Meet My Job

15 juin 2014 à 21h13
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Citation :

''Cela n'est pas évident d'aborder les soirées entrepreneur lorsqu'on ne connaît personne, mais on s'y fait, et les gens sont d'une incroyable bienveillance."



  • Nom : Meet My Job
  • Activité :
  • Réseau social de découverte de métiersCréation : décembre 2013
  • Localisation : Paris
  • Fondateurs : Hélène Quaniaux
  • Effectifs : 1 associée, 1 collaborateur
  • Mise de départ : non communiqué
  • Clients : urbains de 18 à 25 ans et touristes étrangers
  • Modèle économique : commission sur le paiement des ateliers
  • Chiffre d'affaires : non communiqué
  • Equilibre : non communiqué
  • Salaire du patron : non communiqué
  • Levée de fonds : non communiqué
  • Concurrents : sociétés offrant des stages de découverte en entreprise
  • Projets : organisation d'apéros ateliers avec des professionnels

Elle trace son sillon avec passion


L'entreprise d'Hélène consiste à ouvrir une porte sur l'artisanat, ce monde qu'elle trouve passionnant. Sans attendre le messie, elle s'est lancée seule à l'aventure.


Hélène aurait préféré entreprendre avec d'autres, mais elle n'a trouvé « personne partageant assez sa vision ». Tant pis, elle se lance seule. Une fois son casque jet rouge vif posé, la question de savoir si on doit l'appeler une « entrepreneur » ou bien une « entrepreneuse » solutionnée (elle opte pour le premier choix), et les présentations faites, Hélène explique son projet, appelé Meet My Job. Ou comment, depuis fin 2013, elle trace son sillon.

« C'est une plateforme de mise en relation qui permet aux particuliers de rencontrer des professionnels passionnés par leur métier et qui souhaitent le faire découvrir. Meet My Job permet par exemple d'apprendre à faire du chocolat avec un chocolatier, de découvrir comment dresser un aigle avec un fauconnier, ou encore d'être initié à la Caféologie avec un Barrista... » En s'exprimant, Hélène dégage autant de positivisme que de sincérité.

Les petits veaux


Les grands-parents d'Hélène sont agriculteurs. Lorsqu'elle passe du temps à la ferme, elle se rend à l'étable, prend des nouvelles des petits veaux, et se rend vraiment compte « qu'on a perdu le contact avec le monde rural ». Un autre jour, elle se promène en Picardie, à la période des moissons. « Il y a une vraie effervescence, note-t-elle alors, les agriculteurs me font coucou du haut de leur tracteur. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant de passer une après-midi avec eux, pour découvrir leur univers », raconte-t-elle.

Une fois chez elle, devant son ordinateur, elle tape « découverte métier agriculteur », mais le moteur de recherche ne lui retourne rien de bien convaincant. D'un naturel curieux et acquise au fait que l'individu des villes a coupé le pont avec celui des champs, lui vient son idée : offrir la possibilité à n'importe qui de partager le quotidien d'un passionné de son métier. .Elle expose le concept à ses amis, qui plaît. Ses arguments ne manquent pas.

« Il existe plein de ces métiers qui ont une vraie richesse et un grand savoir-faire. Je me suis dit qu'en partageant le quotidien de ces artisans, cela permettrait de découvrir des métiers et de les valoriser », explique Hélène. Le visiteur assouvit ses pulsions curieuses mais en parallèle, il peut changer son regard sur un métier, et même se découvrir une vocation.

Le périmètre des métiers se limite pour l'instant « aux passionnés ». Hélène n'invite pas encore les éboueurs à partager une tournée en camion. Plus tard, d'autres professions garniront la liste. La prochaine étape concernera les sportifs de haut niveau qui ont eux aussi un curieux quotidien à dévoiler.

Au doigt mouillé


Hélène propose aux gens de découvrir des métiers. Le comble, c'est que le sien, elle le découvre toute seule. Avant de se jeter dans le grand bain, comme bien d'autres, elle hésite : « J'essayais de faire des études de marché mais je n'avais pas vraiment d'indicateurs, alors je dessinais des scénarios au doigt mouillé. » Un jour, elle finit par franchir le pas.

Elle « prend conscience qu'entreprendre, ça comporte des risques », a peu près identifiés dans son cas, alors la seule manière d'y arriver reste encore de s'y essayer. Hélène comprend tout aussi rapidement qu'il est « important de savoir bien s'entourer ». Car toutes les décisions, « sur les dépenses, sur la bonne mesure du retour sur investissement », et d'autres, ne sont pas toujours évidentes à prendre sans de bons conseils en amont.

Il faut dire qu'Hélène n'est pas issue du sérail des start-up de Paris. Elle ne fréquente pas d'incubateurs, d'influenceurs ni de networkers ou d'autres typologies branchées qu'il faut connaître. C'est donc avec courage et spontanéité qu'elle participe aux conférences et apéros d'entrepreneurs.

« Ca n'est pas facile au début car on débarque et on ne connaît personne et on ne sait pas comment aborder les gens », confie l'aventurière qui, au début, « s'est un peu forcée ». Elle observe vite que « les gens sont à l'écoute » et prend goût à l'exercice de présenter sa société à des inconnues. « Je suis devenue une vraie serial-pitcheuses », plaisante-t-elle.

Au fil des rencontres, Hélène est frappée par « l'incroyable bienveillance » dont elle fait l'objet, ce qu'elle explique par ce triple facteur : elle est jeune, c'est une femme et elle débute. « Beaucoup ont trouvé mon projet intéressant et ma démarche courageuse », raconte-t-elle. Elle a même adhéré à l'association des « Girls in Web », qui « promeut le rôle des femmes dans le numérique ». Toutes ses initiatives payent. Hélène obtient conseil, soutien, visibilité et sans doute confiance en elle aussi.

Impact social positif


Côté famille, c'est « un peu compliqué » en revanche. « Ils ne comprennent pas que je quitte la vie de cadre dans une grosse société », rapporte-t-elle. Mais Hélène ne se voit pas plus longtemps acheteuse industrielle dans le secteur agro-alimentaire. « Ce métier manquait de sens pour moi, même s'il était formateur ». Elle s'efforce d'expliquer le bien-fondé de sa démarche, tentant de balayer les arguments parentaux de « la crise, du chômage et des risques ». C'est une question d'épanouissement personnel.

Il est bien évident qu'à cet instant, Hélène ne mène pas grand train. Ses ressources sont limitées, donc il faut « aller vite ». Elle n'a donc pas de temps à accorder au doute ni au possible échec. « J'y consacre tout mon temps, quasiment toutes mes économies et mon énergie », souligne-t-elle.

Son but n'est pas juste d'entreprendre. Après avoir vécu un temps en Scandinavie, à Montréal et avoir bossé au Liban, elle fait le constat - presque unanime parmi les jeunes qui voyagent, confirmant que les voyages forment la jeunesse - qu'il existe d'autres façons de penser et qu'il est important de s'ouvrir aux autres. Nous ajouterons : et à leurs métiers. Hélène veut « avoir un impact positif sur la société », persuadée qu'elle peut concilier « business et éthique », et « créer des emplois sans sacrifier ses valeurs ».


Thomas Pontiroli
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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