectivité.

Pourtant le Superlux HD-681 ne manque pas d'intérêt. Mieux, il est excellent pour ce qu'il prétend être : un petit casque certes simple, mais parfaitement acceptable sur le plan sonore, profitant de l'absence (ou d'un traitement par-dessus la jambe) des grandes marques dans cette gamme de prix pour venir les grignoter voire justifier, avec quelques contreparties, un rapport qualité-prix franchement impressionnant. Un peu la Chifi (Chinese Hifi) appliquée aux casques de salon, ou plutôt la Tai-Fi puisque Superlux est Taïwanais. Pour la petite histoire, il existe des modèles 681B et 681F, tous deux de signature et de couleur différente (utilisant respectivement des cerclages gris et blancs au lieu du rouge) et moins populaires, mais surtout beaucoup plus difficiles à trouver.

Piège de plastique ?

Si les intra-auriculaires d'entrée de gamme peuvent faire illusion côté fabrication, cela est difficilement le cas des casques, lesquels ont davantage de contraintes mécaniques et davantage de petites pièces. Le principe du Superlux HD-681 est alors simple : reprendre presque à l'identique une forme connue, ici le AKG K240 MK II, pour singer son approche et reproduire au mieux ses pièces. Le design n'est pas vilain du tout, directement hérité (ou plutôt copié) d'une longue lignée de casques du constructeur autrichien ayant commencé bien avant son rachat par Harman en 1993. Les petites touches de rouge le rendent assez agréable, sous réserve de ne pas s'approcher de trop près pour ne pas se prendre les yeux dans les finitions.

Le Superlux HD-681 peut se voir comme un semi-ouvert. Ses coussinets en similicuir très peu respirant permettent en théorie de partir sur une approche fermée, mais ces coques assez largement ouvertes sur l'arrière ramènent l'ensemble dans un entre-deux. Cela permet un minimum d'isolation (en pratique non) et un minimum d'ouverture sonore.

Pas une surprise, mais la fabrication n'est pas spécialement brillante. On ne dira pas que le modèle est une atrocité, ce serait de la mauvaise foi, mais il compose avec sa limitation de prix. Le plastique et l'assemblage paraissent particulièrement légers. Pourtant, dans la pratique le casque tient plutôt bien la torture quotidienne. Il serait donc malvenu de le trouver catastrophique.

Le seul vrai défaut est son câble non-détachable, un peu dommage même si sa qualité reste très correcte.

Le confort demande comme souvent un impératif côté utilisateur : ne pas avoir une trop petite tête. Son système de repose-tête utilise un classique bandeau souple placé en dessous de la dyade (merci d'avoir la référence) de tiges en plastique composant l'arceau. Cela donne une certaine amplitude dans les tailles crâniennes, mais dans une certaine mesure. Pour les utilisateurs rentrant dans cette norme, le résultat est parfaitement acceptable, le casque et ses quelques 280 g le rendant suffisamment confortable sur de longues sessions. Petit bémol si vous portez des lunettes, les coussinets n'étant pas des parangons de souplesse.

L'isolation n'est absolument pas son truc en pratique. Inutile de lui demander de se comporter en bon nomade, il n'atténuera que quelques dB dans les aigus, mais pas vraiment plus.

Son limitant, mais efficace

Et la sonorité dans tout ça ? Comme je le précisais, il ne faut pas s'attendre à avoir mieux que des produits déjà très établis de type Beyerdynamics DT990 (équivalent ouvert du DT770). Pourtant, les limitations sur la fabrication ont clairement permis à la marque d'utiliser un bon transducteur de 50mm. Le résultat est assez surprenant et dépasse clairement le cadre de la simple entrée de gamme.

Signature en V évidente, ce qui implique des basses plutôt mises en avant, de même que les aigus. Le Superlux HD681 est particulièrement percutant et clair, un peu à la manière du DT990 justement. Les médiums légèrement en retrait impliquent que le casque sonne assez large, il propose une scène sonore suffisamment étendue et relativement profonde pour un semi-fermé.

Son niveau de qualité est assez bon, en tous cas loin de ce que l'on imagine pour un premier prix. Il se permet de rendre suffisamment de détails et de nuances dans l'écoute pour être considéré comme un vrai casque de salon, un petit modèle déjà bien agréable.

