Urban Gaming

01 juin 2018 à 15h36
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Citation :

''Le plus important lors du recrutement ce sont les compétences et non les diplômes. Il faut aussi déceler si le candidat ne se force pas à adhérer à notre vision.”



  • Nom : Urban Gaming
  • Activité : activités de team building
  • Création : avril 2011
  • Localisation : Paris
  • Fondateurs : Martin Tissier, Kamel Laimène, Jeremy Sculfort, David Ka, Guillaume Tostivint
  • Effectifs : 5 associés, 2 salariés
  • Mise de départ : 10 000 euros
  • Clients : Grands groupes
  • Modèle économique : vente de services et partenariats
  • Chiffre d'affaires : 600 000 euros en 2013
  • Equilibre : oui
  • Salaire du patron : non communiqué
  • Levée de fonds : pas encore
  • Concurrents : La Mosca, MobeExplore
  • Projets : Développement en Europe

Ils se sont pris à leur propre jeu


Les affaires ne sont jamais bien loin lorsqu'on organise des jeux pour le monde des affaires. Ces « serious games », qui ne le sont pas forcément tant que ça, attirent les plus grands groupes.

Lorsqu'on dit qu'Urban Gaming fait du « team building », on a tout dit. Formulé ainsi, ce concept propre aux ressources humaines sonne finalement peu humain. Et puis les termes « urban » et « building » ont vite fait de nous transposer dans une ambiance de macadam et de béton, ce qui n'est pas glamour, ne reflète pas l'objet de la société et n'aide pas à comprendre qu'il s'agit de jeux et de relations.

Le slogan d'urban Gaming est de transformer une ville en terrain de jeu. La start-up a déjà quadrillé 200 villes en France et en Europe, qu'elle propose de s'approprier au moyen d'une tablette. Les coéquipiers - des collègues le reste de l'année -arpentent le Château de Vaux-le-Vicomte ou celui de Chantilly, suivent le parcours du Da Vinci Code et comme il n'y a pas que Paris, peuvent jouer aussi à Saint-Etienne ou Saint-Emilion, à Milan, Cracovie, Dubrovnik ou Dublin. Et travailler à renforcer leur cohésion.

Parlons peu, parlons bien


Parmi les nombreux associés fondateurs d'Urban Gaming - ils sont cinq -, parlons de David. Géographe à ascendance commerciale, il montre qu'il a su digérer la doxa de l'entrepreneur, ses anglicismes, ses néologismes, ses barbarismes. Ainsi a-t-il « besoin de cash pour de nouveaux assets ». En attendant l'« exit », il « fonctionne par roadmap ». Ses clients ne sont pas des petits joueurs : Starbucks, SNCF, SAS, Celio, BNP Paribas, Biogaran, Kraft, Ford, Oracle, Deloitte, Ibis, Leica, Maaf, Natixis, Thales, L'Oréal, IBM, Honda, Ernst & Young... Il y a un temps pour jouer et un autre pour travailler.

Autant dire que les fondateurs de la start-up, Martin, Jérémy, Guillaume, Kamel et David, ont eu le nez creux de pivoter. Pivoter, c'est lorsqu'une entreprise réoriente son activité. Un peu comme Samsung qui, avant de concevoir des mobiles et des chars d'assaut, vendait des nouilles et du sucre. La volte-face est plus mesurée ici. La start-up pensait initialement diffuser ses jeux auprès des familles. Mais lorsque elle décroche un contrat avec Bouygues Telecom... c'est l'offre qu'elle ne peut pas refuser.

« Parlons peu, parlons bien : c'était rémunérateur », avoue David. Les gains pour la jeune société sont multiples : des fonds, de la légitimité et des tablettes - c'est le nécessaire support de navigation pour participants lâchés dans la ville. En visite au plus célèbre des salons dédiés aux nouvelles technologies en 2013, le Computer Electronics Show de Las Vegas, les associés d'Urban Gaming se font même approcher par Archos, le fabricant de tablettes français. « Ils nous proposaient de poser leurs tablettes dans les magasins Walmart, mais ça ne collait pas à notre vision », confie David. Cette offre, ils l'ont refusée.

