En Australie, un projet de "train infini" capable de recharger ses batteries électriques... en roulant

Benjamin Logerot
Publié le 22 mars 2022 à 12h25
© Fortescue Metal Group
© Fortescue Metal Group

En Australie, le géant minier Fortescue a annoncé débuter le développement d'un train électrique capable de recharger ses batteries automatiquement en utilisant la force gravitationnelle des tronçons de voies de chemin de fer en pente. Une première pour une technologie de ce genre qui devrait être développée d'ici deux ans.

Les objectifs affichés par l'entreprise sont clairs : réduire les coûts, sortir du diesel d'ici 2030 et montrer qu'une utilisation des énergies renouvelables est possible à tous les niveaux.

Vers l'infini en pente douce

« Parcourant la blanche immensité d'un hiver éternel et glacé, d'un bout à l'autre de la planète, roule un train qui jamais ne s'arrête ». Ces vers tirés de la BD à succès de Rochette, Le Transperceneige, pourraient bien devenir réalité dans un futur proche (du moins pour le train, on espère fort que ce ne soit pas le cas pour le reste des événements) grâce à l'entreprise australienne Fortescue, spécialisée dans l'extraction et le transport de minerais de fer.

Le groupe a annoncé au début du mois avoir mis en place un plan de 50 millions de dollars pour développer une technologie inédite qui équipera l'Infinity Train, le train infini : des batteries électriques régénérantes. Le projet est développé en partenariat avec Williams Advanced Engineering, que Fortescue a racheté en janvier dernier, et devrait arriver à terme dans deux ans.

Concrètement, ce que propose le géant minier, ce sont des batteries capables de se recharger elles-mêmes en utilisant la force gravitationnelle des trains chargés sur les sections en pente du réseau de chemins de fer de l'entreprise afin de supprimer le temps de recharge inévitable à l'utilisation de telles technologies électriques. Objectif affiché : baisser drastiquement les coûts d'opération et de maintenance, et entamer une sortie du diesel qui devrait être totale d'ici à 2030.

Bonne conscience écologique

Elizabeth Gaines, P.-D.G. du géant minier ne le cache pas : « La régénération de l'électricité sur les sections en descente supprimera le besoin d'installations d'infrastructures de génération d'énergies renouvelables et de recharge, en faisant alors une solution efficace et capitale pour éliminer le diesel et les émissions de nos opérations sur rails ». Le train infini n'est pas un grand plan pour servir l'humanité, même si l'entreprise prévoit une distribution à un niveau plus global lorsque tout sera prêt et fonctionnel.

Mais il est à souligner que le développement de cette technologie diminuera énormément dans le futur les coûts et les émissions de CO2 des trains de Fortescue. L'entreprise dispose en effet d'une flotte impressionnante de 54 locomotives pouvant tracter chacune 16 wagons et transporter en tout quelque 34 400 tonnes de minerais de fer sur tout son réseau de chemins de fer. Cela demande des millions de litres de diesel par an, en témoignent les 82 millions de litres rapportés sur l'exercice fiscal 2021.

D'autres entreprises australiennes ont aussi commencé à développer des trains de transport électriques comme BHP ou Rio Tinto, mais la technologie de Fortescue est bien unique pour ce secteur.

Source : Renew Economy

Benjamin Logerot
Par Benjamin Logerot

Grand adepte du travail des petites mains qui nous construisent des mondes fantastiques. Ma passion va du jeu vidéo indépendant au pan pan boum boum avec au milieu les avancées techniques de notre monde.

Vous êtes un utilisateur de Google Actualités ou de WhatsApp ?
Suivez-nous pour ne rien rater de l'actu tech !
Commentaires (0)
Rejoignez la communauté Clubic
Rejoignez la communauté des passionnés de nouvelles technologies. Venez partager votre passion et débattre de l’actualité avec nos membres qui s’entraident et partagent leur expertise quotidiennement.
Commentaires (10)
malak

Entre faire des économies en récupérant de l’énergie actuellement perdue et un train « infini », y’a une sacrée différence.