Il faudra toutefois être conscient de ses limitations. La signature en V est clairement la voie de la facilité pour les casques et intra. Cela permet d'exacerber les détails et l'espace sonore à moindres frais. Mais cela engendre également des problèmes qu'il faut savoir gérer. Le plus important de tous est une tendance du casque à l'agressivité voire à la sibilance (sifflement ou chuintement sur certaines fréquences). À moins d'être demandeur, les pistes types électro et surtout métal peuvent rapidement devenir sèches et agressives, presque fausses, métalliques. Pour éviter ce phénomène, il est impératif de garder un volume d'écoute très raisonnable. Une constance des signatures en V, mais plus ou moins bien gérée suivant les modèles et membranes.

Second petit défaut, l'extension dans les basses qui pourra paraître encore un brin justique, le modèle gagne en précision ce qu'il perd en sensation. Un peu dommage (ou pas), car le transducteur de 50mm fait un excellent travail sur l'impact et les petits détails dans le registre. Il est possible que les très basses fréquences ne le dépassent tout simplement.

2. Grado SR80e

Grado SR80e Toujours excellent
  • Casque très énergique
  • Look atypique
  • Système de coussinets interchangeables
Le joueur New Yorkais

Un casque extrêmement léger, qui ne paye pas de mine, mais pourtant un classique du genre qu'il faut au moins avoir essayé une fois.

Le joueur New Yorkais

Un casque extrêmement léger, qui ne paye pas de mine, mais pourtant un classique du genre qu'il faut au moins avoir essayé une fois.

Peut-on citer marque plus vénérable que le légendaire constructeur de Brooklyn Grado ? Pas pour mon humble cas. La marque a débuté sous la houlette du patriarche Jo Grado en 1953 en développant ses cellules de lecture Phono, s'est un temps diversifiée en imaginant quelques enceintes (très recherchées) dans les années 60, pour enfin se développer dans les casques audio dans le tournant des années 90. Une première série HP1000 en métal composée des HP1, 2 et 3, encore maintenant très très cotée. S'en suivit presque immédiatement la série SR en plastique, qui donnera plus tard les modèles SR60, 80, 125, et 225 encore disponibles à l'heure actuelle. Nous passerons sur le reste de l'histoire de la marque, qui demanderait un très long article plein d'emphase. Disons simplement deux choses.

Premièrement la marque possède un nombre presque incalculable de modèles. Comptons déjà ses nombreuses gammes régulières : SR (plastique et 1 en métal), RS et GS (bois), et PS (métal). Passons également sur ses éditions limitées : HF (pour le site Headfi), GH (modèles commémoratifs) ou WH (casque blanc unique). Et terminons sur sa collection impressionnante de modèles collaboratifs plus ou moins poussés, avec par exemple les éditions Harley Davidson (coques découpées dans un cylindre) et Bushmills. Cette dernière avait légèrement buzzé, puisque Grado utilisait pour ce casque atypique le bois d'un fût de chêne ayant contenu du Whiskey Bushmills, mais surtout parce que l'opération s'était faite sous la houlette de Elijah Wood, aka Frodo Bessac, porte-parole de la marque et accessoirement porteur d'anneau unique.

Deuxièmement, et cela est un peu plus dur à entendre : Grado tient difficilement la cadence du haut de gamme. Ses transducteurs utilisés tiennent la route, mais il devient difficile de tenir tête aux planaires sans de solides innovations. Focal est l'une des seules marques ayant trouvé la solution avec des membranes béryllium ; Sennheiser, Sony ou Beyerdynamics partent dans des délires plus technologiques en modifiant le taille de la membrane ou le type d'aimants par exemple ; le reste du marché est passé aux transducteurs orthodynamiques, ou planaires, ou isodynamiques suivant les appellations. Une micro-part est également là sur la technologie électrostatique, voire des eaux encore plus exotiques et non moins marginales (AMT, ruban, etc). En bref, Grado, malgré le paquet mis sur les matériaux (bois ou métal), commence à sérieusement se faire larguer sur la qualité sonore en très haut de gamme.

Mais l'entrée de gamme / milieu de gamme est une autre affaire. C'est là, bien planqué et n'ayant que très peu évolué depuis près de 20 ans (passage à des versions i puis e) que le faux vieux SR80e tire son épingle du jeu. Un modèle avec coque en plastique, mais ultra léger et ultra éprouvé. Pas sans défaut, mais pas sans amour.

Vous reprendrez bien un peu d'ancêtre ?

Pour qui ne connaît pas la marque Grado le choc est rude. La définition même du vintage dans une véritable étrangeté. Même si les casques ne ressemblaient pas à ça, il évoque un antique modèle radio des années 30 ou 40, le genre « TSF » tout en simplicité et tout en épure. C'est également là son charme, et cela lui permet dans une moindre mesure de ne pas trop vieillir.

