Le placebo, ça marche même quand vous êtes au courant

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Mystère de l'esprit humain : une série d'études médicales américaines mettent en lumière qu'un patient, même lorsqu'il sait que ses médicaments ne contiennent aucun principe actif, guérit mieux et plus vite que lorsqu'il ne reçoit aucun traitement.

Le simple pouvoir de suggestion des effets positifs du placebo expliquerait ces résultats pour le moins étonnants.

L'esprit, soutien actif du médicament

Une série de cinq études publiées au mois d'avril tirent toutes la même conclusion. Menées sur différentes pathologies, impliquant une cohorte de 260 malades, toutes portaient sur des essais ouverts sur le célèbre effet placebo.

L'industrie pharmaceutique explique aujourd'hui relativement bien en quoi l'esprit est un soutien actif du médicament. Un exemple : quand vous souffrez d'un mal de tête et que vous avalez un comprimé de paracétamol, vous vous sentez généralement mieux en dix minutes, alors que le comprimé n'est pas encore dissout dans votre organisme. L'effet placebo vient accélérer l'effet bénéfique de la molécule, optimisant son efficacité.

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Des résultats visibles sur différentes maladies

Mais ces cinq nouvelles études vont plus loin. L'une d'entre elles, menée par l'école médicale de Harvard portant sur 80 patients atteints du syndrome de l'intestin irritable confrontait deux groupes : un premier groupe de 37 malades à qui l'on a donné des pilules neutres en leur expliquant qu'elles ne recelaient aucun principe actif. L'autre groupe n'a reçu aucun traitement. Résultat : ceux ayant eu un placebo se portaient nettement mieux que le groupe sans comprimé. Mêmes résultats pour des tests identiques sur d'autres pathologies très diverses (mal de dos, dépression, hyperactivité et trouble de l'attention).

Comment expliquer cet effet placebo ? Plusieurs pistes : l'expérience positive avec les médecins, stimulant la sécrétion d'endorphines et de neurotransmetteurs. Plus subtil, la suggestion des effets bénéfiques du placebo, déclenchant à elle seule un apaisement des symptômes douloureux. Enfin l'effet d'embodiment cognitif, selon lequel l'expérience de la prise de cachet favoriserait à elle seule le processus immunitaire au point de soulager sensiblement le patient des symptômes liés à sa pathologie. Esprit, es-tu là ?




Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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