Intel Pentium 4 série 600

21 février 2005 à 14h35
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Une architecture quelque peu revue pour le 64 bits

Au-delà des nouveautés techniques que nous étudierons en détails un peu plus loin, les Pentium 4 série 600 profitent de l'architecture Prescott qui a été pour l'occasion quelque peu dépoussiérée. La base reste cependant identique et le processeur comporte toujours un pipeline gigantesque de 31 niveaux. Bénéficiant des instructions SSE3 et de l'HyperThreading, les Pentium 4 série 600 profitent de nouvelles fonctionnalités. La plus significative est bien sûr l'EM64T que l'on pourrait ironiquement qualifier d'Intel AMD 64. Annoncée à la surprise générale en début d'année dernière, l'EM64T n'est ni plus, ni moins qu'une copie parfaite de la technologie AMD 64. Elle permet donc au Pentium 4 de bénéficier des instructions x86 sur 64 bits tout en maintenant une compatibilité totale avec les applications 32 bits. Bien curieusement Intel ne souhaite pas encore mettre l'accent sur le support du 64 bits et aucun détail véritablement technique n'a été communiqué à la presse quant à son implémentation. Il semble toutefois que le nombre total de registres ait augmenté tout comme le nombre de registres adressables afin de gérer convenablement les données 64 bits. Rappelons au passage qu'à l'instar des Athlon 64, les Pentium 4 série 600 disposent d'un mode de fonctionnement dit 'Legacy' où le processeur opère en 32 bits, alors que le 'Long Mode' correspond au mode de fonctionnement 64 bits, qui requiert un système d'exploitation 64 bits.

A la lecture de ces quelques lignes, on peut se demander quel est l'intérêt réel du 64 bits aujourd'hui ? La réponse est loin d'être évidente et si techniquement l'atout premier du 64 bits est de permettre de gérer une plus grande quantité de mémoire, 256 To contre 4 Go aujourd'hui, cela ne concerne pas le grand public dont les besoins sont encore très loin d'atteindre le téraoctet. L'autre intérêt du 64 bits, d'un point de vue purement théorique, vient de la possibilité de gérer plus de variables ou d'effectuer plus rapidement des opérations mathématiques complexes sur les nombres entiers. Prenons un exemple, avec un adressage en 64 bits il est possible de réaliser en une seule passe ce qui pouvait nécessiter autrefois deux multiplications avec des entiers codés sur 32 bits. L'autre avantage non négligeable vient du nombre accru de registres (on passe de 8 à 16 GPR) qui limitera les opérations de transfert de leur contenu dans la mémoire ce qui devrait se ressentir positivement sur les performances. Plus généralement le fait qu'un processeur 64 bits puisse manipuler des entiers plus longs devrait s'avérer bénéfique dans des domaines applicatifs intensifs et spécifiques comme le cryptage, les bases de données ou la vidéo. Mais tout n'est pas rose puisque le code 64 bits peut prendre plus de place que son équivalent 32 bits. Pourquoi ? Simplement parce que les instructions font appel à des opérandes plus grandes. Il en résulte un code plus lourd, logiquement plus lent à exécuter, dès lors certaines applications seront plus performantes en 32 bits qu'en 64 bits.

En définitive, l'arrivée du 64 bits ne devrait pas bouleverser le paysage informatique d'autant que l'environnement logiciel est loin d'être prêt, la pierre angulaire, à savoir Windows XP 64 étant toujours en cours de développement. Et lorsque Microsoft commercialisera finalement son système d'exploitation 64 bits, la migration s'avérera probablement progressive vu qu'il faudra attendre les premiers Drivers 64 bits ne serait-ce que pour exploiter l'ensemble de son matériel. Ensuite il faudra se pencher sur les applications dont les moutures 64 bits se comptent aujourd'hui encore sur les doigts d'une seule main, ou presque...

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Tout beau, tout chaud : Windows XP Professionnel 64 - RC2
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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