Sa simplicité est évidente, le Grado SR80e se bâtit autour de 2 coques en plastique dans lesquelles viennent directement se placer les transducteurs, sans aucune chambre acoustique ou socle complexe. Accrochées à ses coques, des branches elles-aussi en plastique, collées à des tiges métalliques venant se glisser dans une petite pièce métallique elle-même raccordée à un simple arceau en acier recouvert d'une rachitique couche de similicuir. La fabrication est tellement simple que de nombreux utilisateurs proposent des mods et améliorations plus ou moins professionnelles.

Les transducteurs sont directement soudés à un épais câble manquant clairement de souplesse. Enfin le produit vient, de base, avec des coussinets en mousse supra (reposant sur les oreilles) sans aucun revêtement. Ce casque est ainsi le modèle le plus ouvert que l'on puisse imaginer, l'arrière totalement ajouré renvoie sur une simple grille. Ne vous amusez pas à la recouvrir, le casque n'aura alors plus aucune réponse dans les basses fréquences. Cette ouverture lui permet également de renvoyer le son à vos voisins. C'est simple, les Grado sont parmi les pires modèles pour un usage nomade.

En pratique le casque peut durer très longtemps, sa simplicité participant beaucoup à sa robustesse. Il n'impressionne pas, mais permet, grâce à légèreté, de ne pas chuter lourdement. De même, l'aspect très rustique de son câble (une vieille légende dit qu'il peut remorquer un porte-avion) et ses gros points de soudure permettent de bien compenser son approche non-détachable.

Le confort est un point un peu plus ambigu. De base il tient parfaitement sur les oreilles, mais n'est pas spécialement agréable. La solution la plus simple et la plus efficace est de remplacer ses mousses par les équivalents « Jumbo Pads » circum-auriculaires de la gamme Grado. Ces derniers permettent de ne pratiquement pas modifier la signature sonore tout en améliorant sensiblement le confort et l'impression d'espace. Un achat à prévoir, que ce soit en officiel ou via un constructeur tiers Amazon par exemple. Il existe également d'autres modèles de coussinets, permettant de varier les plaisirs.

Percutant et ouvert, son à l'américaine

Vous êtes prévenus, les Grado sont dans l'idée d'une philosophie d'écoute plus que d'un discours technologique. Pour faire simple, nous ne sommes pas en face d'un modèle de neutralité ou d'un sommet de la Hifi. Le SR80e est particulièrement intéressant pour son approche assez rentre-dedans et pêchue, elle aussi en V, mais pas de manière agressive. Le driver est clairement fait pour ça, il ne présente pas cette caractéristique comme une limitation, mais comme une sorte de jeu.

Petite bosse dans les bas-médiums, petite bosse dans les aigus. Le SR80e est à la fois puissant et tranchant, proposant un excellent sens de l'énergie, le tout avec le léger grain assez caractéristique du constructeur Américain, une sorte d'imprécision un peu grasse comme peut l'avoir le Koss Porta Pro.

Il est difficile de décrire les gammes de fréquences les unes à la suite des autres, le SR80e étant plus une affaire de signature globale. Cette signature est gérée de telle façon qu'il s'adresse à un public assez large, mais qui devra épouser son énergie parfois à la limite. Très puissant, très clair, très frontal, le modèle propose un son vivant, marqué par un excellent impact et un excellent contrôle des basses, tout en petites nuances et en patate mêlées. Un casque potentiellement aussi à l'aise pour des styles très agressifs que pour du classique (encore que), la balle étant plutôt dans l'appréciation de l'auditeur. Vous pourrez ainsi le prendre comme parfaitement énergique tout comme vous pouvez le prendre comme inutilement agressif. Une scission propre à la marque Grado. Techniquement, il faudra également se contenter de sa réponse en fréquence un peu courte dans les basses. Le casque reposant uniquement sur ses coussinets en mousse, peu denses, il peine à faire ce que pourrait proposer un coussinet avec revêtement similicuir par exemple.

3. Philips Fidelio X2

Philips Fidelio X2 Un bon compromis
  • Excellente fabrication
  • Sonorité ample et puissante
  • Câble détachable
Le casque moderne, mais oublié

Un casque simple, mais parfaitement conçu, cumulant les bons points sans rien laisser au hasard, symbole d'une courte, mais glorieuse période de la branche audio Philips. Chanceux potentiels que nous sommes, la marque revient sur le devant de la scène après ces quelques années d'absence.

Le casque moderne, mais oublié

Un casque simple, mais parfaitement conçu, cumulant les bons points sans rien laisser au hasard, symbole d'une courte, mais glorieuse période de la branche audio Philips. Chanceux potentiels que nous sommes, la marque revient sur le devant de la scène après ces quelques années d'absence.