_Reg24

Ce principe existe déjà actuellement, un train en descente utilise ses moteurs en tant que génératrice pour freiner le train, l’énergie est renvoyée dans le réseau et utilisée par d’autres trains qui en on besoin.

zoup01

Oui mais….très très peu…le rendement du système est très faible et le frein par récupération n’est pas sécuritaire .
Quasiment nul en 1500v , les sous stations équipées doivent se compter sur les doigts d’une main….il n’y a guère que dans un métro où c’est vraiment exploitable.
En 25000v , certains matériels renvoient du courant à EDF…sous réserve de freiner, et hors lignes de montagne, un train ne freine pas très souvent.

Kratof_Muller

C’est une optimisation et un déplacement de l’énergie nécessaire au fonctionnement, le titre ou l’annonce est un tout petit peu trompeur.

JohnLemon

La communication est trompeuse, le terme Infini laisse penser qu’on aurait trouvé le secret de l’énergie infinie, ce qui n’a évidemment pas de sens : à moins d’être dans le vide spatial, on consommera toujours plus que l’énergie potentielle ou cinétique produite, de sorte que l’on a toujours besoin d’un apport extérieur pour compenser.

Buldom

Je ne suis pas dans le domaine mais on m’avait dit il y a plusieurs année que les locomotive sont déjà électrique depuis un bon moment. Je ne sais pas si c’est vrai mais le moteur diesel est une génératrice d’électricité pour donner le courant au moteur électrique qui fait avancer le train. Le moteur électrique serait beaucoup plus puissant qu’un moteur diesel.

Je ne sais pas s’il pourront se passer du moteur diesel mais je présume que le but est de l’utiliser le moins possible en récupérant de l’énergie ailleurs.

Beaubarre

Cela parait pas si révolutionnaire que cela - il suffit … d’électrifier les lignes et on a en bonus pas la nécessité de transporter les batteries.

Sans doute trop cher pour ces lignes ferroviaires peu utilisées

Asakha1

C’est que le train descend la pente chargée de matière et recharge les batteries, qui se déchargeront sur le retour, mais les wagons vides. Au final, le train regénère plus qu’il ne consomme. Ce n’est pas de l’énergie infinie puisque l’énergie est puissée dans l’énergie potentiel dûe à la gravité, mais dans le sens de la communication, c’est infini puisqu’il n’y aurait pas besoin de brancher le train au réseau pour charger ses batteries.

MisterDams

Effectivement, la partie importante de l’article, c’est de savoir de quel train on parle :

spécialisée dans l’extraction et le transport de minerais de fer.

On a donc certainement un trajet à vide avec une pente positive, et un trajet à plein avec une pente négative. Globalement aucun intérêt pour le réseau français ou pour du transport de voyageurs.

carminou

C’est tout à fait ce qui est expliqué par certains dans ces commentaires.
L’idée est bonne en effet, mais attention, ce n’est applicable que dans leur cas très particulier et peu reproductible : leur mine est située en altitude et le minerai est descendu plus bas (vers un port maritime ?) par des trains. A la limite, ces trains pourraient amener le minerai à destination uniquement en freinant dans la descente. Leur idée est de ne pas freiner avec dissipation de chaleur (freins “normaux”) mais d’en profiter pour charger les batteries. Ces batteries permettront de faire marcher la locomotive dans la parties (très minoritaires) qui ne descendent pas à l’aller (mine vers port) et surtout au retour (là ça monte !) car le train remonte A VIDE (et donc beaucoup plus léger) vers la mine.
Bref ça ne peut marcher que si ces trains font uniquement des aller-retours pour descendre du fret très lourd depuis un départ situé en altitude vers une arrivée située beaucoup plus bas. D’ailleurs
Mais dans leur cas précis, ça reste une bonne idée !
Mais il ne faut pas exagérer quand même, l’article dit « L’entreprise dispose en effet d’une flotte impressionnante de 54 locomotives pouvant tracter chacune 16 wagons et transporter en tout quelque 34 400 tonnes de minerais de fer sur tout son réseau de chemins de fer. Cela demande des millions de litres de diesel par an, en témoignent les 82 millions de litres rapportés sur l’exercice fiscal 2021. » Ca c’est vrai (sans doute) mais le truc du train qui se recharge tout seul en roulant et n’a pas besoin d’une autre énergie n’est applicable qu’à la descente du minerai depuis la mine en altitude…