Points d'intérêt communs


Il fallait bien des qualités de géographe pour que David trouve ses associés. Des compagnons d'aventure dénichés par hasard, « sans le savoir, on habitait à 150 mètres l'un de l'autre entre Martin, Kamel et moi ». Kamel est le technicien de la bande. Formé à l'Epitech, il crée JSKL en 2008, sa société de développement d'applications Web et mobiles car il savait que ça allait cartonner. « De part cette SARL, j'ai gardé contact avec Mathieu, un ami de Jérémy vivant en Chine, qui connaissait Martin et qui allait cofonder Urban Gaming ».

Martin est le commercial et son carnet d'adresses a sans doute aidé à garnir le portefeuille client d'autant de grands comptes. Diplômé de l'ESC Lille puis responsable Web chez Auchan durant deux ans, il rejoint l'Electronic Business Group (EBG), un club d'affaires taille patron co-fondé par François-Henri Pinault et réunissant 600 entreprises. Là-bas, il gère les livres « Internet marketing ». Surtout, il démarche 300 agences et voit beaucoup de dirigeants. En parallèle, il crée et anime « Découvrir Paris », une communauté de 10 000 membres sur Facebook et Twitter.

Passionné de Paris, Guillaume organise des visites guidées dans la capitale via sa société Curiocités. De quoi constituer une bonne base pour Urban Gaming avec déjà 4 000 points d'intérêts culturels référencés. Et puis il connaît « tous les acteurs de l'écosystème parisien ». David n'officie pas en office de tourisme mais voue lui aussi un intérêt pour son environnement : il anime pendant dix ans en centre de loisirs. C'est là un point commun, même si son « point d'entrée » dans l'équipe se fait lors d'une visite d'une usine L'Oréal.

Epitech, c'est un jeu ?


Kamel et David ont trouvé un point de ralliement mais ne partent pas du même bord. L'un d'une école, l'autre de l'université. Deux cultures parfois opposées. Le premier dit avoir appris assez de matière pour, un jour, se dire qu'il pourrait réaliser, seul, l'essentiel d'un produit. Qu'est-ce qui allait l'empêcher de créer son entreprise ? Il eut été dommage de ne pas faire fructifier son savoir-faire. Kamel dit que « généralement, le profil des patrons n'est pas technique mais avec ma formation je pouvais pourtant toucher à tout : développement mais aussi commercial, droit. Donc je me suis lancé ».

Le second sort de là où « on ne privilégie pas vraiment les aspects entrepreneuriaux ». Avec un groupe d'amis, il envisage de monter un bureau d'études car ils forment un groupe aux profils variés et aux compétences transverses. « La pluridisciplinarité, c'est la force de l'université », estime David. Les débouchés attendus pour son hypothétique cabinet : l'administration et les petites structures privées. La structure ne naît pas. Avant de vraiment entreprendre, ce spécialiste du développement durable bosse quelques mois pour l'Union nationale pour le Centre permanent d'initiatives pour l'environnement, un réseau de 80 associations labélisées par l'État.

Un étudiant a besoin de rassurer ses parents. Alors quand il se double d'un entrepreneur, et que papa et maman ne sont pas familiers avec ce milieu, il est mal parti... Le père de Kamel a bien un restaurant mais « c'est différent ». Il ne comprend pas ce que son fils fait, « sauf pour les aspects business et gestion », c'est déjà ça. Déjà, « Epitech, pour mes parents, c'était un jeu car ils voyaient que je rentrais à 4 heures du matin ». David raconte que les siens, ouvrier qualifié et puéricultrice, l'ont « perdu de vue » depuis un moment. Cela remonte à l'université - encore elle. « Quand j'ai entrepris, ils n'ont rien dit car j'ai perdu leur vision depuis un moment, pour eux j'étais dans un flou conséquent. »

Kamel se souvient de l'enfance passée chez Jérémy. Son père tenait une boîte d'informatique. « Quand on se rendait chez lui, il travaillait sur son PC et on a toujours voulu faire ça », se remémore-t-il. C'est lui qui le pousse à faire le pas. Entré dans la nébuleuse entrepreneuriale, David réussit à cristalliser ses idées mais garde dans ses cartons un amas d'autres idées, « toutes tournées vers les usages ». Fan de high-tech, il nourrit un appétit non feint pour le spatial, mais conserve tout de même les pieds sur terre, dans le développement durable. Il rêve, sans rire, enfin à peine, « de changer le monde ». C'est là l'enthousiasme d'un jeune entrepreneur.


Thomas Pontiroli
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