Lancée en 2011 avec le casque semi-ouvert L1, la gamme de casques audio (mais pas que des casques) Fidelio de Philips impressionna son monde en proposant une sonorité à part, pas forcément nouvelle, mais donnant un petit coup de fouet technologique sur un marché encore dans l’inertie des modèles uniquement design. Le L2 enfoncera le clou un peu plus tard, la série supra-auriculaire M se chargera de plus de nomadisme jusqu’à introduire le premier modèle de grande marque avec câble Lightning, les modèles X ouvriront des horizons plus casaniers avec le X1, puis le X2 / X2 HR (le second étant un équivalent européen du premier). C’est sur ce dernier que nous allons nous arrêter, un casque à la fois vieillissant et pourtant très jeune, planqué dans une gamme de prix envahie de casques conservateurs (toujours les Beyerdynamics DT770/880/990 ou les Akg K701 depuis trèèèèès longtemps) voire à l’arrêt complet. Il existe bien une concurrence du casque Chinois (Type Takstar), mais ces modèles ne sont pas disponibles à l’importation, ou de manière sporadique. Ainsi le Fidelio X2, sans en avoir l’air, est un casque extrêmement recommandable, car cumulant tous les points du parfait petit casque hifi.

Un luxe discret

Loin de la carcasse plastifiée du Superlux et de la non-moins absence de raffinement façon Grado, le Philips Fidelio X2 impressionne. Il fait écho à la robustesse des modèles Beyerdynamics tout en s’éloignant largement de leur écrin de Panzer. D’un noir absolu et un peu tristounet, le Fidelio X2 fait preuve de plus de modernité. De l’aluminium, du velours et du cuir savamment dosés. À l’arrière, de très larges grilles d’aération évacuent l’onde arrière de son large transducteur de 50mm de diamètre.

Le reste est un petit modèle de discrétion. Le casque prend le parti d’un arceau avec repose-tête élastique, plutôt bien ajusté et extrêmement confortable, mais comme souvent très dépendant de la taille de tête. Il faudra rentrer dans la norme, ne pas avoir une tête trop petite dans le cas présent. Solide et confortable, son seul défaut vient peut-être de ses coussinets, très englobants, mais étranglement pas aussi doux que ce qui existe chez Beyerdynamics ou AKG.

Contrairement à tous les autres modèles présentés ici, le Philips utilise un câblage d’un seul côté, détachable bien entendu. Un câble partant d'un seul côté est plus pratique, car permet de partir sur un câble plus standardisé, plus simple à remplacer au besoin.

Une belle génération sans lendemain

Sans être un modèle d’équilibre, le Fidelio X2 propose une approche sonore relativement naturelle et très aérée. Pour faire simple, nous sommes dans une sorte de petit V un peu à la Grado, mais sans le côté agressif, mais surtout avec beaucoup plus d’ampleur et plus d'extension. Le casque est assez réactif dans ce registre, mais sans être un champion non plus. Les Beyerdynamics équivalents (le DT990 en premier lieu) sont un peu plus percutants par exemple. Le casque propose également un pic assez marqué dans les aigus autour de 8-10 kHz, ce qui apporte un gros boost de clarté à l’écoute même si parfois au prix de petits chuintements dans l’écoute (les cymbales sonnant un peu faux par exemple). Pour le reste nous pouvons ressentir la plus grande modernité du modèle, son niveau de détails supérieur et sa plus grande maîtrise de l’espace sonore, un espace sonore très large et profond, parfaitement dans ce que l’on attend d’un modèle de ce tarif.

Le Fidelio X2 est assez dynamique, mais sans tomber dans l’agressivité, ce qui le rend suffisamment polyvalent. Pas le casque ultime pour les genres classique ou jazz, mais parfaitement agréable tout de même. Pour les plus joueurs d’entre nous, c’est également une référence bien adaptée à l’exercice.

4. Hifiman Sundara

Hifiman Sundara Choix de la rédac
  • Qualité d'un planaire à moindre coût
  • Très léger
  • Bonne fabrication
Le meilleur choix (pour nous)

Parfaitement conçu, le Hifiman Sundara a tout du grand casque hifi sans se laisser manger par un tarif déraisonnable. Un excellent choix pour qui n'accroche pas aux aigus désarticulés de bien des planaires.

Le meilleur choix (pour nous)

Parfaitement conçu, le Hifiman Sundara a tout du grand casque hifi sans se laisser manger par un tarif déraisonnable. Un excellent choix pour qui n'accroche pas aux aigus désarticulés de bien des planaires.

