Patrice MACAR, DreamNex : "nous surfons sur la mode du porno chic"

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Le 15 juin 2007
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Patrice MACAR
PDG du groupe 168, éditeur de SexyAvenue.com, Patrice MACAR présente l'activité de ce spécialiste du "charme" sur internet. Il évoque ses relations avec l'industrie du e-commerce, revient sur son introduction en bourse et partage sa vision de l'avenir du secteur.

JB - Patrice MACAR bonjour. En quelques mots, pouvez vous rappeler le concept de Sexy Avenue et donner quelques chiffres sur votre audience, votre CA ou votre rentabilité ?

PM - Bonjour. SexyAvenue.com est un site "sexy haut de gamme" destiné à un large public adulte d'hommes mais aussi de femmes qui n'auraient jamais osé pousser la porte d'un sex shop mais qui souhaitent néanmoins pouvoir se procurer des objets ou des contenus érotiques. A la suite de séries comme Sex and the City, nous surfons sur la mode du "porno chic" qui permet désormais à des marques comme Durex de faire de la publicité pour des sex toy en prime time sur 77.

Notre chiffre d'affaire se ventile entre des abonnements à notre base de photos et vidéos (75% du CA) et notre boutique d'accessoires (25% du CA), vendant justement des sex toys ou de la Lingerie. L'ensemble du groupe DreamNex attire désormais une audience de 18 millions d'internautes par mois, ce qui nous a permis de réaliser un chiffre d'affaires de 34 millions d'euros et un résultat d'exploitation de 5 millions d'euros en 2006.

JB - Quel rang revendiquez vous sur le segment des sites de commerce électronique français ? Êtes vous surpris de ne pas être comptabilisé par la Fevad ou d'autres organismes du secteur ?

PM - Je ne connais pas notre rang tous secteurs confondus mais nous sommes par contre devenus le premier site dans le secteur du charme. Sur le segment de la VOD, il est également difficile de nous comparer à CanalPlay. Nous avons par exemple 400.000 téléchargements payants par mois mais ceux-ci s'inscrivent d'un modèle de forfait illimité, qui n'existe pas encore dans la VOD grand public.

Effectivement, nous n'avons aucune relation avec la FEVAD. Comme pour les mots clefs érotiques qui ont disparu des classements officiels des grands moteurs de recherche, le charme reste sans doute sulfureux et effraie bon nombre d'organismes professionnels. Notre statut d'entreprise cotée fera peut-être un jour changer les mentalités.

JB - Justement, avez-vous été surpris par l'engouement des investisseurs pour votre société ? Le sexe n'est plus un tabou pour les marchés financiers ?

PM - Nous étions curieux de savoir si les marchés financiers s'intéresseraient à notre société. Malgré quelques appels au boycott, la réunion de présentation de la SFAF a pourtant été un formidable succès avec pas moins de 160 personnes et notre offre initiale a été sur souscrite dix fois. Je pense qu'au-delà de nos activités, les marchés ont compris que la boite était bien gérée, que le secteur était porteur et que son management assumait parfaitement son positionnement.

JB - Votre capitalisation dépasse désormais les 100 millions d'euros. Après les rachats de THINK Multimedia et OPEN AXE , Comptez vous procéder à d'autres fusions acquisitions ?

PM - Absolument, ces deux premières acquisitions ne nous ont pas coûté trop cher et il nous reste encore 10 millions d'euros en cash sans parler de nos titres pour procéder à de nouvelles acquisitions. Notre priorité est désormais de devenir le leader internet européen du charme en nous implantant dans un premier temps en Espagne, Italie et au Royaume-Uni.

JB - Magnétoscope, télévision à péage, minitel, internet.. Le sexe a souvent été un moteur pour les nouvelles technologies. Selon vous, quel sera son futur terrain d'expansion ? La mobilité ? La 3D ?

PM - Nous avons envisagé d'ouvrir un sex shop dans Second Life mais pour le moment, l'audience de ce monde virtuel me semble encore insuffisante. Par contre, nous croyons beaucoup au téléphone mobile. La démocratisation du haut débit et l'arrivée de grands écrans devrait tirer la demande pour les contenus vidéos érotiques et nous devrions très prochainement dévoiler un service adapté à ce nouvel environnement.

JB - Patrice MACAR, je vous remercie.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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