Malgré sa dénomination tout aussi kitschissimement super-héroïque que Superlux, Hifiman possède une aura infiniment plus rutilante. Tout le monde ne le sait sans doute pas, mais la marque est la première à avoir véritablement posé les bases du baladeur audiophile avec le HM801 (2010), un monstre à l'écran timbre-poste, à l'ergonomie infâme et à l'autonomie chétive, mais aussi le premier à utiliser un vrai DAC de salon et une amplification démesurément puissante. L'époque était différente, et l'utilisation d'une batterie de 18V avec chargeur propriétaire de 500 g passerait difficilement à présent. Mais ah ! Grand est le charme nostalgique des ères pionnières.

Pas seulement impliquée dans les baladeurs, la marque chinoise a surtout œuvré pour le renouveau des transducteurs planaires en concurrent plus ou moins direct de l'américain Audeze, un type de haut-parleur ayant eu sa petite mode dans les années 70-80. À l'inverse de Audeze optant pour des signatures sonores très (trop ?) sombres avec un certain retrait des aigus, Hifiman essaye de placer quelques pics, l'une et l'autre des solutions ayant ses problèmes et ses détracteurs. Justement, c'est un peu pour contenter cette masse allergique que Hifiman propose avec le Sundara - à ne pas confondre avec le Susvara - un casque assez accessible, mais surtout proposant une signature sonore sensée être plus simplifiée dans les aigus, pas forcément plus qualitative (pourquoi vendre des casques 20 fois plus cher sinon), mais réglée pour un peu plus d'universalité sonore.

Vers des terres plus modernes

À l'inverse de Audeze, les casques hifi de Hifiman ne sont pas figés dans un design trop archaïque. Partant d'une présentation à la limite de l'artisanal dans ses premières créations, le constructeur a évolué vers des élans plus légers et plus ergonomiques. Le Hifiman Sundara en est un excellent exemple bien qu'il ne soit pas le plus moderne du genre. Premier point sa grande légèreté, en tous cas pour un planaire. C'est simple, il est très rare de voir des modèles de ce type en dessous des 400 g. Quant aux Audeze justement, leurs casques hifi peuvent même dépasser les 650 g à la pesée. Ici nous sommes dans un « poids plume » de 350 g. Cette caractéristique permet, en plus du bandeau repose-tête, un port sans aucune gêne pendant de longues sessions d'écoute.

Tout en métal, la fabrication est irréprochable bien que manquant un peu de fantaisie stylistique. Du noir et une petite touche de clarté, Le Sundara fait dans la sobriété la plus rabat-joie, mais n'est pas désagréable pour autant.

Maîtrise et équilibre

Transducteur de 50 mm quand même le petit Gamer Audeze Mobius annonce 104mm parait très léger, mais il faut y discerner une petite filouterie dans les chiffres. En effet, Hifiman annonce bien la taille de la membrane, quand Audeze (en tous cas pour le mobius) prend le transducteur dans son ensemble, sachant qu'une très large partie est occupée par le PCB, ramenant la membrane à 50mm également. Peu importe après tout, puisque le Hifiman Sundara réussit très bien ce qu'il entreprend.

Le son possède tous les avantages du planaire, notamment son côté incroyablement précis et enveloppant dans les basses, laissant chanter ce registre avec une facilité et une linéarité déconcertante, mais surtout inatteignable pour un transducteur dynamique. Et, contrairement aux autres modèles (mis à part les dernières générations), le Sundara est plus raffiné, moins accidenté dans les aigus. Même si réglé de manière intelligente, cette signature se fait au prix d'un léger manque de tranchant, ce qui le coupera d'une partie des utilisateurs. Le Sundara n'a pas la pente marquée de certains Audeze ni la versatilité des Hifiman classiques dans les hautes fréquences. Il apparaît comme au contraire comme un excellent équilibre.

Le son est très accessible et extrêmement plaisant, simple à appréhender tout en étant d'une excellente profondeur. Défaut habituel des planaires (beaucoup d'exceptions), l'espace sonore n'est pas extrêmement vaste, présenté de manière un peu frontal.

Pas une révolution mais presque, puisque le Hifiman Sundara s'aligne sur les grands noms du genre que sont les Sennheiser HD600/650/660S tout en les dépassant sur de nombreux points. Difficile de voir une meilleure reproduction dans basses à ce tarif. C'est simple, le Sundara réussit à faire mieux que l'ancien He400i, un casque d'un ordre de prix similaire, mais ne possédant pas une telle technicité.

Modifié le 27/11/2020 à 12h51

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